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Paige Bueckers : « Pourquoi moi ? »

Deux mots : « Pourquoi moi ? ». Voilà la réponse de Bueckers lorsqu’elle a appris qu’elle deviendrait la première joueuse de High school de l’histoire à faire la couverture de Slam magazine. Pourtant, la jeune athlète n’en est pas à son premier succès. Loin de là. Mais qui est Paige Bueckers, la joueuse la plus talentueuse de sa génération ?

À seulement 18 ans, Paige est une basketteuse qui sort de l’ordinaire. Championne et MVP de la Coupe du Monde en 2019, elle est nommée USA Basketball Female of the Year cette même année. Avec son lycée, elle remporte le championnat d’État et se fait une place dans la Naismith High School All-America Team ainsi qu’au prestigieux McDonald’s All American Game.

Celle que son équipe surnommait « Olive Oyl » — pour sa silhouette mince et élancée — a reçu tous les honneurs dont un lycéen pourrait rêver. Et pourtant, lorsque Ryne Nelson la contacte pour faire la une du très réputé Slam magazine, elle n’arrive pas à y croire. « Compte tenu de toutes les personnes qui ont été [sur la couverture], je me suis demandé : Pourquoi moi ? », confesse-t-elle au journaliste en riant. Sur la couverture, sa photo, accompagnée d’un titre édifiant, éclipse les noms de LeBron James, Fred VanVleet, Ben Simmons et Zach LaVine.

Photo : Matthew Coughlin/Slam magazine

C’est bien la première fois qu’une joueuse de lycée suscite tant d’excitation. Mais c’est également la première fois que l’on voit une athlète de 18 ans atteindre un tel niveau d’excellence. Depuis son arrivée, son équipe compile 149 victoires pour seulement 8 défaites. Ses statistiques sur la saison 2019-20 ? 21.1 points, 9.1 passes, 4.6 rebonds et 5.4 interceptions par match. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À ce stade, décrire Bueckers comme « la joueuse la plus talentueuse de sa génération » tient presque de l’euphémisme.

Et à quiconque la pense « surcotée », elle sait quoi répondre. Le 31 janvier, alors que le lycée Hopkins affrontait le lycée Wayzata, une poignée d’élèves s’amusent à chanter « overrated » à l’attention de la star locale. Ce jour-là, Paige marquera 43 points — son record personnel — pour taire la foule, atteignant ainsi la barre des 2000 points en carrière.

Mais les chiffres ne sauraient pas, à eux seuls, rendre compte de la réalité du terrain. La hype s’attache aussi au style de jeu haut en couleur qu’est celui de la l’étoile montante du Minnesota. Un conseil : si votre coach vous annonce que vous êtes chargé de défendre sur Paige Bueckers, pensez à prendre une attelle de cheville avec vos Jordans préférées. Rapidité, adresse, finition et — surtout — handle, elle a toutes les qualités pour devenir une grande meneuse. Son entraîneur, Brian Cosgriff, aime d’ailleurs la comparer à Pete Maravich, un des attaquants les plus créatifs de l’histoire de la NBA.

Cependant, Bueckers est plus souvent comparée à une autre joueuse : Diana Taurasi, l’une des trois athlètes dont elle s’inspire, avec Sue Bird et Kyrie Irving. « J’admire sa passion et son esprit de compétition », explique-t-elle à propos de la légende de la WNBA. « Dans tout ce que je fais, j’essaie de gagner et d’être la meilleure. La regarder, voir ce qu’elle fait sur et en dehors du terrain est incroyable ». Bueckers, qui a choisi l’Université du Connecticut dans laquelle Taurasi a évolué avant elle, marche sur les traces de son modèle.

« Paige est ce qu’on a vu de plus proche de Taurasi depuis Taurasi elle-même. Elle est si douée que ça, » raconte Kara Lawson, légende de la WNBA et coach de la Team USA 3×3 dont fait partie Bueckers. « Elle a encore du chemin à faire avant d’atteindre le statut de Diana, qui est considérée par beaucoup comme la meilleure joueuse de l’histoire, mais j’ai vu très peu de joueuses comme Paige. »

Sa relation privilégiée avec Geno Auriemma aura probablement guidé la jeune athlète dans son choix. En effet, le coach en chef des UConn Huskies se déplaçait en personne pour rencontrer Bueckers là où les autres gros programmes universitaires n’envoyaient que des assistants. Mais le prestige de cette équipe, qui a notamment vu passer Rebecca Lobo, Sue Bird et Breanna Stewart, a évidemment joué en sa faveur. La saison prochaine, c’est à un tout autre niveau qu’elle devra faire ses preuves. Une fois entourée de coéquipiers de son calibre, les attentes ne seront plus les mêmes.

Paige porte déjà un très lourd fardeau : elle est celle qui doit rétablir la domination de l’une des plus grandes dynasties de l’histoire du sport. En effet, si UConn n’a pas manqué un seul Final Four depuis 2008, elle n’a pas non plus ajouté de nouveau trophée à sa collection depuis sa série de quatre titres de champions de 2013 à 2016. Cette équipe pourtant si proche du sommet n’est plus ce qu’elle était, et il incombe à cette nouvelle star de redorer le blason de sa nouvelle université. Voilà le prochain challenge de Paige Bueckers.

Photo : Matthew Coughlin/Slam magazine

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