NBA

Preview 2019-20 : Washington Wizards

Vous en avez pris l’habitude depuis quelques jours maintenant, retrouvez votre rendez-vous quotidien sur L’Analyste pour les previews de la saison 2019-20. Aujourd’hui, c’est au tour des hommes de la capitale d’être scrutés sous toutes les coutures. Nous reviendrons ensemble sur l’intersaison, et nous essaierons d’analyser les forces et faiblesses, l’objectif et le projet des Wizards pour cette nouvelle saison. Rentrons immédiatement dans le vif du sujet avec la preview des Washington Wizards pour la saison 2019-2020.

Désillusion générale

Bilan de la saison précédente : 32-50 (11e de la Conférence Est)

Cette saison a été extrêmement difficile pour les joueurs de Washington. Le début de campagne est catastrophique pour les Wizards. Très vite distancés par les cadors de la conférence Est, les premières tensions semblent apparaître entre les deux superstars que sont John Wall et Bradley Beal. La cohésion collective se délite de match en match, et Washington arrive à Noël avec seulement 11 victoires. Le management sent bien que cette équipe ne va nulle part, et souhaite repartir sur une feuille blanche. Mais la grave blessure de Wall viendra contrarier leur plan de transfert. Bradley Beal prend alors l’équipe sous son aile, et sortira ses meilleures moyennes en carrière au scoring, au rebond et à la passe. Malgré l’énorme saison individuelle du numéro 3 des Wiz’, il ne réussira pas à fédérer tout autour de lui et les résultats seront irréguliers. Avec la deuxième plus mauvaise défense de la ligue en encaissant près de 117 points par rencontre, il est difficile de gagner régulièrement les rencontres. Thomas Bryant sera une des rares satisfactions de la régulière. Il tournera en 10,5 points et presque 7 rebonds en 21 minutes, des moyennes encourageantes. Mais tous cela n’est guère suffisant, et les sorciers termineront seulement à la onzième place de la Conférence Est.

Ils sont arrivés : Rui Hachimura (Draft), Ish Smith, Isaiah Thomas, CJ Miles, Garrison Mathews, Isaac Bonga, Jemerrio Jones, Moritz Wagner, Admiral Schofield (Draft), Justin Robinson.

Prolongation : Thomas Bryant

Ils sont partis : Jeff Green, Tomas Satoransky, Dwight Howard, Jabari Parker, Bobby Portis, Devin Robinson, Sam Dekker, Trevor Ariza.

Les instances de la franchise ont connu de nombreux changements pour débuter l’été. Ernie Grunfeld remercié, c’est son ancien adjoint Tommy Shepard qui enfile le costume de General Manager. Beaucoup de mouvement durant cette intersaison, on ne compte pas moins de onze arrivées et neuf départs. Première observation, nous constatons un rajeunissement important de l’effectif. D’abord avec la Draft du Japonais Rui Hachimura qu’on a pu voir évoluer cet été à la coupe du monde. Les Wizards accumulent les assets et participent à l’échange d’Anthony Davis au Lakers. Los Angeles ayant besoin d’un maximum de flexibilité en vue de la free agency, ils envoient Isaac Bonga, Moritz Wagner et Jemerrio Jones à Washington. Mais des vétérans viennent également garnir les rangs de la franchise durant cette intersaison. En effet, Ish Smith, Isaiah Thomas et CJ Miles intègrent eux-aussi le roster en échange de Dwight Howard.

Un été décevant

Source : Basketball Insiders

Situation à la Draft 2020 : 1er tour de Draft et deux 2nds tour protégés (Bulls et Grizzlies en fonction des places de chacun)

Le potentiel 5 majeur :

– PG : Ish Smith
– SG : Bradley Beal
– SF : Rui Hachimura
– PF : Davis Bertans
– C : Thomas Bryant

Un été compliqué pour la franchise de la capitale. Entre la mise en place d’un « nouveau » management, les rumeurs de départ de Bradley Beal à la suite de sa non-prolongation contractuelle, la blessure de John Wall pour toute la saison et un salary cap qui ne permet pas le moindre renfort de choix, Tommy Shepard, le nouveau Général Manager, a du bricoler au mieux pour rendre son équipe compétitive.

