NBA

Michael Jordan, une décennie de domination

En attendant la sortie du très attendu documentaire The Last Dance sur Netflix, c’est l’occasion de rappeler ce que représente Michael Jordan dans le monde de la balle orange. Comment s’est-il hissé tout en haut de la NBA ? Qui étaient ses adversaires à l’époque ? Comment est-il devenu l’image de la NBA dans les années 90 ? L’Analyste répond à toutes ces questions à travers ce long article biographique résumant l’ascension du G.O.A.T.

Début des années 90, la NBA entre dans une nouvelle ère dominée par les Big Men. La ligue continue son expansion en ajoutant 4 nouvelles équipes au cours de cette période et, surtout, elle commence à prendre de la place auprès du public américain.

Les prémices

C’est bien un joueur qui va venir bouleverser la NBA à tout jamais, tant sur le plan marketing et business que dans le jeu. Son nom : Michael Jeffrey Jordan. Dans la ligue depuis 6 saisons, MJ s’est déjà fait remarquer à bien des reprises avec une saison rookie à 28 points de moyenne et une performance de légende en Playoffs, enquillant les paniers face aux Celtics. En 1986, alors qu’il n’a joué que 22 matchs de saison régulière, Mike score 63 points lors du match 2 face à l’équipe de Bird et McHale. On peut aussi penser à « the shot », tir légendaire sur la truffe de Craig Ehlo et des Cavs, à ses 69 points (record en carrière) contre ces mêmes Cavs ou enfin à la saison 87-88, lors de laquelle il affichait des moyennes de 37-8-8.

Bref, MJ s’est fait connaître du grand public dès son arrivée dans la grande ligue. Personne ne peut remettre en cause le talent phénoménal du numéro 23 des Bulls ni douter de son esprit de compétition et de son obsession pour la victoire. Malgré plusieurs sélections en All-NBA Teams, un titre de ROY, de DPOY et deux titres de MVP, dans les coulisses de la ligue, on commence à douter de la capacité de Jordan à ramener un titre à la ville de Chicago après un 3e échec consécutif en Playoffs — dont deux face aux Bad Boys de Detroit.

Serait-il un soliste incompris et trop exigeant envers ses coéquipiers ? Ou deviendra-t-il le formidable gagneur que l’on voit en lui depuis le début de sa carrière ?

MJ et les siens n’auront pas tardé à lever les doutes et donner des réponses aux septiques. Après une saison 1990 encore très bien gérée, les Bulls retombent à nouveau contre les Detroit Pistons et échouent une nouvelle fois face à eux en finales de conférences. Jordan voit encore une fois ses chances s’envoler après s’être heurté — métaphoriquement et littéralement — aux joueurs du Michigan. Et ce malgré les bons systèmes et le jeu en triangle imposé par le nouveau coach, Phil Jackson. Défaite 3-4 contre les Pistons.

1991, le premier titre

C’en est trop pour Mike ! Qu’aurait fait une superstar du calibre de MJ à notre époque ? Sans doute, aurait-elle vu une chance de trouver le Graal ailleurs. Mais c’était une autre époque, un autre contexte et surtout une tout autre personne.

Les Bulls se présentent pour cette saison 90-91 revanchards et dominants. 61 victoires pour 21 défaites, un troisième titre de MVP pour Mike et une première place à l’Est. Les Playoffs arrivent et les Bulls affrontent les Knicks au premier tour. Ils s’en débarrassent sans aucun problème sur un score de 3 à 0. C’est ensuite au tour des Sixers de subir le courroux des taureaux, 4-1. Arrivent enfin les finales de Conférence, face… aux Pistons. C’est une démonstration de basket que vont offrir les Bulls qui piétineront violemment les Bad Boys. Jordan tourne à 29.8 points lors de la série et inflige un sweep retentissant à Detroit, le champion en titre.

