NBA

De 2010 au licenciement de Beilein : la crise de Cleveland

Du 8 juillet 2010 avec « The Decision », à aujourd’hui avec le récent licenciement de John Beilein, Cleveland a vécu une décennie mouvementée et compliquée. Une dynamique qui ne semble pas prêt de s’arrêter de sitôt. Retour sur les années passées des Cavaliers.

2010 : « I’m going to take my talents to South Beach and join the Miami Heat »

Nous sommes à la Free Agency 2010, et LeBron James va annoncer « The Decision » à la télévision nationale. La ville de Cleveland est confiante, LeBron, l’enfant d’Akron va prolonger. Après une émission de 50 minutes, le King surprend toute la planète NBA.

Sans avoir prévenu personne, il annonce son départ avec une phrase qui deviendra mythique : « In this fall, i’m going to take my talent to South Beach, and join the Miami Heat ». Une phrase qui change beaucoup de destins. Suite à cela, beaucoup de critiques à l’encontre du natif de l’Ohio, des maillots brûlés, des menaces… LeBron a brisé le cœur des fans des Cavs.

2011 : La première reconstruction

Lors de la saison 2010-2011, les Cavaliers terminent leur saison avec 19 victoires pour 63 défaites. Cleveland se présente à la Draft avec les picks 1 et 4 au 1er tour. Ils sélectionnent Kyrie Irving et Tristan Thompson, respectivement.

Pour cause de lock-out, la saison 2011-2012 est écourtée et les Cavs finissent avec un bilan de 21 victoires pour 45 défaites. Kyrie Irving finit la saison avec 18.5 points et 5.4 passes par matchs. Il remportera logiquement le trophée du Rookie of the Year. Pour Tristan Thompson, c’est 8.2 points, 0.5 passes et 6.5 rebonds par matchs.

Photo : Mike Stobe/Getty Image

Saison 2013-2014 : Erreur de casting

Plus qu’une erreur de casting, une tâche dans l’histoire de Cleveland. A la Draft 2013, les Cleveland Cavaliers utilisent le 1er choix pour recruter Anthony Bennett. Les Cavaliers fondaient de grands espoirs en Bennett, mais il deviendra l’un des plus grands Busts de l’histoire. L’ailier fort terminera la saison avec 4.2 points par match, 0.3 passes et 3.0 rebonds. Il sera évincé de l’effectif dès la saison 2014-2015.

2014-2015 : Le retour du King

Le King revient dans l’Ohio, 4 années après son départ sous le feu des critiques. Il revient pour tenter de tenir sa promesse. Celle qu’il faite à Cleveland : gagner le titre. Accompagné de Kyrie Irving et Kevin Love, qui vient d’arriver en provenance du Minnesota, LeBron amènera – avec David Blatt, head coach de l’époque – Cleveland en Playoffs. Les Cavaliers terminent la saison avec un bilan de 53 victoires pour 29 défaites.

En Playoffs, les Cavs sweepent (4-0) les Celtics au 1er tour, puis battent 4-2 les Bulls au 2nd tour. Ils accèdent aux finales de Conférence et ne laissent aucune chance aux Hawks : 4-0. Les Finals opposent Cleveland et LeBron – qui devra composer sans Irving et Love, blessés – face à Golden State et Stephen Curry, MVP de la saison régulière.

Cleveland perd la série 2-4, sans faire mauvaise figure. Il était compliqué pour LeBron d’amener à la victoire finale une équipe sans ses meilleurs lieutenants, face à une équipe qui avait créé la surprise cette saison, avec les Splash Brothers.

Photo : Gregory Shamus/Getty Image

2015-2016 : « Cleveland, this is for you ! »

Après les déceptions de 2007 et 2015, LeBron se lance de nouveau dans la quête du Larry O’Brien Trophy. Cette saison, le King terminera avec 25.3 points par matchs, 6.8 passes et 7.4 rebonds. Toujours accompagné par Kyrie et ses 19.6 points par matchs, 4.7 passes et 3.0 rebonds. Sans oublier Kevin Love et ses 16.0 points, 2.4 passes et 9.9 rebonds.

Encore une fois, les Cavs passent la saison régulière avec plus de 55 victoires. 57 précisément, pour 25 défaites. Un mouvement majeur viendra tout de même secouer l’exercice : David Blatt est remplacé par Tyronn Lue au coaching en milieu de saison.

En Playoffs, tout se passe bien du côté de l’Ohio avec deux sweeps d’affilés, face aux Pistons et une nouvelle fois aux Hawks. Les finales de Conférence les opposent aux Raptors. LeBron et son équipe en viennent à bout en 6 matchs.

