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Cleveland et l’incroyable comeback de 2016

Nous sommes le 19 juin 2016, le buzzer vient de retentir après un tir raté de Marreese Speights. Les Cleveland Cavaliers viennent de réaliser l’un des exploits les plus incroyables de l’histoire de la NBA, et même du sport en général. Remonter un déficit de 3-1, le tout contre l’équipe la plus dominante en saison régulière de toute l’histoire, personne n’avait réussi une telle prouesse dans la grande ligue. Pourtant, les Cavs de LeBron James, Kyrie Irving, Tyronn Lue et tous les autres l’ont fait. Et aujourd’hui, sur L’Analyste nous vous proposons de revenir sur le cheminement, le parcours de ce titre historique.

Homecoming

Nous sommes le 11 juillet 2014, le marché des agents libres a ouvert ses portes depuis plus de 10 jours maintenant, mais toujours aucune nouvelle de LeBron James, quadruple MVP et double champion en titre, qui est incontestablement l’attraction de ce marché estival. La décision du « King » est très attendue. En fonction de sa décision, le paysage de la ligue sera indiscutablement bouleversé. Alors qu’au début de ce « mercato », tous les indicateurs laissaient penser que LeBron resignerait pour le Miami Heat — franchise qu’il avait rejointe à l’été 2010 à la suite d’une annonce télévisée très controversée —, les rumeurs de départ s’intensifient depuis début juillet.  

Le suspens prend définitivement fin dans la matinée du 11 juillet (fin d’après-midi en France), lorsque LeBron James, à travers une interview accordée à CNN, annonce qu’il rentre chez lui, à Cleveland, 4 ans après avoir quitté la ville, pour tenir la promesse de rapporter un titre NBA à sa ville et à son État.

Les Cleveland Cavaliers viennent de réaliser le gros coup de cette free agency, passant d’une équipe en perpétuelle reconstruction à candidat pour le titre. La rancœur, la colère, la haine que les fans des Cavs éprouvaient à l’encontre de LeBron s’évaporent pour laisser la place aux rêves, à la joie et à l’espoir de gagner un titre NBA. Car « The Kid From Akron » est bel et bien de retour chez lui, dans son royaume.

Mais avant de revenir, King James avait besoin d’avoir des certitudes sur le niveau de l’équipe, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs que lors de son premier passage à Cleveland. Kyrie Irving, meneur de jeu All-Star et même MVP du All-Star Game en 2014, a fortement pesé dans la balance. En effet, le quadruple MVP voyait en Irving un parfait lieutenant, capable de l’épauler dans la quête du Graal. Jamais James n’avait évolué avec un joueur de ce niveau lors de ses premières années en tant que cavalier.

Mais l’association Kyrie Irving — LeBron James n’était que la première étape d’un projet bien ambitieux pour Cleveland. Le Front Office souhaite ajouter une autre star à l’effectif des Cavs, afin de prétendre immédiatement au titre. De plus, la franchise de Dan Gilbert — propriétaire des Cavaliers — dispose d’assets intéressants et d’une marge financière suffisante pour réaliser cette opération. Ainsi, le 23 août, les Cavaliers réussissent leur pari d’associer une 3e star au duo formé par James et Irving. Anthony Bennett et Andrew Wiggins — respectivement 1ers choix de la draft 2013 et 2014 — sont envoyés aux Timberwolves du Minnesota en échange de l’ailier fort All-Star et champion olympique Kevin Love. Avec un tel renfort, les Cleveland Cavaliers ne laissent plus aucun doute : ils ont le statut d’équipe favorite pour le titre, selon les bookmakers de Las Vegas.

Photo : Gregory Shamus/Getty Images

 Les fondations et l’apprentissage

Pour comprendre le succès de 2016, il faut impérativement s’intéresser à cette première saison du Big Three, qui fut loin d’être une partie de plaisir pour les Cavaliers. En effet, lors des premiers de mois de compétition les coéquipiers de LeBron James tâtonnent. Les raisons ? Premièrement, un coach qui doit s’adapter à la NBA malgré son expérience en Europe. David Blatt, venu dans un projet de reconstruction avec de jeunes talents sans pression particulière, se retrouve à la tête d’une équipe candidate au titre avec le meilleur basketteur de la planète en son sein et, en prime, une obligation de résultat quasi immédiate.

Deuxièmement, le trio de All-Stars doit apprendre à jouer ensemble, mais surtout adapter leur basket aux qualités de chacun. Kyrie Irving, qui avait pour habitude d’avoir beaucoup la balle en main les saisons précédentes (27 % d’usage rate en 2013, moins de 25 % en 2014 – 2015), doit apprendre à partager le ballon avec LeBron James et à évoluer en tant que deuxième arrière shooteur afin de libérer l’espace pour James. Kevin Love doit lui aussi s’adapter à son nouveau rôle. Lui qui était la première option offensive de son équipe à Minneapolis se retrouve relégué en 3e option, avec beaucoup moins de tickets de shoot (1421 tirs tentés en 2013 – 2014 contre seulement 952 en 2014 – 2015 avec le même nombre de matchs joués). En accord avec le staff des Cavs, l’intérieur fait également évoluer son corps pour rentrer dans le moule. Une métamorphose assez impressionnante, puisque Love perd une quinzaine de kilos afin d’adapter son jeu. Moins de post-up, plus de course entre les écrans, un jeu plus axé face au panier et sur le tir extérieur, ce qui permettra de libérer la raquette pour les drives de Kyrie et de LeBron. Justement, en évoquant James, lui aussi doit apprendre à connaitre ses partenaires et surtout à faire en sorte qu’ils soient dans les meilleures conditions possible afin qu’ils puissent avoir le meilleur rendement individuel et collectif. Cette alchimie prend du temps à se mettre en place. Les Cavs terminent l’année 2014 avec bilan de 18 victoires pour 14 défaites, bien loin des attentes et des objectifs fixés par la franchise.