Ça y est, Jordan est en finale pour la première fois de sa carrière, à 28 ans. Le numéro 23 ne laisse rien au hasard. Les Bulls remportent le premier titre de leur histoire face aux légendaires Lakers de Magic Johnson et l’arrière des Bulls est logiquement élu MVP des finales avec 31.2 points, 6.6 rebonds et 11.2 passes sur la série. La joie est immense à Windy City et Mike est sur le toit du monde. Il vient de gagner son premier titre et le deuxième de cette nouvelle décennie, sa décennie.

L’ascension et le Three-Peat

Jordan et ses Bulls reporteront encore 2 titres après celui-ci, deux autres finales au cours desquelles His Airness écrira sa légende. Bien entendu, on pourrait évoquer The Shrug, lors des finales 92′ contre les Trail Blazes de Clyde Drexler. À l’époque, certains observateurs de la ligue se demandent encore qui est le meilleur arrière de la ligue entre Clyde et Mike – No disrespect envers le Blazer, mais cette comparaison semble insensée des années plus tard. C’est d’ailleurs dans cette ambiance compétitive et comparative que ces finales se joueront.

Et pourtant, il n’a fallu qu’une mi-temps à MJ et ses Bulls pour mettre tout le monde d’accord. Enfin lors du premier match, Jordan qui est au sommet de sa carrière — tant sur le plan athlétique que sur le plan technique dans son jeu — va une fois de plus offrir une prestation qui marquera l’histoire. 35 points en une mi-temps et un game 1 déjà scellé après 24 minutes de jeu. Mike nous donnera d’ailleurs une des images les plus iconiques de notre magnifique sport lorsqu’il passera à côté de Cliff Robinson en haussant des épaules l’air de dire « je suis trop fort pour vous, qu’est ce que vous voulez y faire ? ».

Malgré deux défaites, les Bulls remporteront cette finale 4-2. Jordan est très logiquement nommé MVP en rendant une copie incroyable de 35.8 points, 4.8 rebonds et 6.5 passes. Au-delà des stats, avec ce deuxième titre, l’arrière des Bulls entre un peu plus dans la légende du basketball. Il marque à travers des actions iconiques, une personnalité complexe, un savant mélange entre compétiteur, tueur sur le terrain et grand cœur hors des parquets. Michael et sa clique sont les rois du monde, ils représentent le présent et futur de la NBA, un aspect particulièrement important qui portera le basketball américain à un rang international.

En parlant de sport à l’échelle internationale, l’été 92 est rythmé par les Jeux olympiques. Et pour la première fois de son histoire, la fédération américaine décide de faire participer des joueurs professionnels. Le coach des Bad Boys, Chuck Daly, sera nommé à la tête de l’escouade la plus talentueuse de l’histoire du basket. La Dream Team est née. Sur les chaînes de télévision, tout le monde découvre ces superstars NBA qui pratiquent un jeu magnifique mené par les capitaines Bird et Magic qui représentent le passé glorieux de la NBA des années 80. Mais le public, les fans, vient pour voir un joueur en particulier : Michael Jordan.

Photo : Ray Stubblebine/Reuters

Cet été va graver l’image de Jordan dans les esprits des fans. Sur le plan marketing, Jordan est partout. Il représente l’Amérique sportive et tout le monde veut être Comme Mike. La médaille en poche, le numéro 23 et son copain Pippen retrouvent les Bulls pour le training camp de la saison 1992-1993. Les taureaux gèrent bien cette saison en finissant premiers de leur division et deuxièmes de la conférence Est derrière les Knicks. Avec un bilan de 57-25, l’équipe se présente pour les playoffs avec l’ambition de réaliser un three-peat.

Un premier et deuxième tour géré sans souci face aux Hawks et aux Cavaliers, puis les Bulls rencontrent les Knicks de Pat Ewing. Sur cette série, Jordan sera obligé d’employer les grands moyens face à des Knicks qui montrent les crocs et qui remportent les deux premiers matchs de la série. Les 4 autres matchs seront remportés par les Bulls, et notamment le game 4 qui renforce un peu plus le statut de légende vivante de Jordan, auteur d’une performance à 54 points sur les 105 de son équipe. Champion de la conférence Est pour la troisième fois consécutive, les Bulls se retrouvent une nouvelle fois en finale, face à un nouvel adversaire, les Suns du MVP Charles Barkley.