Les Finals opposent encore une fois Cleveland et Golden State. Contrairement à l’année précédente, les deux effectifs sont au complet. Les deux premiers matchs sont remportés par l’équipe de la Baie de San Francisco, malgré les efforts de Kyrie Irving et Kevin Love, qui terminent respectivement meilleur scoreur et meilleur rebondeur du 1er match, avec 26 points et 13 rebonds. Le troisième match est remporté par les Cavaliers et le 4e par les Warriors. A partir de là, LeBron deviendra injouable. Il enchaîne deux performances à 41 points dans les games 5 et 6, ramenant ainsi la série à 3-3. Game 7, les Warriors ont perdu les deux dernières rencontre. La probabilité qu’ils en perdent un 3e d’affilé augmente.

Le score est de 89 à 89. Alors qu’Andre Iguodala approche du panier pour donner l’avantage aux siens, James surgit de nul part pour le contrer. “The Block” entrera alors dans les livres d’histoire. Même si il n’a pas été élu MVP des finales, c’est bel et bien Kyrie Irving qui scellera l’issue de la rencontre. Avec 1 seule passe, mais surtout 26 points, il marquera un 3 points légendaire à 40 secondes de la fin. Dans ces cas-là, une image vaut mille mots :

Le buzzer indiquant la fin du match retentit, et c’est l’explosion. C’est une victoire pour les Cavaliers, qui remportent le 1er titre de leur histoire. Mais ça l’est aussi pour tout Cleveland, qui remporte un titre sportif après 50 années de disette. LeBron s’effondre en larmes au milieu du parquet. Son cri retentit dans tout l’Ohio : « Cleveland, this is for you! ». Il a tenu sa promesse, la promesse.

2016-2017 : Objectif back-to-back

Après l’euphorie de l’été, les Cavaliers retournent sur les parquets avec l’objectif de réaliser le back-to-back, gagner 2 titres d’affilée. Toujours sous Tyronn Lue, Cleveland termine sa saison régulière avec un bilan de 51 victoires pour 31 défaites. Pour la première fois depuis 2 ans, les Cavs ne terminent pas 1er de la Conférence Est. Ils sont devancés par les Boston Celtics, avec deux victoires de plus.

Cleveland réactive le mode Playoffs et passent les Pacers et les Raptors sur le même score : 4-0. En finales de Conférence, ils retrouvent les Celtics pour un duel entre 1ers et 2e. Les coéquipiers d’Isaiah Thomas s’inclinent 4-1, en faisant bonne figure face à LeBron qui domine la série. Il est 3 fois le meilleur scoreur du match, tandis que c’est à Kyrie Irving que revient cet honneur sur les deux rencontres restantes.

Les retrouvailles entre Golden State et Cleveland en Finals n’étonnent plus personne. Mais cette fois, il y a une différence considérable du côté des Warriors : l’ajout de Kevin Durant, l’un des meilleurs joueurs de la NBA. La série se termine sur le score de 4-1, dominée par Golden State. Durant ajoute un premier trophée MVP des Finales à son palmarès. A noter : LeBron a termine le Game 4 en triple double. Kyrie Irving termine à 40 points sur ce même match, gagné par l’équipe de l’Ohio.

Photo : Gregory Shamus/pool photo-USA TODAY Sports

2017-2018 : Année compliquée

« Kyrie Irving ne veut plus être le lieutenant de LeBron, c’est pour ça qu’il a demandé son trade ». L’été fut mouvementé à Cleveland. Koby Altman, nouveau General Manager de la franchise, a dû faire quelques modifications. Au centre de l’attention, un blockbuster trade : Kyrie Irving demande son transfert, et est envoyé à Boston en échange d’Isaiah Thomas.

LeBron n’est pas seul. L’ajout de Derrick Rose et de Dwyane Wade fait parler lui aussi. Pour Thomas, une blessure à la hanche vient gâcher sa saison – et ses années futures aussi, malheureusement. Rose, le MVP 2011, réussira un bon début de saison avant une blessure, qui le poussera à réfléchir à une possible retraite, lassé par les blessures. Le vestiaire des Cavs est donc continuellement mouvementé – avec en plus, l’absence médicale de Lue du 19 mars au 3 avril. LeBron, toujours accompagné par Love, réussira encore a amener Cleveland en Playoffs, à la 4ème position à l’Est, avec un bilan de 50 victoires pour 32 défaites.

Le premier tour de post-season s’annonce difficile pour les Cavs, qui terminent la série sur le fil. Les Pacers poussent LeBron James dans ses retranchements mais s’écrasent face au roi dans le dernier virage : 4-3. Le second tour n’est qu’une formalité pour les Cavaliers, ils accèdent aux finales de conférence en battant les Raptors en 4 matchs. Nouvel affrontement entre Cleveland et Boston, mais sans Gordon Hayward – blessé face aux Cavs lors du 1er match de saison régulière – et sans Kyrie Irving, blessé lui aussi. Ces blessures n’empêchent pas les Celtics des jeunes Jayson Tatum et Jaylen Brown de prolonger la série jusqu’au 7e match. Mais les Cavaliers, plus expérimentés, finissent par s’imposer sur la série.