La direction des Cavs ne mettra pas longtemps à procéder à des ajustements. Le 5 janvier 2015, dans un trade à 3 équipes, Dion Waiters part pour Oklahoma City et ce sont Jr. Smith et Iman Shumpert, en provenance de New York, qui intègrent l’effectif des Cavaliers. Waiters paye sans doute sa mauvaise relation avec les cadres de l’équipe — notamment avec Kyrie Irving —, mais aussi son style de jeu, qui ne correspond pas aux besoins de l’équipe de coach Blatt. Avec Smith et Shumpert sur leurs lignes arrière, Cleveland récupère de l’expérience, du shoot et de la défense, mais surtout des joueurs pouvant évoluer sans le ballon, sur des systèmes de catch and shoot.

Mais le Front Office n’est pas pleinement satisfait de son effectif. Le 7 janvier 2015, David Griffin — le General Manager de la franchise — trouve un accord avec les Denver Nuggets pour faire venir Timofey Mozgov. Le pivot russe vient renforcer le secteur intérieur des Cavaliers, qui reposait beaucoup trop sur les performances de Kevin Love.

La greffe des trois arrivants est immédiate, ou presque. Le rouleau compresseur tout droit venu de l’Ohio termine les trois derniers mois de compétitions tambour battant avec un bilan de 24 victoires et 9 défaites. Après le All-Star Break, l’équipe progresse dans tous les secteurs de jeu. La dynamique est plus qu’encourageante. Pour les observateurs, les Cavaliers de LeBron James sont de loin les favoris de la Conférence Est, malgré leur deuxième place avec un bilan final de 53 victoires et 29 défaites, derrière une surprenante équipe d’Atlanta à 60 victoires pour 22 défaites. D’un point de vue collectif, les hommes de Blatt terminent avec le troisième meilleur offensive rating de toute la ligue, alors qu’elle est la 5e équipe la plus lente (25e pace). Une attaque redoutable, mais surtout très efficace. Le point noir de cette saison reste cependant la défense. En effet, Cleveland termine avec le 18e defensive rating, ce qui est très moyen pour une équipe qui a l’ambition de gagner le trophée Larry O’Brien.

Les choses sérieuses commencent

Fort d’une fin de saison tonitruante les Cavaliers arrivent avec le plein de confiance pour attaquer les Playoffs 2015. Pour commencer cette campagne de post-season, ce sont de vieilles connaissances de LeBron James qui vont se dresser sur le chemin des Cavs : Celtics de Boston. Franchise mythique qui pendant longtemps a barré la route de LeBron dans sa quête du Graal, le poussant même à quitter son état natal pour enfin concrétiser ses rêves de titre. Mais les Celtics ne sont plus du tout les mêmes depuis les transferts de Paul Pierce et de Kevin Garnett à l’été 2013. Bien que combatifs tout au long de cette série, la jeunesse et l’inexpérience des verts ne résisteront pas à la puissance de la franchise du lac Érié. La série s’achève sur le score de 4-0 en faveur des hommes de David Blatt. Emmenée par un LeBron James impeccable (27 points, 9 rebonds, 6,5 passes et 2,5 interceptions de moyenne) et un Kyrie Irving tout aussi excellent (23,3 points, 5 rebonds et 4,3 passes), l’équipe en Wine and Gold accède aux demi-finales de Conférence. Le seul gros point noir de cette série est la sortie sur blessure de Kevin Love, touché à l’épaule à la suite d’un mauvais geste de Kelly Olynik. Le diagnostic est sans appel. Épaule disloquée, saison terminée pour le troisième larron du Big Three. Premier coup dur et premier point de bascule dans cette campagne de Playoffs 2015.

En demi-finales de Conférence, LeBron James retrouve une fois de plus un visage familier. Les Chicago Bulls de Derrick Rose, Joakim Noah et Jimmy Butler sont bien décidés à passer l’obstacle James cette fois-ci. La série débute mal pour les Cavs qui perdent d’entrée de jeu l’avantage du terrain dans une défaite 99 à 92. Emmenés par le trio Rose, Butler et Gasol à plus de 20 points, les Bulls créent la sensation. Du côté de Cleveland, David Blatt — privé de Kevin Love pour tout le reste de la saison — décide pour ce premier match de titulariser Mike Miller sur le poste 3. Il décale ainsi LeBron James à la place de Love (poste 4) dans une configuration small-ball déjà entrevue à l’époque de Miami. Problème : la raquette Gasol — Noah met le duo James – Mozgov en difficulté. Le coach des Cavaliers décide donc de s’ajuster pour le match suivant. Mike Miller sur le banc, Tristan Thompson intègre le 5 de départ en tant qu’ailier fort, James retrouve son poste d’ailier. Les ajustements sont les bons. Les Cavs reviennent à égalité avec leurs adversaires avant d’aller disputer les deux prochains matchs à Chicago. Le match 3 est serré du début à la fin. Pendant cette rencontre, 17 égalités au score et 19 changements de leader. Un vrai match de Playoffs. Mais la décision finale reviendra à Derrick Rose qui, d’un énorme trois-points au buzzer, viendra clôturer un match à suspense haletant. Les Bulls reprennent l’avantage, le momentum appartient aux coéquipiers de Jimmy Butler. Le Game 4 de cette série va être déterminant à tous les égards.