Beaucoup d’observateurs pensent que les Suns ont des chances de l’emporter face à des Bulls vieillissants et pourtant toujours aussi dominants. Et malgré une série accrochée, le natif de North Carolina va tout simplement offrir l’une des lignes de stats les plus complètes de l’histoire des finales. 41 points, 8.5 rebonds et 6.3 passes. Michael est absolument partout et récite une véritable symphonie offensive à la défense des Suns. Avec un pic à 55 points lors du match 4, il se montre injouable, dominant et intouchable. À plusieurs reprises, les défenseurs tenteront de l’arrêter en s’y mettant à plusieurs, mais rien n’y fait. Les Bulls réalisent un three-peat historique, Jordan est réélu MVP des finales pour la troisième fois après avoir terrassé trois équipes différentes en trois ans. À l’époque, rien ne semble pouvoir empêcher les taureaux de régner sans partage sur la ligue.

Photo : Andrew D. Bernstein/NBAE via Getty Images

Première retraite

Et pourtant… C’est le bon vieux drame américain qui viendra stopper net cette domination. En effet, à l’été 93 — alors qu’il savoure tranquillement son troisième titre — Jordan apprend que son père a été assassiné. Père qui joua un très grand rôle dans l’ascension sportive de Mike, mais au-delà de cet aspect, Jordan perd là son pilier. Impossible pour lui d’envisager de poursuivre sa carrière, coup de tonnerre sur la ligue, le plus grand joueur de la planète range ses baskets dans le placard.

Imaginez l’effet que cela produirait aujourd’hui si LeBron James ou Kevin Durant s’arrêtaient subitement de jouer. Le choc serait terrible. Jordan, alors âgé de 30 ans (seulement) prendra du temps pour faire son deuil, réfléchir à son avenir tout en jouant au baseball et voir ses Bulls faire tout de même une bonne saison et atteindre les playoffs 94. Malgré un Scottie Pippen leader et un effectif solide, les Bulls orphelins de leur superstar ne pourront logiquement pas réitérer l’exploit des trois dernières années. Ils remportent tout de même la série face aux Cavs au premier tour, mais tomberont face aux Knicks en 7 matchs. Pour la première fois depuis 3 ans, les Bulls ne seront pas en finale NBA. C’est les Rockets d’Hakeem Olajuwon qui seront sacrés champions cette saison-là.

Le retour

La saison 94-95 débute et, surprise, le bruit court à l’époque que Jordan pourrait revenir cette saison. Ce n’est pourtant qu’après 66 matchs que Jordan donnera de ses nouvelles, à sa manière, en seulement deux mots : « ’I’m back ».

Mike, alors âgé de 32 ans et arborant désormais le numéro 45, porte les couleurs de Chicago pour la première fois après plus d’un an et demi d’absence. Et malgré la joie que cela procure tout autour de la ligue, des doutes apparaissent sur l’état physique du joueur, sera-t-il prêt pour la compétition ? Arrivera-t-il à porter ces Bulls ?

Photo : Andy Hayt/Getty Images

Doté d’une personnalité comme la sienne, Mike se nourrit des critiques pour répondre sur le terrain. Malgré un premier match face à Indiana mitigé à 7 sur 28 au shoot, on peut clairement voir que l’état de forme de Mike est OK pour la compétition. Et pas plus de 5 matchs plus tard, pour son retour au Garden à New York, Jordan livrera un match dont lui seul a le secret. 55 points sur la truffe de John Starks et des Knicks ainsi qu’une passe décisive à Bill Wennington qui cruficie les New-Yorkais dans un Garden stoïque. C’est le double nickel game ! Plus que les chiffres, c’est la manière. À croire que Jordan a passé 1 an et demi à bosser son jeu et s’adapter alors que ses qualités athlétiques commencent à décliner. Fadeaways, pull-up jumpers, 3 pointers, l’œuvre est magnifique – et je vous recommande vivement ce match.