Evolution de la franchise. Il est loin le temps où les Wizards dominaient la conférence Est. 2 saisons après leur belle saison 2016-2017, la franchise donne l’impression de ne plus avancer, et renvoie même le sentiment qu’elle régresse d’année en année. Comment redonner vie à un bolide en totale perte de vitesse ?

Du shoot, du shoot, et encore du shoot. Lors de la saison 2018-2019 Washington disposait du 26ème pourcentage de la ligue en tir à 3 points. Il fallait donc renforcer ce secteur défaillant, surtout en NBA, dans laquelle l’arme absolue est le tir primé. Ce sont donc trois joueurs qui tournent à plus de 36 % en carrière sur d’assez grands volume, qui viennent renforcer l’effectif dans ce secteur de jeu. D’abord Isaiah Thomas, en espérant que les dieux du basket lui permettent cette année de retrouver la santé, reste un bon shooteur avec 36% en carrière, capable de tirer d’un peu n’importe où, en sortie de dribble ou pull-up. CJ Miles, reconnu comme un 3&D depuis de nombreuses années, va apporter sa qualité de tireur dans un autre registre que celui d’I.T, notamment en catch and shoot en sortie de système. Davis Bertans possède un profil similaire à Miles, sur un poste 4-5 fuyant, qui permet d’étirer le plus possible les défenses adverses. L’ex Spurs sort d’une saison à 43 % derrière l’arc, il est considéré comme un des meilleurs snipers de 2018-2019 à son poste. Si le rookie Schofield arrive à se faire une place dans la rotation, il pourra lui aussi amener ses qualités de shoot entraperçues à l’université.

Bradley Beal est toujours un sorcier. C’est une accroche assez bateau me direz-vous, mais qui faut impérativement souligner. En effet, avec son refus de prolonger avec la franchise, les rumeurs vont bon train Outre-Atlantique et prédisent un départ de la star durant la saison. Mais pour le moment, l’arrière est toujours un joueur des Wizards, et il vient de réaliser sa meilleure saison en carrière sur le plan statistique. Il a prouvé qu’il pouvait être le patron de l’attaque de cette équipe, et qu’il est sans doute l’un des cinq meilleurs arrières de la ligue. Même si la situation semble loin d’être claire, il reste préférable de garder son franchise player au sein de l’effectif pour démarrer la saison. Grâce à son talent, il peut porter l’attaque de Washington presque tout seul, et quand vous disposez d’un joueur de ce talent dans votre équipe, cela peut vous aider à garder la tête hors de l’eau.

Cap sur la jeunesse. Quand on regarde l’orientation prise par la franchise cet été, on comprend aisément que son objectif est de miser sur le long terme. Ce ne sont pas moins de 5 joueurs de moins de 25 ans qui viennent s’ajouter au roster. D’abord, la Draft de Rui Hachimura. L’ailier Japonais, que nous avons pu découvrir lors de la coupe du monde en Chine, impressionne par ses qualités physiques et athlétiques. Belles capacités de drive, un handle intéressant, capacité à prendre le contact et de finir près du cercle, bonne qualité de finition, va pouvoir contribuer assez vite malgré les quelques faiblesses dans son jeu. Le jeune Rui va devoir travailler son shoot. Il tourne à 35% à l’université, mais sur un faible volume. Dans la NBA moderne, c’est un aspect du jeu qu’il faut à tout prix travailler. Il devra également travailler sa vision du jeu encore irrégulière pour devenir le parfait morphotype de l’ailier NBA. Mais ce n’est pas le seul rookie de ce roster. Grâce à un trade avec les Sixers, c’est l’arrière Admiral Schofield qui intègre l’effectif et qui va apporter ses qualités de shooteur. L’ancien de Tennessee sort d’une saison à plus de 40% derrière l’arc sur 5 tentatives par match. Avec le trade à trois équipes organisé par les Lakers pour récupérer d’Anthony Davis, Washington a pu mettre la main sur trois joueurs de la cité des Anges. Ce sont Moritz Wagner, un intérieur capable de s’écarter, Isaac Bonga, un meneur de grande taille, et Jemerrio Jones, un ailier rebondeur, qui débarquent au Wizards. Des joueurs talentueux qui ont très peu joué avec les Lakers l’an passé et que Scott Brooks devra développer, en revenant vers ses années de coach formateur dans l’Oklahoma.