Photo : Jonathan Daniel/Getty Images

À l’instar du Game 3, ce quatrième match est extrêmement serré. Les Cavaliers mènent de 5 points à 41 secondes de la fin. Mais, un panier longue distance de Jimmy Butler et un Lay up de Derrick Rose plus tard, les deux équipes se retrouvent à égalité avec seulement 9 secondes à jouer. Les Cavaliers remettent le ballon en jeu, le coach David Blatt demande un temps mort, mais se fait rappeler immédiatement à l’ordre par son assistant Tyronn Lue, qui empêche son boss de commettre une terrible erreur. En effet, les Cavaliers ne possèdent plus de temps mort à ce moment de la rencontre et le règlement de la NBA est très clair là-dessus. Si un membre du staff ou un joueur demande un temps mort alors qu’il n’en dispose plus, la sanction tombe : faute technique avec un lancer franc à tirer et la possession qui revient à l’adversaire. Par chance, le corps arbitral ne s’aperçoit pas de cette erreur et laisse le jeu se dérouler. Privés d’un temps mort crucial, la possession des Cavs est chaotique. LeBron se fait contrer par Nikola Mirotic. Bataille physique au rebond, et le ballon sort des limites du terrain, mais les arbitres ont besoin de la vidéo pour déterminer à qui revient la possession. Révision vidéo oblige, David Blatt obtient son temps mort afin de dessiner un système pour tenter d’arracher la victoire. Le ballon reste en faveur des coéquipiers de LeBron James, le héros de cette fin de match. Mathew Dellavedova à la remise en jeu, le numéro 23 se libère du marquage de Jimmy Butler, récupère le cuir et shoot immédiatement. La suite, presque tout le monde la connait. Le buzzer retentit, le ballon transperce le filet. Les Cavs viennent de revenir à hauteur des Bulls grâce à un tir clutch de James. Le momentum vient de changer de camp. D’ailleurs, la franchise de Chicago ne s’en remettra pas et s’inclinera dans les matchs 5 et 6.

Mais cette série va surtout marquer les premiers désaccords entre David Blatt et LeBron James, notamment la fin du Game 4, lors duquel LeBron serait allé à l’encontre de son coach en prenant le tir de la gagne, qui ne lui était pas destiné au départ. L’épisode du temps mort interroge aussi la direction sur la capacité de Blatt à mener cette équipe aux objectifs qui lui sont fixés.

Les Cleveland Cavaliers accèdent de nouveau aux finales de conférence, un niveau que la franchise n’avait plus connu depuis 2009. C’est Atlanta qui tentera de barrer la route aux Cavs, en vain. À l’instar des Celtics, les Hawks se verront infliger un cinglant 4-0 par un LeBron James qui monte en puissance au fil des matchs. Il conclut la série avec 30 points, 11 rebonds et 9,3 passes par match, bien accompagné par JR Smith (18 points et 7,5 rebonds, avec un très joli 47 % à trois points). L’inquiétude vient de Kyrie Irving, qui a contracté une blessure au genou lors du Game 6 face aux Bulls. Le lieutenant a été ménagé et laissé au repos dans les Game 2 et 3 de cette série. L’état de santé du jeune meneur inquiète, et ses coéquipiers espèrent qu’il sera rétabli à 100 % pour les Finales NBA. En effet, la franchise de l’Ohio est championne de la Conférence Est, ça y est. Prochaine étape : les Finales, pour la deuxième fois de leur histoire. Les Cavaliers affronteront les Golden State Warriors de Stephen Curry, un affrontement qui marquera le début de la plus grande rivalité de la décennie.

Cavaliers — Warriors : premier round

Les Warriors du MVP de la saison régulière Stephen Curry arrivent en Finales avec le plein d’ambitions. Forts de leurs 67 victoires en saison et un parcours maitrisé en Playoffs, les hommes de la baie partent légèrement favoris pour remporter cette série d’après les observateurs. L’état de santé de Kyrie Irving inquiète, l’absence de Kevin Love et la faible profondeur de l’effectif de Cleveland laissent douter, bien que l’expérience soit en faveur du collectif de l’Ohio.

Le Game 1 qui se dispute à l’Oracle Arena, enceinte des Warriors, propose une vraie bataille entre les deux équipes qui se rendent coup pour coup. Il faudra une prolongation pour les départager, et c’est le groupe de Steve Kerr — coach des Warriors — qui l’emporte 108 à 100 grâce à un Stephen Curry déterminant en overtime. Les Cavs s’inclinent malgré un LeBron James de gala qui termine la rencontre avec 44 points, 8 rebonds et 6 passes. Malheureusement, la défaite ne sera pas la seule mauvaise nouvelle de la soirée. Kyrie Irving, qui souffrait déjà de sa blessure au genou, l’a aggravée sur une action anodine. Les résultats des examens médicaux sont sans équivoque : fracture de la rotule, saison terminée, le dernier lieutenant de LeBron rejoint Kevin Love à l’infirmerie. Coup terrible pour la franchise de Dan Gilbert qui a perdu 2 de ses 3 All-Stars sur blessures. À croire que la malédiction qui frappe le sport professionnel de Cleveland ne serait pas qu’une légende.