Avec le retour de Mike, les Bulls remportent 3 des 16 derniers matchs de saison régulière et se présentent aux Playoffs à la 5e place de la conférence Est. Au premier tour, les taureaux se retrouvent face à la surprenante et dynamique équipe des Charlotte Hornets. Jordan renoue avec les playoffs après sa période hors des terrains. Ce qu’on retenait alors du numéro 23 à l’époque, c’était que les Playoffs, c’est son jardin, l’arène qui le transforme en bête féroce (langue tirée), la scène sur laquelle il peut extérioriser son esprit de compétition hors du commun.

Le premier match met toute la NBA d’accord. En effet, Jordan score 48 points, à 18 sur 32 au shoot, plus 9 rebonds et 8 passes décisives. Il finit meilleur scorer des 4 matchs face aux Hornets qui verront sortir les Bulls vainqueurs de cette série, 3-1. En demi-finales de Conférence, Chicago rencontre le Magic de Shaq et Penny, qui monte en puissance depuis 2 ans déjà. L’histoire sera cruelle avec les Bulls qui, malgré un Jordan à 31 points de moyenne, se feront surprendre par cette jeune escouade d’Orlando pour finalement s’incliner 4-2. Jordan perd en Playoffs pour la première fois depuis 1991. La saison 95 sera celle du doublé pour les Rockets qui infligeront un sweep… au Magic justement.

La saison parfaite le titre le jour de la fête des Pères

À peine la défaite difficilement digérée pour Jordan et les siens, qu’ils se remettent au boulot pour la prochaine saison. MJ travaillera tout l’été pour être prêt physiquement, techniquement et mentalement pour la saison à venir. Lors de l’intersaison, le Board des Bulls décide de miser sur Dennis Rodman pour renforcer la défense — déjà loin d’être ridicule. The Worm vient former un big three improbable avec Pippen et Jordan. Les Bulls se présentent alors pour le début de cette nouvelle saison 1995-96 avec une équipe vieillissante (âge moyen : 29.7 ans) et des doutes autour de leur capacité à gagner un titre. Pourtant les Bulls, offriront ce qui est encore aujourd’hui — n’en déplaise à leurs détracteurs — la plus grande saison de l’histoire de la ligue.

Saison au cours de laquelle, Jordan sera élu MVP ; il glane là son 4e trophée, à l’âge de 33 ans. Rodman sera le meilleur rebondeur de la ligue et, collectivement, les Bulls vont signeront une saison parfaite avec un bilan de 72 victoires pour seulement 10 défaites dont une série de 18 victoires consécutives. La domination des Bulls cette saison-là se ressent dans tous les compartiments du jeu. 1er offensive rating, 1er defensive rating pour seulement 92.6 points encaissés par match. Le jeu est léché, simple, mais terriblement efficace, une attaque axée autour de MJ et Pippen en créateur de jeu. L’ajout de Kukoc, qui se montre particulièrement efficace en création derrière le numéro 23 et 33, pèse sur la balance. En plus d’être le meilleur rebondeur, Rodman est le général de la défense de la meilleure équipe de la ligue et fait bien souvent vivre un cauchemar à ses adversaires directs. Bref, les Bulls sont injouables.

Les Playoffs débutent et les Bulls occupent logiquement la première place de l’Est. Au premier tour, les Bulls infligent un sweep au Heat de Miami, Jordan affiche des moyennes de 30 points, 3.7 rebonds et 2.7 passes sur cette série. La demi-finale oppose Chicago aux New York Knicks, malgré ses 33 ans, MJ ne manque pas de rappeler que les Playoffs sont toujours son jardin. Lorsqu’il se retrouve opposé aux Knicks, il montre une véritable volonté de les annihiler. Preuve de cette volonté avec le premier match de la série durant lequel Jordan donne le ton d’emblée, avec 44 points. Les Knicks arrachent une victoire, mais s’inclinent 4-1 contre les Bulls qui filent en finales de Conférence. Ils retrouvent le Magic qui les ont éliminés la saison dernière, et Jordan n’a évidemment pas oublié cela. Résultat : un sweep violent, tellement violent qu’il incitera Shaq à quitter la Floride pour la Californie quelques semaines après.

