NBA

Sam Jones, scoreur précurseur

Photo : Dick Raphael/NBAE via Getty Images

Après K.C Jones, voici le portrait d’un autre élément important de la dynastie des Celtics dans les années 60.  Sam Jones, né le 24 juin 1933 en Caroline du Nord, est un attaquant efficace et minutieux, doté un très bon QI basket. Avec son coéquipier Bill Russell, il est le seul à compter 10 bagues de champions NBA en tant que joueur — un fait d’arme assez remarquable pour que l’on s’intéresse de plus près à cette légende méconnue.

Avant même d’entrer dans la grande ligue, Jones est un scoreur très complet. Pur produit made in North Carolina, il possède déjà ce « bank shot » prisé par ses coéquipiers d’université. Ce tir, on pourrait l’associer à un floater ou un runner des années 50-60. Jones dispose déjà d’un sens aigu du timing qui lui permet d’arracher la victoire dans les rencontres serrées. Pendant ces 4 années à l’université de North Carolina, il score un peu plus de 1700 points. Dans les Mock Drafts, le numéro 41 se positionne naturellement dans le haut du tableau. Il ne souhaite pas tomber dans une équipe bien garnie, qui figure déjà en haut du classement NBA chaque année. Hélas — ou fort heureusement —, son processus de draft ne se déroulera pas comme il l’avait prévu.

Il est sélectionné en 8e position en 1957, par les grands Celtics de Red Auerbach. Pourtant, le coach au cigare aurait fortement hésité avant de choisir Jones. Habituellement, Auerbach ne prend que des joueurs qu’il peut regarder et analyser au moins deux fois. Jones ne fut supervisé qu’une seule fois. Quand le joueur apprend qu’il est drafté par Boston, il n’est pas vraiment ravi. Avec un effectif de 11 joueurs confirmés, il ne voit pas comment il pourrait se faire une place au sein du collectif.

Dans ce groupe composé de grands noms du basket, Sam Jones réalise des débuts timides lors de l’exercice 1957-58. Avec un temps de jeu limité (10 minutes), il parvient tout de même à inscrire 4,6 points par match. En revanche, cette saison rookie n’altérera d’aucune manière sa confiance ni son goût de l’effort. Comme le rapporte le Bleacher Report, Red Auerbach le décrit comme un athlète toujours à l’affut et prêt à jouer. Cette mentalité le mènera au sommet durant toutes ces années, soit en que 6e homme, soit en tant que second arrière titulaire.

Photo : Dick Raphael/NBAE via Getty Images

Les 4 saisons suivantes, Jones améliore son tir ainsi que sa capacité à créer pour lui et pour ses coéquipiers. Avec ce travail de fond, il prend la place de Bill Sharman et intègre le cinq majeur. Il accompagne ainsi Bob Cousy, match après match, en tant que l’un des leaders offensifs de son équipe. Entre 1960 et 1961, il passe de 11 à 15 points par rencontre. Le numéro 24 des Celtics augmente chaque année sa moyenne de points avec une pointe à 26 lors de l’exercice 1964-65. « Sam Jones et Bill Sharman sont probablement plus responsables de ma nomination au Hall-of-Fame que moi-même. Peu importe où je leur jetais la balle, ils l’attrapaient et la mettaient dans le trou », relate Bob Cousy à propos de ses deux coéquipiers.

Tel un Klay Thompson d’une autre époque, Sam Jones sait quand il doit bouger sans ballon. Sa très bonne lecture de jeu lui permet d’analyser les déplacements et les actions de ses coéquipiers. En particulier ceux de Bill Russell. En effet, lorsque l’adversaire entreprend une prise à deux sur le pivot des Celtics, celui-ci remet le cuir à son arrière bien positionné, prêt à déclencher sa mécanique de tir. Sam Jones explique que « quand la balle est lancée vers le panier, le défenseur tourne automatiquement sa tête vers le cercle. De ce fait, vous pouvez ainsi vous créer de l’espace puisque votre défenseur ne sait pas où vous êtes parti. C’est un moyen intelligent et facile de prendre une nouvelle position de shoot. »

Sam Jones a toujours eu cette capacité à rentrer ses shots — que ce soit avec une main devant lui ou non. Lors de son introduction au Hall of Fame, Auerbach proclame : « Je voudrais remercier Sam Jones d’avoir fait de moi un “Alléluia coach” ».

Sa mentalité de scoreur a permis un bon nombre de fois à Boston d’obtenir le Larry O’Brien Trophy. Lors du Game 7 des Finales NBA de 1962, le tableau d’affichage indique 107 partout. Il ne reste que deux secondes, soit assez de temps pour espérer clôturer le match qui oppose les Lakers de Jerry West et les Celtics de Bob Cousy. Sam Jones remonte le ballon, part sur sa droite, revient vers la ligne des lancers francs. Il s’arrête net, monte et déclenche un tir en suspension passant au-dessus des bras surdimensionnés de Wil Chamberlain. « Bank Shot », le Boston Garden explose de joie. Ce panier permet à Sam Jones de devenir champion pour la 4e année de suite.

Appelé « Mr. Clutch » par beaucoup de ses pairs, Sam Jones était un fabuleux attaquant. C’est grâce à des heures d’efforts qu’il a obtenu ses capacités de scoreur décisif et régulier. On parle ici d’un joueur qui, en 12 ans sur les parquets, a inscrit 17,7 points par match en moyenne. 5 fois All-Star et 3 fois sélectionné dans le 2e meilleur cinq de la ligue, il rejoint le Hall of Fame du basketball en 1983.

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