Les observateurs, très pessimistes, ne croient guère à un retour des Cavaliers et beaucoup de gens évoquent déjà la possibilité d’un « sweep » (coup de balai, victoire 4-0). Mais c’était sans compter sur l’abnégation du roi, qui sort un deuxième match tout bonnement sensationnel. 39 points, 16 rebonds, 11 passes pour le kid d’Akron, qui permettront à son équipe de repartir avec la victoire et de récupérer l’avantage du terrain. Une domination comme nous n’en avions plus vu depuis Shaquille O’Neal ou Michael Jordan. Les cartes sont rebattues et le momentum, si fondamental en Playoffs, est de nouveau en faveur des Cavs.

Une réaction de Stephen Curry, Klay Thompson ou bien encore Draymond Green est attendue. Le problème ? LeBron James, encore lui, évolue à son meilleur niveau de jeu et sort à nouveau un match époustouflant. 40 points, 12 rebonds, 8 passes, 4 interceptions et 2 contres pour le numéro 23 de Cleveland qui permet à sa franchise d’enregistrer une deuxième victoire consécutive. LeBron galvanise ses coéquipiers et les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce don de soi est notamment incarné par l’Australien Mathew Dellavedova qui, par son énergie et sa défense, gêne et limite Stephen Curry. Pour preuve, à la fin du match 3, Dellavedova ira à l’hôpital à cause d’une hypoglycémie due à sa trop grande dépense d’énergie. Un véritable soldat dont toute équipe de basket a besoin.

Photo : Noah Graham/NBAE via Getty Images

Malheureusement Steve Kerr et ses adjoints vont réaliser les bons ajustements pour permettre aux Warriors de repartir sur de bons rails. Andre Iguodala intègre le 5 majeur en lieu et place d’Andrew Bogut. Ce changement tactique a pour but de réduire l’influence de LeBron James, inarrêtable sur les trois premiers matchs de la série. Et cet ajustement portera ses fruits. LeBron est limité à 20 points et l’attaque des Warriors, un peu moribonde jusque-là, retrouve toute sa fluidité avec 4 joueurs à plus de 14 points ou plus. La série revient à égalité, Curry et ses partenaires viennent de récupérer l’avantage du terrain. Le momentum est une nouvelle fois en train de changer de camp.

Confirmation au match 5, où l’âme du début de série semble s’être envolée côté Cleveland. Au contraire, les Warriors semblent totalement revigorés après cette victoire. Stephen Curry est bien décidé à terminer le travail. Le meneur sort une énorme performance sur ce Game 5, il conclut la rencontre avec 37 points, 7 rebonds, 4 passes, mais surtout un très joli 13/23 aux tirs dont un excellent 7/13 derrière l’arc, éclipsant une énième performance gargantuesque de James (40 points, 14 rebonds et 11 passes). Steve Kerr et ses hommes ont la série dans leur poche, ils sont bien décidés à ne plus lâcher quoi que ce soit.

Cette tendance se confirmera lors du match 6. Golden State, emmené par Curry et Iguodala — qui sera d’ailleurs élu MVP de ces finales — à 25 points tous les deux, empoche un quatrième succès synonyme de triomphe pour les Warriors. Malgré un LeBron James stratosphérique bouclant la série avec 36 points, 11 rebonds et 9 passes de moyenne, la profondeur d’effectif limitée — notamment à cause des blessures de Love et Irving — n’aura pas permis le moindre rêve aux Cavaliers. Points positifs à souligner : les résultats sérieux de Mozgov (14 points et 7,5 rebonds) et Tristan Thompson (10 points et 13 rebonds), ainsi que l’énergie et la défense de Mathew Dellavedova, qui laissent aspirer les Cavaliers à de grandes choses avec deux ou trois ajustements.

Un été à assurer

Le Front office des Cavaliers se doit de conserver et d’ajuster cet effectif qui était seulement à deux victoires d’atteindre son objectif. D’autant plus que plusieurs joueurs tels que Kevin Love, Iman Shumpert, Mathew Dellavedova ou bien encore un certain LeBron James arrivent en fin de contrat durant cette intersaison. En effet, à sa signature l’été dernier James optait pour un contrat de deux années avec possibilité de renoncer à la dernière année. Ce choix permet à LeBron de maintenir une pression sur sa direction pour lui garantir une équipe compétitive, tout en lui permettant de profiter de l’augmentation du Salary cap et de profiter ainsi d’une augmentation salariale.

Un nouvel été sous pression s’annonce pour le General Manager David Griffin. Mais une première bonne nouvelle tombe pour le GM, qui voit son offre de prolongation de contrat de 5 ans pour 115 millions de dollars acceptés par Kevin Love dès les premiers jours de la Free Agency. Quelques jours plus tard, c’est au tour de LeBron James d’accepter à nouveau un contrat de deux ans, avec une option à 46,9 millions de dollars. Les Role Players tel que Shumpert, Jones et Dellavedova signent également pour continuer l’aventure avec Cleveland. À tous ces renouvellements de contrat, il faut ajouter les prolongations de JR Smith et de Tristan Thompson, éléments importants de l’effectif des Cavs. Pour pallier l’absence de Kyrie Irving lors des deux premiers mois de compétitions les Cavaliers décident de recruter Mo Williams, ancien meneur All-Star déjà passé par Cleveland. Richard Jefferson est la dernière recrue estivale pour la franchise de l’Ohio et vient renforcer les postes 3-4 par sa défense, son énergie et son shoot extérieur. L’été est rassurant pour le club, qui a su garder ou prolonger tous ses cadres, mais aussi se renforcer sur des postes clés. Les Cavaliers de Cleveland sont fin prêts à attaquer l’exercice 2015-16.