Ça y est, les Bulls sont à nouveau en finales NBA. Jordan est revenu, car le basket lui manquait, mais aussi parce que son sens de la gagne, de la compétition, l’a rappelé sur le parquet. Il montre une nouvelle fois qu’il est le joueur de la décennie et que rien ne peut se mettre en travers de sa route. Toutefois, l’opposition des Supersonics de Seattle sera réelle. Les joueurs de George Karl, bien que dominés 3-0 dans la série ne se laisseront pas démonter et prendront les deux matchs suivants.

La série étant à 3-2 pour les Bulls, comme un symbole, le game 6 se déroule le jour de la fête des Pères. MJ le sait bien, l’émotion doit être immense pour lui. Tellement grande que Jordan passe à côté de son match (5-19 au shoot), mais finit tout de même meilleur scoreur de son équipe avec 22 points. Bien aidé par Pippen, Longley et Kukoc (qui se montre particulièrement clutch en toute fin de match), les Bulls l’emportent 87 à 75. Le buzzer retentit à peine que Jordan arrache le ballon et laisse exploser sa joie et son émotion, il se retrouve à terre, serrant la gonfle dans ses bras, éclatant en sanglots. Il faudra de longues minutes à Jordan entre le parquet et les vestiaires pour réussir à sécher ses larmes. Un temps nécessaire pour laisser redescendre ce mélange de tristesse profonde et de joie, mêlé à la fierté de ce que lui et ses coéquipiers ont accompli. 4e titre et 4e MVP des finales pour Mike.

La domination et le deuxième Three-Peat

Les deux saisons suivantes, Jordan aura successivement 34 et 35 ans. Il remportera le titre de MVP (son cinquième) lors de la saison 1997-98. Sur ces deux saisons, les Bulls terminent encore une fois avec le meilleur résultat de l’Est, avec un bilan de 69-13 sur la saison 1996-97 et de 62-20 sur la saison 1997-98. Ils affrontent deux fois d’affiliées le Jazz de Malone et Stockton en finales.

Concentrons-nous dans un premier temps sur la finale 1997. Le game 1 est l’occasion classer encore une fois une action du numéro 23 dans les moments « jordanesques » de l’histoire. Le score est de 82 partout, il reste quelques secondes à jouer, le ballon est dans les mains de Jordan qui se trouve face à Bryon Russell. Il enclenche un dribble, step back sur la gauche, Russell dans le vent, ficelle et victoire pour les Bulls sur un tir au buzzer de Jordan. La série est serrée et les stars répondent présentes à l’événement. À 2-2, le game 5 sera la scène de l’un des plus grands matchs de l’histoire des finales NBA.

Jordan arrive à la salle du Jazz dans un état douteux. Il affiche de la fièvre et ne semble vraiment pas dans son assiette. L’enjeu du match étant primordial, Michael décide tout de même d’enfiler ses sneakers et de jouer le match. À plusieurs reprises, on a eu l’impression que Mike allait tomber dans les vapes en allant s’asseoir sur sa chaise pendant les temps morts. Après une action clutch qui scellera le résultat du match, MJ doit être escorté par son buddy Pippen jusqu’à sa chaise, épuisé par le match. Les Bulls l’emportent et Jordan, malade, score 38 points en 44 minutes de jeu. Après un game 6 encore une fois serré et avec un Jordan dominant (39 points), les Bulls remportent la série 4-2. Jordan est une nouvelle fois élu MVP des finales avec des moyennes de 32.3 points, 7.0 rebonds et 6.0 passes.

