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Tout ce qu’il faut savoir sur le retour de la NBA

Mis à jour le 17/06 à 12:10

Le 11 mars 2020, à New York, la NBA mettait la saison en suspend face à la positivité au COVID-19 de Rudy Gobert. Après trois mois d’attente sans réelle visibilité, la ligue et les propriétaires ont pris une décision. La NBA reprendra le 30 juillet, avec 22 équipes, au parc Disney World d’Orlando.

Le calendrier de la saison 2019-20 :

– Date limite pour le retour des joueurs à l’étranger : 15 juin
– Début des tests au COVID-19 : 22 juin
– Camps d’entraînement : 30 juin — 7 juillet
– Départ à Orlando : 7 juillet
– Trois matchs de présaison : 9 — 29 juillet

– Huit matchs de saison régulière : 30 juillet — 14 août
– Tournois qualificatifs : 15 — 16 août
– Début des Playoffs : 30 août
– Demi-finales de Conférence : 31 août — 13 septembre
– Finales de Conférence : 15 — 28 septembre
– Finales NBA : 30 septembre — 13 octobre

– Loterie de la Draft : 25 août
– Draft : 15 octobre
– Free agency : 18 octobre
– Dates visées pour la saison 2020-21 : camps d’entraînement à partir du 10 novembre, premiers matchs le 1er décembre

Mise à jour du 17 juin :

Face aux revendications d’un groupe d’athlètes s’opposant à la reprise de la saison, la NBA a décidé d’adapter ses mesures. Les joueurs ont été informés qu’ils ont jusqu’au 24 juin pour annoncer qu’ils ne reprendront pas la saison à Orlando, si c’est ce qu’ils souhaitent. Leurs salaires seront cependant réduits en fonction du nombre de matchs manqués. En revanche, les joueurs « dispensés » et « protégés » — qui présentent des risques plus importants face au COVID-19 selon les équipes et experts — ne verront pas leur salaire diminuer. Un joueur peut être dispensé jusqu’au 25 juin.

Toute personne quittant le campus d’Orlando sans autorisation sera soumise à 10 à 14 jours d’isolement, une réduction de salaire proportionnelle au nombre de matchs manqués ainsi qu’un test de dépistage poussé — et invasif : « Les joueurs et le personnel de l’équipe ne quitteront pas le campus en l’absence de circonstances atténuantes (exemples : soins médicaux hors campus, naissance d’un enfant, maladie grave, décès ou mariage dans la famille) et seulement avec l’accord préalable de la ligue. »

« L’apparition d’un petit nombre de cas de COVID-19 n’entraînera pas la suspension ou l’annulation de la reprise de la saison 2019-20 », révèle le protocole de santé et sécurité de la NBA. En cas de test positif au COVID-19, le protocole suivi sera le suivant : l’individu sera immédiatement isolé dans un logement séparé. Il sera de nouveau testé afin de confirmer sa positivité. Enfin, il pourra sortir d’isolation après plusieurs tests négatifs consécutifs et reprendre ses activités.

Sur place, toutes les personnes devront porter un masque en permanence en dehors des activités sportives et repas, hors des chambres et à l’extérieur — en respectant des distances de sécurité. En match, chaque équipe aura deux rangées sur son banc. Une première avec les joueurs et coaches, pour lesquels le port masque n’est pas obligatoire — il est cependant recommandé aux coaches. Sur la deuxième rangée, nous trouverons les autres joueurs et coaches, pour lesquels le port du masque est obligatoire — sauf si le joueur est actif. Le port du masque ne sera pas obligatoire pour les arbitres. Les joueurs pourront par ailleurs assister à ces matchs.

Le non-respect des protocoles expose les joueurs à une sanction, telle qu’un avertissement, une amende, suspension et/ou exclusion du campus. Une hotline anonyme sera mise en place pour signaler les potentielles violations de protocoles à Orlando.