Un début de saison encourageant, mais des interrogations

Kevin Love, gravement blessé lors de la dernière campagne de Playoffs, est titulaire pour le premier match de la saison — ce qui est une excellente nouvelle au vu des différentes évaluations sur son indisponibilité après sa blessure. Malgré le retour de l’ailier fort, les hommes de David Blatt s’inclinent de deux points contre les Bulls de Chicago. Mais cet accrochage ne fera pas douter les coéquipiers de LeBron. En effet, la franchise de l’Ohio boucle son premier mois de compétition avec un bilan de 13 victoires et 4 défaites, ce qui est extrêmement encourageant. Le mois de décembre marque également le retour de Kyrie Irving à la compétition, une bonne nouvelle de plus pour les Cavs.

Mais tout ne se déroule pas exactement comme prévu. Le jeune meneur a besoin d’être réintégré au collectif, ce qui perturbe l’équilibre de l’équipe. Les Cavs concluent le mois de décembre avec un bilan de 8 victoires et 5 défaites. Mais le fait marquant de mois de compétition, c’est la nouvelle défaite face aux rivaux de Golden State le soir de Noël. Cette défaite pousse les observateurs à mettre en doute la capacité physique et psychique des Cavaliers à gagner face à Golden State.

Nous sommes le 22 janvier 2016. Cette date est le tournant de la saison de Cleveland. 5 jours auparavant, les Cavaliers affrontaient de nouveau les Warriors pour le Martin Luther King Day, à la Quicken Loans Arena — la salle de Cleveland. L’écart de 34 points en faveur de Curry et ses partenaires plonge la franchise en pleine crise, remettant en question le potentiel de cette équipe d’atteindre son but. Après plusieurs discussions en interne, le couperet tombe en cette journée de janvier 2016. David Blatt est limogé de son poste de coach en chef. Son remplaçant n’est autre que Tyronn Lue, son assistant coach. Blatt paye sans doute sa mauvaise entente avec certains cadres du vestiaire, particulièrement avec LeBron James, son erreur lors des demi-finales de Conférence la saison passée, mais aussi son manque de flexibilité dans certains moments clés. Souvent dans ce genre de situation, l’équipe a besoin d’un choc psychologique et c’est l’entraineur qui paye les pots cassés. David Blatt termine son aventure sur le banc des Cavaliers avec un bilan total de 83 victoires et 40 défaites.

Photo : Gregory Shamus/Getty Images

Tyronn Lue aux commandes, deux décisions sont prises pour essayer de rebooster cette équipe. La titularisation de Tristan Thompson en lieu et place de Timofey Mozgov permet aux Cavs de jouer avec un pivot plus compatible avec la NBA moderne. Dans une ligue qui joue de plus en plus vite, il est impératif d’avoir un pivot mobile, fort au rebond, capable de switcher défensivement. Ces prérequis correspondent en tout point aux qualités de Thompson. L’autre révolution que souhaite instaurer Lue concerne le rythme de jeu. En effet, les Cavaliers sont l’une des équipes les plus lentes de la ligue — bien loin du rythme de jeu des Warriors, l’une des équipes les plus rapides de la NBA. Dans un trade à trois équipes les Cavs échangeront l’un de leurs fidèles joueurs, Anderson Varejão — très peu utilisé — contre le poste 4/5 shooteur Channing Frye, toujours dans l’idée de s’adapter à une future confrontation contre les Warriors en Finales.

Les Cavaliers terminent la saison en dents de scie avec un bilan de 27 victoires et 14 défaites pour Lue et ses hommes. D’un point de vue global, les Wine and Golds finissent avec un bilan de 57 victoires et 25 défaites, soit 4 victoires de plus que la saison précédente. De plus, les Cavs finiront avec la 4e meilleure défense de la ligue (10e au rating) et le 3e meilleur offensive rating de toute la ligue. Bien évidemment, la franchise de l’Ohio est la grande favorite pour atteindre les Finales NBA à l’Est. En revanche, très peu de monde les voit l’emporter. Les Warriors sortent d’une saison historique. En effet, ils viennent de conclure la régulière sur un bilan de 73 victoires et 9 défaites, effaçant le record détenu par les Bulls (72-9) d’un certain Michael Jordan. La troupe de Steve Kerr fait office de grandissime favori pour remporter le titre une fois de plus.

Une Conférence Est maitrisée

Avant le début de cette nouvelle post-season, LeBron James déclare être en meilleure forme qu’à la même période la saison dernière. Des déclarations qui laissent augurer de bonnes choses pour les Cavaliers quand on se rappelle le niveau de jeu du King lors des derniers Playoffs. Pour commencer les festivités les Cavaliers, affrontent leurs voisins de Detroit. L’équipe du Michigan, qui est l’une des équipes surprises de cette saison, retrouve les Playoffs après 7 ans de disette. Malheureusement pour la franchise de la Motor City, l’inexpérience, le manque de profondeur de banc et l’absence d’une superstar auront raison de leur fougue. Portés par un Kyrie Irving excellent (27,5 points et 4,3 passes de moyennes, le tout à 47 % à trois points), les Cavaliers sweep les Pistons. À noter également : la bonne série de LeBron James (22,3 points, 9 rebonds et 6,3 passes) et de Kevin Love (18 points et 12 rebonds).