Son 5e titre glané, avant le début de l’exercice 1997-98, Jordan annonce que cette saison sera sa dernière et qu’il prendra sa retraite après celle-ci. Après avoir réalisé un doublé, les Bulls se remettent à rêver d’un (deuxième) three-peat. La saison régulière gérée sans soucis, les taureaux retrouvent la jeune équipe des Nets au premier tour des Playoffs. Ils n’en feront qu’une bouchée (3-0) avec un Jordan stratosphérique à 36,3 points de moyenne et 52 % au shoot. Les demi-finales de Conférence opposent les Bulls aux Hornets, victoire 4-1 pour Windy City. L’équipe de Phil Jackson montre une défense imperméable, n’encaissant que 80.2 points par match sur la série.

Les finales de Conférence seront parmi les plus disputées pour les Bulls depuis au moins 5 ans. Les Pacers poussent Chicago dans leurs retranchements, forçant même un Game 7. Le match est serré et indécis jusqu’au bout, Jordan inscrit 28 points (9-25 au shoot). Le suspens est à son comble dans un 4e quart-temps très disputé. Mike marque alors 9 des 19 points de son équipe pour finalement s’imposer sur le score de 88 à 83.

Photo : ESPN

Pour la deuxième fois, les finales NBA opposent les Bulls aux joueurs de Salt Lake City. 6e finale pour Jordan qui a là la possibilité de faire partie d’un cercle de joueurs très fermé. His Airness est à l’époque déjà considéré comme le plus grand joueur de tous les temps, le plus talentueux et l’attaquant le plus létal de l’histoire de la NBA. Pourtant, ces finales seront le théâtre de la grandeur de Jordan, non seulement par rapport à son niveau de jeu compte-tenu de son âge, mais aussi par le scénario incroyable de cette série.

La barre des 100 points ne sera jamais dépassée, ce n’est pas l’attaque que l’on observe réellement au cours des matchs. Et pourtant, le numéro 23 survole la série (33.5 points, 4.0 rebonds et 2.3 passes) et nous offre l’une des actions les plus mythiques de l’histoire de notre sport lors du game 6. Alors que le Jazz mène de 3 points, Mike score et ramène les siens à 1 point d’Utah. Stockton passe la balle à Malone au poste, gardé par Rodman, il ne voit pas Jordan arriver dans son dos qui lui vole la balle des mains. MJ remonte le terrain, enclenche un dribble, toujours sur Russell, crossover, shoot ouvert à 6 mètres en tête de raquette, ficelle. Il reste 5 secondes à jouer. Le Jazz n’aura pas l’occasion de revenir. Les Bulls remportent leur 6e titre sur ce tir légendaire de Michael Jordan. 6es finales et 6e titre de MVP des finales pour lui.

Jordan prendra sa retraite avant de revenir en 2001, à l’âge de 38 ans, pour un ultime baroud d’honneur avec les Wizards. Vous savez, histoire de coller encore quelques belles performances et d’accrocher deux autres sélections au All-Star Game et finalement sceller la plus grande carrière d’un athlète dans un sport collectif.

D’un prodige exceptionnel à l’université, au statut de star montante dans les années 80, pour finalement devenir dans les années 90 ce formidable champion. Pendant cette période, Jordan a remporté 6 titres, 4 titres de MVP et 6 titres de MVP des finales. En 10 ans, il est nommé 7 fois All star et 7 fois meilleur scoreur de la ligue. Il devient la figure de la NBA et du basketball pendant son prime et pour les générations à venir.

MJ s’est fait une place parmi les plus grands compétiteurs de tous les temps et est devenu l’athlète le plus rentable en comptant tout le marketing qui a gravité autour de lui pendant sa carrière et encore aujourd’hui. Alors oui, Jordan a été le successeur de Magic et Bird. Et après sa retraite, et encore aujourd’hui, les joueurs de toutes les générations sont devenus les dignes héritiers de Jordan.

Photo : Walter Iooss Jr.

Commenter

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

En haut