WNBA

Un grand pas en avant : Nouvelle convention collective en WNBA

Tournant majeur dans l’histoire du basketball féminin : la WNBA et l’association des joueurs se sont accordées sur une nouvelle convention collective qui devrait changer la dynamique de la ligue féminine. Dans les grandes lignes, cet accord consiste principalement en une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de maternité chez les joueuses. La Commissioner Cathy Engelbert a choisi de « parier sur les femmes ».

La question des salaires trop faibles et des prestations de maternité limitées, voire inexistantes, était au cœur du débat ce mardi. La WNBA envoie un message clair : c’est en ses athlètes qu’elle place sa confiance.

Cette nouvelle convention, qui n’attend plus que la ratification des joueuses et des propriétaires, aura pour conséquence une augmentation du salaire moyen à 130,000$. Ce montant atteindra donc six chiffres pour la première fois de l’histoire de ligue tandis que le maximum salarial sera désormais fixé à 215,000$ – presque 100,000$ de plus que la saison dernière. Les stars de la ligue pourront gagner jusqu’à un demi-million de dollars par saison avec toutes les compensations et bonus, soit approximativement trois fois plus qu’en 2019.

« Nous avons plusieurs mères dans la ligue. Des joueuses nous ont parlé de ce dont elles ont réalisé qu’elles avaient besoin pendant qu’elles jouaient ».

Nneka Ogwumike, présidente de l’association des joueuses et star des Sparks de Los Angeles.

Pour les mères, l’accord permettra également des congés maternité rémunérés, un espace dédié à l’allaitement dans les salles ainsi qu’une compensation de 5,000$ pour la garde d’enfants. Après plusieurs années dans la ligue, les joueuses seront également en mesure d’obtenir un remboursement de 60,000$ maximum pour les coûts directement liés à l’adoption, à la maternité de substitution, à la congélation des œufs et au traitement de fertilité.

Les Sparks de Los Angeles et leur leader Nneka Ogwumike, à gauche. (Photo : Jessica Hill/Associated Press)

Évidemment, la convention n’est pas à sens unique. En échange de l’effort financier fait par la WNBA, les joueuses devront se concentrer d’autant plus sur la ligue nord-américaine. Ne jouant que 34 matchs par saison, la plupart d’entre elles passent en effet le reste de l’année outre-Atlantique, dans d’autres ligues. Désormais, toutes les joueuses auront l’obligation se présenter dès le début des training camps, sans retard possible. Leurs activités hors WNBA passeront donc au second plan.

« Nous sommes si fiers des joueuses et de leur capacité à s’unir autour des questions importantes pour elles. Elles ont négocié dur, nous nous sommes réunis, nous avons collaboré et nous avons trouvé ce que nous pensons être un accord révolutionnaire qui soutiendra ces joueuses sur le long terme et la prochaine génération de joueuses. », Cathy Engelbert.

Au-delà de l’aspect économique, l’accord apporte également son lot de nouveautés sur le plan sportif. Les athlètes joueront désormais 2 matchs de plus par saison, pour un total de 36, mais la grande grande nouvelle est bien sûr l’introduction de la « Commisionner’s Cup ». Désormais, certains matchs de saison régulière seront disputés dans le cadre spécifique de la coupe. Les deux équipes avec le plus de victoires s’affronteront en finale pour remporter la coupe et une récompense financière.

Ces nouveaux changements dans la ligue féminine dépassent de loin le cadre du basket. Le problème de la rémunération des femmes dans le sport s’entend à l’ensemble des disciplines et de nombreux progrès ont déjà été réalisés ces dernières années. Dans une société dans laquelle les revendications des femmes deviennent de plus en plus importantes, cette nouvelle convention représente un pas supplémentaire vers l’égalité des sexes.

Autres termes importants de l’accord :

Un minimum de 1,6 million de dollars investis dans le marketing de la ligue et des équipes hors saison, qui mettrait en avant les meilleures performances et la diversité de la WNBA. Ces accords de marketing pourraient générer jusqu’à 300,000$ par an pour certaines athlètes.

Partage des revenus à 50-50 (précédemment 80-20 ou 70-30) entre les joueuses et les équipes à partir de la saison 2021. Une condition a néanmoins été fixée : les objectifs de croissance des revenus de la ligue devront être atteints, notamment grâce aux accords de diffusion, aux partenariats marketing et aux accords de licence.

Possibilité de devenir agent libre non restreint un an plus tôt, soit après 5 ans d’expérience dans la ligue au lieu de 6.

Des places en première classe ou Economy Plus pour les voyages en avion en saison régulière et une chambre individuelle lors des déplacements.

Photo : Patrick Semansky/Associated Press

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