Les Cavaliers accèdent de nouveau aux demi-finales de Conférence et retrouvent une fois encore les Hawks d’Atlanta. Malheureusement, Jeff Teague — lui qui avait promis de remporter au moins un match face à Cleveland — et ses partenaires se verront infliger le même châtiment que l’année dernière en finales de Conférence. Leur adversaire est bien trop fort, bien trop appliqué dans son jeu pour laisser la moindre chance à la franchise de Géorgie. En témoigne la démonstration lors du match 2, lors duquel les Cavaliers, portés par un JR Smith en fusion, battent le record de paniers à trois points inscrits dans un match de Playoffs (25). Lue et ses hommes bouclent la série avec un pourcentage à trois points supérieur à 50 %, létal. Un autre chiffre pour démontrer la supériorité des Cavaliers sur cette série : 65,2 % des paniers inscrits par James et ses partenaires sont issus d’une passe décisive, ce qui témoigne de la fluidité et de la qualité de jeu proposé par la franchise de l’Ohio. Avec ce nouveau succès (4-0), les Cavaliers accèdent pour la deuxième fois consécutive aux Finales de la Conférence Est.

Photo : Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

Pour ce dernier round à l’Est, ce sont les Raptors de Toronto qui vont se dresser comme dernier opposant aux Cavaliers de Cleveland. Cette série sera beaucoup plus serrée que les deux précédentes. En effet, la franchise canadienne a terminé à la deuxième place de la Conférence Est avec un bilan de 56 victoires et 26 défaites, juste derrière Cleveland. Ils ont l’une des meilleures défenses de la ligue. Les deux premières rencontres, à domicile, sont parfaitement négociées par les Cavs qui s’imposent avec respectivement 21 et 19 points d’écart, grâce à de solides performances réalisées par LeBron James, Kyrie Irving et Kevin Love. De retour à l’Air Canada Center — salle des Raptors — la physionomie de la série s’inverse, l’équipe canadienne parvient à égaliser : 2-2. Les performances de DeMar DeRozan et Kyle Lowry sont à souligner. Les deux extérieurs terminent le Game 4 à plus de 30 points chacun. Il faut également souligner la performance défensive du pivot Bismack Biyombo lors du match 3. Le pivot congolais termine la rencontre avec la coquette collecte de 26 rebonds, dont 8 offensifs. Une performance peu habituelle dans la NBA d’aujourd’hui. Tyronn Lue essaye de s’ajuster pour ce match 5. Kevin Love évoluera quelques minutes sur le poste 5 afin de sortir Bismack Biyombo de la raquette pour libérer l’espace pour Irving et James. Choix tactique payant pour le coach et ses hommes qui atomisent leurs adversaires sur un score sans appel de 116 à 78. La série semble définitivement entre les mains des Wine and Golds. LeBron James et Kyrie Irving terminent le travail en terre canadienne — malgré les 35 points de Kyle Lowry —, tous les deux à 30 points sur ce Game 6. Pour la deuxième année consécutive les Cleveland Cavaliers sont champions de la Conférence Est et accèdent par la même occasion aux Finales NBA.

Cavaliers — Warriors : Deuxième épisode

Warriors et Cavaliers se retrouvent pour la deuxième année consécutive. Si pour les Cavs le parcours en Playoffs avait été jusque-là maitrisé, ce n’était pas le cas de leurs adversaires qui ont bien failli ne jamais voir les Finals. En effet, les Dubs étaient menés 3-1 par le Thunder d’Oklahoma City porté par leur duo superstar : Kevin Durant et Russell Westbrook. On voyait mal les Warriors s’extraire d’une telle situation. Mais c’était sans compter sur le cœur d’un champion et les ressources dont disposent les hommes de Steve Kerr. Un Klay Thompson clutch au Game 6, un Stephen Curry décisif au match 7, Golden State obtient son billet pour les Finales avec l’objectif de devenir la meilleure équipe de l’histoire. Quoiqu’il arrive, le vainqueur de cette finale sera légendaire à tout point de vue.

Games 1 et 2

Le 2 juin 2016 marque le début de ces Finales NBA qui s’annoncent grandioses. Des Warriors en mission suprême, des Cavaliers enfin au complet… tout est réuni pour un spectacle merveilleux. Le match 1 est maitrisé par les Dubs qui s’imposent de 15 points, avec un Stephen Curry et un Klay Thompson respectivement limités à 11 et 9 points. La différence se fait au niveau du banc. 3 joueurs à plus de 10 points du côté d’Oakland lorsque le banc de Cleveland apporte que 10 points au total.

Le match 2 n’est qu’une reconstitution du premier match où la domination des Warriors s’intensifie. Le score final est sans appel : 110 à 77 (+33). Ils sont emmenés par un Draymond Green infernal, à 28 points, 7 rebonds et 5 passes à 5/8 derrière l’arc. Mais au-delà de la prouesse offensive des hommes de Steve Kerr, c’est la performance défensive qui impressionne. Aucun joueur des Cavs n’a dépassé la barre des 20 points, limitant même Kyrie Irving à 10 points et Kevin Love à 5 points. Le constat est bien triste. Les Cavaliers sont déjà au pied du mur.

