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Preview EuroLeague : L’ASVEL revient avec du sang neuf

Auteur d’un surprenant début de saison européenne en 2019, l’ASVEL avait néanmoins chuté dans la deuxième partie de la saison. L’équipe de Tony Parker a fini à la 15e place avec un bilan de 10 victoires et 18 défaites.

Dans le jeu, le collectif de Zvezdan Mitrovic disposait d’une défense très intense sur l’homme avec de bonnes rotations défensives. Celle-ci s’est notamment illustrée en début de championnat face aux plus grosses armadas, telles que le CSKA ou le Fenerbahce. Mais l’équipe manquait clairement de talent offensif pour ce niveau de compétition. L’escouade villeurbannaise était la dernière attaque de la compétition d’après l’index rating de l’Euroleague. Elle occupait également la 16e place en termes de pourcentage à trois points (33,54 %) malgré de bons shooters dans l’effectif, à l’image de Rihards Lomazs et Antoine Diot.

Le jeu était essentiellement constitué de contre-attaque, d’isolation et de pick and roll. Le coaching staff a mis peu de systèmes en place. Par conséquent, si l’attaque adverse prenait le dessus sur la défense française, l’équipe ne parvenait pas à assoir son rythme. Cette méthode et ce fond de jeu se sont vite usés face aux équipes européennes. Le coach n’a pas su ou n’a pas pu s’adapter avec l’effectif mis à sa disposition.

Les arrivées

Allerik Freeman : Le combo-guard arrivé de Bursaspor — club évoluant dans la ligue turque — découvrira l’Euroleague cette année. Le meneur américain devrait amener du scoring à son poste. Avec son mètre 91, il surpasse la plupart des meneurs de jeu adverses, constituant un point tactique intéressant pour le staff technique. L’an dernier, il marquait en moyenne 18,5 points par match. C’est un joueur complet, capable de créer pour ses coéquipiers. Il ne s’agit pas du plus grand passeur, mais il voit bien les joueurs laissés seuls par la défense adverse.

Paul Lacombe : L’arrière international revient dans son club de formation. Celui qui a longtemps évolué sous les ordres de Vincent Collet à Strasbourg fera ses premiers pas en Euroleague à 29 ans. L’ancien swingman de Monaco pourra amener sa création balle en main, peut-être en sortie de banc ou en tant que titulaire. C’est un joueur capable de débloquer une situation, voire un match complet, en prenant le jeu à son compte. Ce n’est pas un scoreur né, mais il sait très bien lire les défenses adverses afin de marquer facilement des points, chose qui sera très bénéfique à son équipe.

Norris Cole : Le double champion NBA (2012, 2013) est la recrue la plus attendue de ce mercato estival. L’ancien joueur du Miami Heat pourra amener une dureté défensive et une grande expérience à son équipe. Il a signé pour deux ans dans le club rhodanien. « Il sait adapter son jeu à toutes les situations et sera un vrai leader offensif pour nous », déclare le président de l’ASVEL dans un communiqué de presse suite à la signature de l’Américain. Avec le club monégasque, il compilait 14,3 points, à 50 % au tir dont 40,3 % à trois points. Vous rajoutez à cela les 4,5 passes décisives et vous obtenez un très bon meneur. Cette polyvalence sera très bénéfique à l’équipe de T.J. Parker sur l’ensemble de la compétition européenne.

Mustapha Fall : L’intérieur de 2,18 m arrive à Villeurbanne après une saison dans le championnat turc. Dans le club de TT Ankara, il comptabilisait une moyenne de 12,0 points, 8,2 rebonds et 1,5 contres en 22 matchs de champion. Avec l’arrivée de ce pivot doté d’une très grande envergure, l’ASVEL renforce sa raquette.

Guerschon Yabusele : L’ancien joueur des Celtics est revenu en France en fin de saison dernière. Au cours des premiers matchs qu’il a pu disputer avec l’écurie française, l’ancien Roannais a confirmé qu’il serait un acteur de premier plan au succès de l’équipe. Force et vitesse sont les premières qualités de jeu de Guerschon Yabusele, tant et si bien que, lors de son passage dans l’équipe de G-League des Celtics, le coach l’a surnommé « Dancer Bear ». Il a justifié ce surnom par la capacité à Guerschon à se déplacer et à sauter très rapidement malgré son poids et son envergure. Cependant, l’ailier fort est aussi capable d’étirer les défenses en shootant à mi-distance et à trois points. Sur ses différentes prestations avec l’ASVEL, son pourcentage derrière l’arc est de 57,1 %. Son attirail offensif sera à mettre en valeur par le coach pour mettre à mal les équipes adverses.

