FIBA

France – Espagne 2013 : les yeux dans les Bleus de Tony Parker

Photo : Jure Makovec/AFP

Mardi dernier, les San Antonio Spurs ont retiré le maillot de leur meneur historique : Tony Parker. L’occasion de se rappeler de l’une de ses performances les plus marquantes avec l’Équipe de France contre l’Espagne en demi-finale de l’Euro 2013.

Le prestige d’une carrière NBA est inestimable, mais les victoires avec le maillot de son pays ont une saveur à part. L’équipe nationale a une place très particulière pour TP. Avec un dossard de meilleur joueur de l’histoire française parfois lourd à porter, il s’est donné pour mission de ramener un titre en sélection avant de tirer sa révérence. En effet, les Bleus n’ont encore jamais remporté de compétition internationale, la pression et les attentes sont donc énormes sur le meneur tricolore.

Septembre 2013. Les hommes de Vincent Collet déposent leurs valises en Slovénie. Les Français sortent des deux premiers tours hésitants. Les trois défaites contre l’Allemagne, la Lituanie et la Serbie mettent en avant un manque de mobilité du secteur intérieur et de constance en attaque. Qualifiés en quart de finale, ils rencontrent les Slovènes de Goran Dragic, hôtes de la compétition. La victoire est assurée 72 à 62 grâce à une nette domination au rebond et 27 points de Parker. 

La sentence tombe, il faudra passer par les Espagnols en demi-finale pour espérer rejoindre le dernier round. La Roja et les Bleus, c’est une rivalité de longue date. Leur dernière rencontre ? La finale de l’Euro 2011, synonyme de défaite pour les Français, 98 à 85. Une désillusion pour Tony et les siens qui touchaient leur premier trophée du bout des doigts.

Nous sommes le 20 septembre 2013. Le groupe tricolore aborde cette demi-finale avec une forte envie de revanche. Pau Gasol, Juan Carlos Navarro, Ian Mahinmi, Joakim Noah… D’un côté et de l’autre, des intérieurs manquent à l’appel. Dès les premières minutes, les défenses sont très resserrées. Dos à dos à la sortie du premier quart-temps (18-18), les Bleus vont complètement lâcher prise avant la mi-temps. Ils se verront infliger un violent 16-2 dans le deuxième quart avec une attaque complètement en panne et une disette offensive de sept longues minutes. Seul Tony tient la marée et inscrit 14 des 20 points français, à 7/9 au shoot.

Ils semblent tétanisés devant les Espagnols, leurs 11 ballons perdus en première mi-temps le montrent. La peur d’échouer une nouvelle fois devant la muraille jaune et rouge est trop forte. Têtes baissées, les Bleus rentrent au vestiaire défaits ; 34-20 au tableau d’affichage. Mené de 14 points, Parker est dos au mur. Il est le seul à pouvoir renverser la vapeur et remotiver ses troupes. Ce qui se passe ensuite fait maintenant parti des plus grands moments du sport français. Un coup de gueule mémorable dans le vestiaire du numéro 9, juste avant la reprise.

Les mots de Tony Parker à la mi-temps de France – Espagne pendant l’Euro 2013.  (Source : Canal +)

« Ils nous dominent parce qu’ils pensent qu’on est de la merde. Ça se voit dans leur visage, ils nous prennent pour de la merde. » Leader assumé, il cherche à piquer l’ego de ses coéquipiers pour donner au groupe un second souffle. 

« Je m’en fous de ce qui arrive en deuxième mi-temps, au moins on joue avec notre fierté », ajoute-t-il devant les caméras. Les Bleus reviennent la tête haute sur le parquet. La partition n’est alors plus la même. La défense tricolore se resserre et ils n’encaissent qu’un seul point en cinq minutes de jeu. L’adresse revient derrière l’arc avec des shoots bien sentis d’Antoine Diot et Mickaël Gelabale. De Colo et Diaw font ficelle à leur tour pour revenir à 6 longueurs de l’Espagne à la fin du troisième quart : 49-43. Le jeu devient de plus en plus physique dans le dernier virage. Après avoir recollé au score, Parker trouve la cible à 3 points et donne l’avantage aux Bleus, 64-63.

Malgré des balles de match de chaque côté, les deux équipes se quittent sur un score de parité : 65-65. Overtime. Tony vient d’inscrire 28 points. Diaw souffre pendant cette prolongation face à Marc Gasol, le défenseur de l’année en titre. Avec ses 5 fautes, il est contraint de rejoindre le banc. L’horloge annonce deux minutes à jouer, la France est -2. Ajinça égalise suite à une interception de Nicolas Batum. Très ciblé par les fautes espagnoles, le numéro 9 viendra par deux fois sur la ligne des lancers francs dans le money time. Il sanctionne immédiatement, 71-67 pour les Bleus. La Roja se débat et revient à un point dans la dernière minute grâce à Rodriguez, 73-72. C’est finalement Antoine Diot qui finira le travail et ne tremblera pas au moment d’inscrire les derniers lancers tricolores.

Cocorico ! La France exulte. L’exploit est immense. Ils ne s’en rendent pas encore compte mais ce groupe vient de réaliser la mi-temps la plus marquante de l’histoire du basket-ball français. Parker termine avec 32 points et un 11/19 au shoot face à Rubio et Calderón qui n’ont jamais su le contenir. Le triple champion NBA fait grimper sa nation en finale pour la deuxième fois d’affilée.

Vincent Collet confie après le match : « Quand ça finit comme ça, on en rêverait presque. Alors que c’était presque un cauchemar en première mi-temps, on a tenu par la grâce de Tony. » Une victoire miraculeuse que le MVP du tournoi qualifie comme : « Le plus grand moment de ma carrière en équipe de France ». Les Bleus s’imposent quelques jours plus tard en finale contre la Lituanie et deviennent champions d’Europe pour la première fois de l’histoire.

Il est impossible de dissocier le succès de Tony Parker de son parcours en sélection. Ce match très spécial a révélé aux yeux de tous sa force de caractère, son leadership et son amour du maillot bleu-blanc-rouge. Un moment unique.

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