Photo : Ezra Shaw/Getty Images

Game 3 et 4

En retournant à la Quicken Loans Arena pour les deux matchs suivants, les coéquipiers de LeBron James n’ont plus le droit à l’erreur. Mais surtout, une réponse est attendue après la claque reçue lors du dernier match. Blessé à la tête lors du Game 2, Kevin Love est placé en protocole commotion et forfait pour ce troisième match. Pour le remplacer, Tyronn Lue décide de titulariser Richard Jefferson au poste d’ailier et de décaler LeBron James sur le poste 4. Choix qui s’avère payant puisque les Cavs réussissent un match parfait — ou presque — en infligeant à leur tour une défaite cinglante à leur adversaire (120 à 90). Kyrie Irving et LeBron James, à plus de 30 points chacun sur ce match, se remettent la tête à l’endroit. Les Cavs, qui restaient sur 6 défaites consécutives contre les Dubs, viennent peut-être de casser la barrière psychologique qui les gênait tant.

Malheureusement, ce sursaut d’orgueil n’a pas le suivi escompté. Stephen Curry discret, depuis le début de la série, se réveille peut-être au plus mauvais moment pour Cleveland. Le meneur, qui vient d’être élu MVP — à l’unanimité — pour la deuxième fois de sa carrière, retrouve toute son adresse pour ce match 4. 37 points et un létal 7/13 à trois points permettent d’amener son équipe vers un troisième succès, synonyme de balle de match pour Golden State (108-97). Malgré les 25 et 34 points de James et Irving, le reste de leurs coéquipiers ne sont malheureusement pas au rendez-vous sur ces finales. L’histoire de la NBA joue contre les Cavaliers : aucune équipe menée 3-1 en Finales NBA n’est parvenue à remporter le titre. Autant dire tout de suite que l’optimisme est proche de zéro côté Cleveland.

Game 5

Une polémique éclate à la veille de Game 5. En effet, lors de la conférence de presse d’après match, LeBron James en joueur d’expérience, évoque son altercation avec Draymond Green à la fin de la précédente confrontation. Sachant Green sous la menace d’une suspension pour accumulation de fautes techniques, James espère que la NBA se chargera de revisionner les images. Chose faite le lendemain et qui débouchera sur une faute technique à l’encontre de l’intérieur de Golden State, signifiant que Green sera suspendu pour ce match avec interdiction d’être dans la salle. Cette décision prise par la NBA suscite de nombreuses réactions. Certains parlent même de complot. Maintenant que Green est suspendu, LeBron et ses partenaires vont devoir assumer.

Et ils le font dans un cinquième match d’une intensité folle. James réalise l’une de ses meilleures performances en carrière avec 41 points à 16/30 aux tirs, 16 rebonds, 7 passes, 3 contres et 3 interceptions pour le King. Kyrie Irving, lui, réalise tout bonnement son meilleur match en carrière en scorant 41 points à 17/24 au tir (70,8 % de réussite) dont 5/7 à trois points (71,4 %). Un coup d’éclat incroyable pour l’ancien pensionnaire de Duke, des tirs en suspension, des fadeaway contestés, des drives finition main gauche, la partie de Kyrie Irving est un récital. Jamais dans l’histoire des Finales deux coéquipiers n’avaient inscrit plus de 40 points chacun dans le même match. Ces performances historiques permettent à Cleveland de repartir avec la victoire (112 à 97), mais surtout de pouvoir égaliser au match 6, à la maison. Côté Warriors, Klay Thompson a longtemps tenu la maison Golden State à flot — avec 37 points inscrits — mais LeBron et Kyrie auront été trop forts.

Photo : Ezra Shaw/Getty Images

Game 6

De nouveau autorisé à jouer, Draymond Green fait son retour pour cette sixième rencontre. Mais les Warriors arrivent avec peu de motivation et d’envie, au contraire de leurs adversaires qui arrivent morts de faim. Grâce à leur dernière victoire à Oakland, les Cavaliers sont survoltés et infligent 31-11 à leur adversaire lors du 1er quart temps, un écart que ne parviendront pas à réduire les hommes de Steve Kerr malgré les 30 points de Stephen Curry. Emmené par un LeBron James exceptionnel, Cleveland parvient à égaliser et à relancer la série. Les Cavs offrent à leurs fans les deux meilleurs mots du basket : Game 7 ! James réédite une performance à 41 points, il est au sommet de son art. Drives, transitions, trois points, tirs clutch, passes, rebonds, défense, toute la panoplie de James s’étale sous nos yeux. L’un des joueurs les plus complets — sinon le plus complet — de l’histoire de ce sport compile 41 points, 8 rebonds, 11 passes, 4 interceptions et 3 contres. De la domination pure et simple. En face, les coéquipiers de Curry semblent lessivés physiquement et psychologiquement, comme en témoignent les performances d’Harisson Barnes (0 point à 0/8 au tir) et de Shaun Livingston (3 points à 1/6). Dans une vidéo prise dans l’intimité du vestiaire des Cavaliers, dans un discours ultime pour fédérer ses coéquipiers, LeBron affirme que les Warriors sont épuisés.