Avery Bradley : « Peu importe la couverture médiatique qui sera reçue, parler et sensibiliser d’injustice raciale n’est pas suffisant. Militer pendant un hymne, porter des T-shirts c’est super, mais nous devons voir de vraies actions… »

La ligue a, elle, déclaré que « l’un des principaux objectifs de la reprise de la saison sera d’utiliser la plateforme donnée par la NBA pour attirer l’attention et inciter l’action face aux problèmes d’injustice dans notre société. »

Les hôtels à Orlando seront attribués en fonction du classement. Les Bucks, Lakers, Raptors, Clippers, Celtics, Nuggets, Jazz et Heat iront au Grand Destino. Le Thunder, les 76ers, Rockets, Pacers, Mavericks, Nets, Grizzlies et Magic auront le Grand Floridian. Les Blazers, Kings, Pelicans, Spurs, Suns et Wizards logeront au Yacht Club.

Ces hôtels seront équipés d’un salon réservé aux joueurs (télés, jeux vidéos, NBA 2K), d’une piscine, de barbiers, manucure et pédicure, d’un concierge VIP 24/24. Pour se divertir, les athlètes pourront profiter de projections de films, sets DJ, tables de ping-pong et jeux en extérieur. Chaque équipe aura accès à une équipe culinaire de Disney qui l’aidera à créer des menus personnalisés tout en suivant les régimes suivis par les équipes. Elle sera également chargée d’assurer le respect des règles d’hygiènes. Les joueurs recevront trois repas par jour, quatre les jours de match.

Une reprise à 22 équipes

Parmi les 22 équipes conviées à Orlando, nous pouvons évidemment inclure les 16 franchises actuellement playoffables. Les six équipes qui les rejoignent sont celles qui possèdent les meilleurs bilans au classement général : les Pelicans, Blazers, Kings, Suns et Spurs à l’Ouest, ainsi que les Wizards à l’Est. Toutes ces franchises auront une chance d’atteindre les Playoffs après huit matchs de saison régulière — qui ne seront pas pris en compte pour la loterie de la Draft.

Ce format à 22 équipes présente quelques subtilités. Les sept premiers de chaque Conférence seront immédiatement qualifiés en Playoffs, comme d’habitude. C’est pour les huitième et neuvième places que les choses se compliquent. Si le huitième de la Conférence distance le neuvième de plus de quatre matchs, il valide sa place en Playoffs. En revanche, si le neuvième revient à quatre rencontres ou moins du huitième, les deux équipes joueront un barrage qualificatif pour les Playoffs. Le collectif le mieux classé n’aura besoin que d’une seule victoire pour accéder aux Playoffs ; le groupe le moins bien classé devra remporter deux confrontations.

29 des 30 franchises présentes lors du Bord of Governors ont approuvé ce format à 22 équipes, seuls les Trail Blazers ont voté contre. D’autres options auraient été considérées : 16 équipes qui jouent directement les Playoffs ; 20 équipes avec des phases de poule ; 30 équipes avec 72 matchs joués depuis le début de la saison et un tournoi pour la qualification en Playoffs. Devant le manque d’enthousiasme des joueurs face à la possibilité d’un passage direct en Playoffs et aux déclarations des équipes en bas de classement, la NBA a préféré s’éloigner de ces options.

Des conditions sans précédent

Naturellement, les joueurs devront respecter certaines mesures relatives au COVID-19. Les athlètes seront mis en quarantaine pendant au moins 10 jours et devront être testés négatifs à deux reprises. Ils ne seront pas autorisés à recevoir des invités avant le 30 août. Aussi, ils devront observer des distances de sécurité sur le banc, tandis que les joueurs inactifs ne pourront accéder qu’aux gradins. Ils ne pourront pas non plus se doucher dans l’enceinte du complexe sportif. D’autres mesures devraient être annoncées dans les jours à venir.

Pour assurer la sécurité de l’événement, la NBA cherche à multiplier et optimiser les tests de dépistage au COVID, qui devraient être quotidiens à Orlando. La ligue essaierait notamment de financer une étude de la Yale School of Public Health qui tend à valider un procédé de test à base de salive — un protocole plus simple à réaliser, plus rapide, plus rentable et non invasif. Face aux dernières directives des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention), la NBA a également autorisé les équipes à effectuer des tests sur les joueurs et employés asymptomatiques.