Guerschon Yabusele sous les couleurs de l’Asvel. (Photo : Alexia Leduc/Infinity Nine Media)

Kevarrius Hayes : C’est une signature d’un an pour l’ex Gator de Florida. Il arrive en provenance de la ligue italienne, dans laquelle sa moyenne statistique était de 9,6 points, 7,3 rebonds. Âgé de 23 ans, l’américain vient renforcer le secteur défensif. Avec une moyenne de 2,6 contres par match, il sera très précieux en défense sur l’homme ou en second rideau pour barrer la route aux attaques des joueurs adverses.

William Howard : La signature de ce joueur talentueux, âgé de 23 ans, est une belle aubaine pour les deux parties. L’ancien Limougeaud a réalisé de bonnes choses en G-League avec une moyenne de 12,8 points à 37 % à trois points, 5,3 rebonds et 2,9 passes. Très long pour un poste 3, il pourrait jouer ailier fort sur quelques séquences. Il devrait néanmoins occuper un statut de remplaçant derrière Charles Kahudi et Paul Lacombe.

Matthew Marsh : Cette dernière signature passée un peu sous les radars n’est pas négligeable. Bien que le club de l’ASVEL compte une belle académie où de très forts potentiels sortent, cela n’empêche pas le club de recruter pour l’avenir. L’arrivée Matthew Marsh — pivot anglais âgé de 18 ans, issu du centre de formation de Barcelone — permet d’intégrer un autre jeune à fort potentiel dans le groupe professionnel. Même s’il n’aura sans doute aucune minute en Euroleague, il sera intéressant de suivre sa courbe de progression au fil des années.

Le point tactique

L’an dernier, le jeu offensif composé par Zvezdan Mitrovic était assez rudimentaire. L’attaque développée durant les soirées européennes reposait essentiellement sur la défense des joueurs. Lorsque l’équipe parvenait à instaurer une très haute intensité dans les duels et dans les courses, elle pouvait défier tout type d’adversaires. Sous ses ordres, les joueurs disposaient de grandes libertés. Le jeu n’était pas très cadré comme il peut l’être pour d’autres équipes.

T.J. Parker, coach de l’Asvel. (Photo : Joël Philippon/Le Progrès)

Le nouveau coach, TJ Parker, va-t-il s’inspirer du jeu développé par le coach monténégrin, ou apportera-t-il sa propre patte ? D’après ce que l’on a déjà pu observer sur les parquets, l’ASVEL joue un basket avec un fort mouvement de balle (26 passes décisives de moyennes en matchs amicaux) et l’intention constante de libérer ses tireurs longues distances.

Focus

Pour cette première preview d’Euroleague sur L’Analyste, nous allons nous concentrer sur l’ailier fort français Guerschon Yabusele. Comme dit plutôt, Guerschon est un joueur très vif pour sa taille et son poids. Il s’agit d’un joueur très mobile, capable de défendre sur les postes 3 en Europe. Toutefois, depuis ses débuts dans le basket professionnel à Roanne, on ne l’avait jamais vraiment vu durer sur le temps ni dans un championnat aussi rigoureux. Il a su réaliser de belles performances en Chine, mais on peut se demander s’il sera capable de répondre aux attentes sur le long terme.

Âgé de seulement 24 ans, il dispose encore d’une certaine marge de progression. En signant à l’ASVEL, il s’est offert un statut de joueur important au sein d’une équipe sérieuse. Avec un Front Office ambitieux et un coaching staff très sérieux, le « Dancer Bear » devrait progresser. Yabusele est un joueur qui, selon ses coéquipiers, s’intègre facilement dans un collectif – un plus non négligeable pour l’équipe qui a un effectif très fourni.

L’interrogation

La principale incertitude de cette équipe, c’est bien sûr le coach, T. J. Parker, qui a pris la place de Zvezdan Mitrovic. Les dirigeants villeurbannais ont notifié le coach monténégrin qu’il serait licencié à la fin de la saison pour faute grave. En cause, le club rhodanien s’appuie sur les nombreuses fautes techniques et suspensions intervenues durant la saison. T. J. Parker est un head coach rookie étant donné qu’il occupe le poste d’assistant coach depuis 2012. Formé à l’université de Northwestern, il connait bien la Jeep Elite. Il a vadrouillé pendant de longues années sur les parquets français en tant que joueur (Paris Basket Racing, Nancy, Villeurbanne, Orchies). À première vue, il semble être un entraîneur plus mesuré et plus pédagogique avec ses hommes que ne pouvait l’être Zvezdan Mitrovic.

Prévision : Entre la 9e et la 15e place

Photo : Euroleague

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