LeBron et Love retrouvent Curry, Durant, Thompson et Green en Finals. Cette année sera l’année du deuxième sweep de LeBron en finales – après l’échec de 2007 face aux Spurs. Golden State était au-dessus sur la série et l’effectif des Cavs sortait d’une série difficile face aux Celtics. Les Warriors ne laisseront aucune chance à leurs adversaires.

Photo : Ezra Shaw/Getty Images

2018-2019 : LeBron quitte une nouvelle fois Cleveland

Le King part une nouvelle fois, cette fois-ci pour Los Angeles. Il rejoint une équipe des Lakers en difficulté. Le départ est moins douloureux pour Cleveland, car le King a réussi a gagner le titre, contrairement à 2010. Les Cavaliers sont tout de même entre de bonnes mains, Kevin Love est toujours là, Tristan Thompson aussi. De grands espoirs sont fondés en l’ailier macédonien Cedi Osman et en Collin Sexton, meneur drafté en 8e position cette année-là.

Cleveland est donc une nouvelle fois en reconstruction, et débute sa saison en connaissant déjà sa fin : tanker pour aller chercher un haut pick de draft, tout en développant ses jeunes pousses. Tout ne se passe pas comme prévu dans l’Ohio, puisque Tyronn Lue est renvoyé au bout de six petits matchs, il sera remplacé par Larry Drew jusqu’à la fin de la saison.

La sérénité des Cavaliers sera troublée à plusieurs reprises, notamment par des trades. A la trade deadline, Rodney Hood part à Portland en échange de Nik Stauskas et deux seconds tours de Draft. Stauskas sera d’ailleurs transféré 3 jours plus tard. Alec Burks quittera lui aussi l’Ohio. Cleveland terminera la saison en dessous des 20 victoires, avec un bilan de 19-63.

Photo : Gregory Shamus/Getty Images

2019 – 2020 : Garder espoir, le mot d’ordre

Après une saison compliquée, Cleveland se présente à la draft avec trois choix au 1er tour : le 4e, le 26e et le 30e. Ils obtiendront respectivement Darius Garland, Dylan Windler et Kevin Porter JR. Ces jeunes seront coachés par John Beilein, qui vient faire sa première saison en NBA, après plus de 10 saisons chez les Michigan Wolverines en NCAA.

Le plan de développement de Cleveland, basé sur celui de Portland, semble le bon à adopter. Sauf que la saison ne se passe pas sans embûches. Kevin Love veut quitter les Cavs, il veut jouer pour une équipe qui joue les Playoffs. C’est la première histoire qui sort du vestiaire de Cleveland. Love ne supporte d’ailleurs plus Collin Sexton, et l’a bien montré lors d’un match face à Denver, et lors d’une discussion avec Koby Altman. Depuis il s’est excusé sur son attitude, mais continue de chercher une porte de sortie.

Deuxième histoire : certains joueurs ne supportent plus John Beilein et ses séances vidéos. Ils font pression pour le voir quitter le navire. Tristan Thompson prend la parole et « veut trouver qui a dit ça, car ça doit rester en interne ». Des rumeurs sont portées sur Collin Sexton notamment, qui serait leader du mouvement.

Troisième et dernière histoire : John Beilein traite ses joueurs de “thugs“, qui a évidemment une connotation négative. Il s’en excuse devant ses joueurs qui, pour se moquer du de Beilein, passent une playlist de musiques où l’on entend ce même mot. L’autorité du coach ne vacille plus, elle s’effondre.

Photo : Rob Carr/Getty Images

Toutes ces histoires sont suivies du trade de Jordan Clarkson à Utah, mais surtout d’un autre « blockbuster trade » à la trade deadline. Andre Drummond rejoint l’Ohio en échange de Brandon Knight, John Henson et un second tour de draft.

S’ensuit un autre mouvement, cette fois-ci plus critiqué : le 20 février, John Beilein est licencié – il sera nommé conseiller pour la Draft à venir – remplacé par son adjoint JB Bickerstaff. Le bilan de Beilein se termine sur 14 victoires pour 40 défaites.

Aujourd’hui, Cleveland pointe à la 14e place de la Conférence Est avec un bilan de 17-45. La situation reste tendue à Cleveland. Car, même si Koby Altman semble prendre de bonnes décisions, Dan Gilbert est toujours autant présent, et pose problème chaque saison. Le plan de développement ne se passe pas comme prévu, et des cadres du vestiaire veulent partir. Les Cavaliers sont l’une des équipes qui sont attendues parmi les plus actives cet été. On espère retrouver une équipe de Cleveland qui gagne, sans son King.

Photo : Ezra Shaw/Getty Images

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