« J’ai vraiment l’impression qu’ils font du bon travail », estime le docteur Brian Sutterer. « Ils essaient clairement de mettre la sécurité en avant, autant que possible. Vous n’allez jamais atteindre 100 %. Je pense qu’ils en tireront des enseignements dès la phase initiale, lorsque tous les joueurs arriveront à Orlando. La situation sera probablement différente en octobre, quand ils chercheront comment recommencer la saison. »

Photo : Franck Fife/AFP via Getty Images

Ne nous le cachons pas, les causes de cette reprise pourraient être principalement économiques. En effet, les Playoffs rapporteraient environ 900 millions de dollars à la NBA. Pour rappel, la ligue a signé un accord de neuf ans pour 24 milliards de dollars avec ESPN et Turner en 2014. Les diffusions télévisées représentant près de 30 % des revenus de la NBA, un retour à l’antenne semble être le meilleur moyen d’amortir les pertes dues à la pandémie.

Bien évidemment, ce n’est pas le seul intérêt de cette décision. Sportivement, ce format permettra à certaines équipes d’espérer raccrocher les Playoffs — une étape particulièrement importante pour de nombreux projets. Peut-être cette reprise accordera-t-elle à LeBron un premier titre avec les Lakers, ce qui serait un tournant majeur dans la carrière du King. Peut-être Giannis sera-t-il nommé champion. Ce retour de la compétition pourrait bouleverser l’histoire de plusieurs joueurs et l’avenir de certaines franchises. Cette décision a beau être motivée par l’argent, son impact dépasse largement le portefeuille de la ligue.

Des inquiétudes à dissiper

L’association des joueurs a cependant déclaré que « de nombreux détails restent à négocier » pour pleinement « accepter le scénario ». Entre autres, la NBPA s’oppose à un début de saison 2020-21 le 1er décembre, une date jugée prématurée. CJ McCollum, vice-président de l’association, suggère notamment d’avancer la période à partir de laquelle le contact entre les joueurs sera possible, pour entamer des entraînements plus poussés et se préparer à la reprise. Sans avoir pratiqué pendant un long moment, les athlètes sont en effet plus exposés aux blessures. « Nous avons des joueurs qui ont besoin de contact avant de revenir », explique l’arrière des Blazers. « Je ne veux pas que quelqu’un se blesse parce après avoir passé plus de 100 jours sans jouer de matchs. »

Deux joueurs reviennent d’ailleurs de blessures dans l’équipe de McCollum : Jusuf Nurkic et Zach Collins. Jouer et s’entraîner avec ces joueurs permettrait certainement aux Blazers de se renforcer avant Orlando. Bien sûr, Portland n’est pas la seule franchise dans ce cas. Certains collectifs auront profité de cette pause pour se remettre sur pieds. C’est notamment le cas de Joakim Noah, qui rejoindra les Clippers pour la compétition.

« C’est parti putain », déclare Noah, très enthousiaste. « C’est parti putain ! Nous faisons confiance à la ligue et nous savons qu’Adam (Silver) ne mettra pas la santé des joueurs en danger. C’est quelqu’un qui a démontré à maintes reprises qu’il est le meilleur commissionner sportif. Je pense donc qu’en tant que joueurs, nous nous sentons en sécurité. Il n’y a personne avec qui je voudrais faire ça plus qu’avec les Clippers. »

Photo : Jesse D. Garrabrant/NBAE via Getty Images

D’autres athlètes touchés par les blessures — notamment Kevin Durant, Kyrie Irving, LaMarcus Aldridge et John Wall — ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne rejoueraient pas cette saison. Les joueurs sous contrat en NBA/G-League cette année ou l’année dernière devraient, eux, être autorisés à rejoindre une équipe NBA à Orlando. JR Smith et Jamal Crawford, entre autres, auront éventuellement une chance de participer à la compétition.

Face aux risques de blessure qu’implique un retour à la compétition, les membres de la classe de Draft 2017 — prochainement éligibles à une extension de leurs contrats rookie — se sont entretenus avec les représentants de la NBPA. La perspective d’une assurance pour les protéger financièrement en cas de grave blessure, aux frais de la ligue, était au cœur de la conversation. En effet, Bam Adebayo, De’Aaron Fox, Kyle Kuzma, Donovan Mitchell et Jayson Tatum auraient peur de voir leurs carrières menacées par ces conditions si particulières.