Game 7

19 Juin 2016, septième match des Finales NBA – Les Cavaliers reviennent de l’enfer. Un enfer qu’ont également connu les Warriors au tour précédent. Le vainqueur de ce dernier match sera dans les livres d’histoire de la NBA pour la postérité. Le début du match est équilibré, même s’il semble être à l’avantage des Warriors qui concluent la 1re mi-temps avec une avance de 7 points grâce à un fantastique de Draymond Green qui compile 22 points, 7 rebonds et 6 passes à 8/10 au tir dont 5/5 à trois points. Tyronn Lue prend James à parti pendant la pause, pour lui demander de mieux défendre sur Green.

La 2de mi-temps débute par une démonstration de JR Smith qui, par deux shots primés, permet à son équipe de recoller. Kyrie Irving vient prendre le relais de son compagnon en inscrivant 12 points dans le 3e quart. Du côté de Golden State, le scoring est équilibré. Les Warriors ne possèdent plus qu’un point d’avance avant d’entrer dans le dernier quart-temps de la saison 2015-16. Mais cette dernière ligne droite est le moment choisi par LeBron James pour se réveiller et inscrire 11 points cruciaux dans la période, dont un tir à trois points sur Festus Ezeli, permettant à son équipe d’égaliser. La tension devient palpable dans ce dernier quart-temps. Pendant près de 3 minutes, aucune des deux équipes n’arrive à inscrire le moindre panier.

Il reste 1 min 50 s à jouer. Curry lance Andre Iguodala en contre-attaque pour inscrire le panier qui permettrait à son équipe de prendre l’avantage. Mais un aigle arrive à pleine vitesse derrière lui pour le scotcher sur le plexiglas. Ce n’est autre que LeBron James, qui vient de signer l’action de sa carrière et l’un des plus grands moments de l’histoire du basketball, « THE BLOCK ». Ce contre, venu de nulle part, booste complètement les Cavaliers dans cette fin de match.

Photo : Thearon W. Henderson/Getty Images

1 minute plus tard, Kyrie Irving se retrouve en 1 contre 1 contre Stephen Curry, le numéro 2 de Cleveland se décale sur side step dont il a le secret. Le shoot transperce le filet. Les Cavs mènent de trois points à moins de 50 secondes de la fin. Kyrie vient d’inscrire non seulement le panier le plus important de sa jeune carrière, mais aussi le panier le plus important de l’histoire de la franchise.

Photo : Ronald Martinez/Getty Images

Kerr demande un temps mort. La balle revient à Curry qui demande un écran à Draymond Green pour pouvoir jouer Kevin Love en 1 contre 1. L’intérieur — qui n’a pas la réputation d’un grand défenseur — lui oppose peut-être la meilleure défense de sa carrière. Le numéro de 30 d’Oakland est gêné et doit envoyer un tir compliqué en fin de possession, qui rebondit sur le cercle. Cleveland a 4 doigts et demi sur le trophée Larry O’Brien. Un lancer franc de LeBron James plus tard, à la suite d’une faute de Draymond Green, Cleveland prend 4 points d’avance à 9 secondes de la fin. Golden State ne s’en remettra pas.

Les Cavaliers de Cleveland sont champions. L’émotion est palpable, Kevin Love étreint LeBron dès le buzzer final, qui craque sur le parquet de l’Oracle Arena. Cet enfant de l’Ohio vient d’accomplir son rêve le plus fou. Remporter un titre pour sa ville, son état, en y laissant « sa sueur, son cœur et son sang », comme il le déclare après la rencontre. Déclaration qu’il ponctue d’un cri iconique : « Cleveland, this is for you! ». LeBron James est élu MVP des Finales, finissant meilleur joueur dans les 5 grandes catégories statistiques. 29,6 points, 11,3 rebonds, 8,9 passes, 2,3 interceptions et 2,6 contres sont les moyennes du King sur cette finale. Kyrie Irving, le super lieutenant, terminera la série avec 27,5 points, 3,2 passes, 3,3 rebonds et 2,1 interceptions par match. Colossal, à seulement 24 ans.

Photo : Ezra Shaw/Getty Images

Il aura fallu 52 ans à la ville de Cleveland pour remporter à nouveau un titre l’un des 4 sports majeurs des États-Unis. Souvent raillés, moqués, Cleveland et l’Ohio comptent des gens fiers, qui méritent de vivre une telle récompense. Dans un état et une ville touchée par la pauvreté, les équipes sportives professionnelles locales sont un phare pour bon nombre d’enfants. Un soir de juin 2016, les Cavaliers mettent un terme à une malédiction. Mais ce titre ne récompense pas qu’un état, qu’une ville, mais une franchise qui a longtemps souffert pour exister et se faire un nom NBA.

Ce titre change tant et tant de choses. Mais il change tout pour un homme : LeBron James. Lui, l’enfant du pays, qui avait trahi les siens et qui a été relégué au rang de pestiféré, revient sur ses terres pour tenir sa promesse. Ce titre le propulse au panthéon des légendes de la NBA et lui permet enfin de regarder dans les yeux des icônes telles que Jordan, Magic, Bird ou bien encore Abdul-Jabbar. Ce titre marquera à vie la NBA, la ville de Cleveland, les Cavaliers, Kyrie, Kevin Love et les autres. Et LeBron.

Photo de couverture : Thearon W. Henderson/Getty Images

Photo : Angelo Merendino/Getty Images
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