L’opposition prend la parole

Mais au-delà de ces quelques objections, certaines voix s’opposent totalement à la reprise de la saison. Ce vendredi, plus de 80 joueurs se sont réunis d’après l’initiative de Kyrie Irving. Leur objectif : s’accorder et trouver un moyen de se battre pour les différentes causes qui agitent les États-Unis, tel que la lutte contre le racisme, les violences policières et l’injustice raciale. Parmi eux, Chris Paul (président de la NBPA), Kevin Durant, Carmelo Anthony, Dwight Howard, Donovan Mitchell et Avery Bradley.

« Je ne suis pas en faveur de la reprise de la compétition à Orlando », confie Kyrie Irving aux joueurs. « Je ne suis pas du côté du racisme systématique et des conneries… Il y a anguille sous roche. Que nous voulions l’admettre ou non, nous sommes ciblés au quotidien en tant qu’hommes noirs. »

Dwight Howard, dans la continuité des propos d’Irving, pense que jouer à Orlando détournera l’attention des problèmes auxquels le pays est confronté. Selon le pivot des Lakers, les joueurs doivent s’unir et profiter de ces circonstances pour faire changer les choses. « Je suis d’accord avec Kyrie (Irving) », déclare-t-il dans un communiqué. « Le basket, ou toute forme de divertissement, n’est pas nécessaire en ce moment, et ne sera qu’une distraction. […] Je n’aimerais rien de plus que de gagner mon tout premier titre en NBA. Mais l’unité de mon peuple serait un titre encore plus grand, et c’est trop beau pour le laisser passer. […] Pas de basketball tant que nous n’aurons pas résolu les problèmes. »

Trae Young, manifestant pour le mouvement « Black Lives Matter ». Photo : AP Photo/Sue Ogrocki

De son côté, CJ McCollum a dit aux joueurs de se préparer à faire face à une situation financièrement difficile s’ils choisissent de ne pas jouer. Aussi, les propriétaires risquent évidemment de mettre un terme aux accords collectifs si une telle chose venait à se produire. Kyrie Irving a cependant affirmé qu’il soutiendrait la décision du groupe et qu’il suivrait son équipe à Orlando si les joueurs pensent que c’est ce qu’il faut faire.

Parmi les joueurs ayant participé à la réunion : Malcolm Brogdon, CJ McCollum, Joel Embiid, Justin Holiday, Rudy Gay, Spencer Dinwiddie, Harrison Barnes, Al-Farouq Aminu, Tobias Harris, Kyle Lowry, Mike Conley Jr., Zach Collins et Myles Turner. Roger Mason Jr, ancien joueur NBA et exécutif de l’association des joueurs, était également présent.

Face à l’opposition, la NBA se range évidemment du côté d’un redémarrage de la saison comme prévu. « Nous comprenons les préoccupations des joueurs et travaillons avec l’Association des joueurs pour trouver le bon équilibre pour y répondre », annonce Mike Bass, porte-parole de la NBA. D’autres pensent que la reprise permettra aux athlètes d’attirer l’attention des États-Unis sur différentes causes. En effet, les joueurs seront constamment exposés médiatiquement et pourront alors s’exprimer sur ces problèmes de société – ou même poser un genou à terre pendant l’hymne américain.

LeBron James aurait lui aussi pris parti pour le retour de la compétition. « Selon certaines sources, James, membre des Lakers qui ont autant de chances de remporter le titre que n’importe laquelle des 22 équipes invitées à Walt Disney World, pense que jouer à Orlando ne découragera pas sa capacité à inspirer le changement », rapporte Sam Amick de The Athletic. « Il veut continuer à laisser son empreinte hors du terrain. Il veut jouer au basket. Et comme ça a toujours été le cas, il croit fermement qu’il peut faire les deux en même temps. »

Photo mise en avant : Joe Murphy/NBAE via Getty Images

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