Les hghlights de Rui Hachimura pendant la coupe du monde
(Source : YouTube/chaîne FIBA)

Un avenir flou et incertain

Une franchise sans véritable projet. Quand un nouveau management s’installe en NBA, c’est souvent synonyme de changement pour une franchise. Mais ici, on change dans la continuité avec Tommy Shepard. Quand on analyse le premier été de la nouvelle direction, on observe un rajeunissement en profondeur de l’effectif. Une moyenne d’âge d’environ 24 ans cette saison contre presque 28 ans la saison passée, un signal peu encourageant envoyé à Bradley Beal. Pour lui qui va bientôt entrer dans son prime, voir un effectif aussi jeune se construire ne doit pas l’inciter à rester dans la capitale. C’est donc normal de s’interroger sur ce nouveau projet : quel est l’objectif ? Celui d’une équipe qui doit jouer les trouble-fêtes dans la Conférence Est et d’aller le plus loin possible ? Ou celui de reconstruire à zéro et de repartir sur une feuille blanche ? … Cet été semble être un début d’élément de réponse, et la franchise semble repartir sur une reconstruction totale de son effectif. Mais tant que Beal est dans l’équipe, la franchise est assise entre deux chaises. En effet, sur le papier, l’effectif semble bien trop court pour prétendre à une place en Playoffs, mais dispose de trop de qualités pour se voir attribuer une bonne place le soir de la Draft. Sacré dilemme.

L’attaque c’est bien, défendre c’est mieux. Si l’attaque a été renforcée, notamment sur le shoot extérieur, la défense reste le point faible de cette équipe. L’an dernier, Washington encaissait près de 117 points par rencontre, ce qui en faisait l’une des plus mauvaises de toute la ligue. Les départs de Jeff Green, Trevor Ariza et Bobby Portis reconnus comme des défenseurs corrects ne pourront qu’aggraver le problème. Car aucune des recrues ne vient renforcer ce domaine chez les Wizards. Ish Smith et Isaiah Thomas sont de bons attaquants, mais ils ne font pas preuve du même talent de l’autre côté du terrain. Davis Bertans a des aptitudes, mais montre trop d’irrégularité dans ce domaine. Les rookies et les jeunes joueurs peuvent amener de la défense, cela reste néanmoins bien trop hypothétique pour espérer de très grandes choses de leurs part avant le début de la saison régulière. On espère que le coffre de la Capital One Arena est suffisamment grand pour accueillir les possibles valises à venir durant cette saison.

Un effectif pauvre et limité. L’une des faiblesses des Wizards cette saison va être la qualité et la profondeur de son effectif. Si beaucoup de jeunes joueurs sont arrivés, ils ne disposent pas tous du même talent à développer. La différence peut très vite se faire sentir au cours de la saison. L’écart de niveau entre le 5 majeur et les remplaçants est énorme : les Wizards passeront d’un cinq potentiel Smith – Beal – Hachimura – Bertans – Bryant à une équipe composée de Thomas – Mac Rae – Miles – Wagner – Mahinmi. Tout en espérant que l’équipe soit épargnée des blessures, ce qui tiendrait du miracle au vu du passif médical de certains joueurs de l’effectif. Ce roster manque cruellement de talent pour le moment, il semble trop juste pour espérer quoi que ce soit pour cette année.

John Wall, Bradley Beal destins liés. Ce n’est un secret pour personne, la grave blessure de John Wall pour toute la saison régulière est un énorme coup dur pour Washington. Outre l’incertitude du niveau de jeu du meneur à son retour, c’est surtout la cohabitation entre lui et Bradley Beal qui fait débat. Les premières rumeurs de discorde et de tensions entre les deux hommes sont apparues au cours de la saison précédente. John Wall le franchise player, Bradley Beal le super lieutenant… tout semblait fonctionner. Mais l’élève a dépassé le maître, Beal veut être le calife à la place du calife. Il souhaite obtenir les clés de la franchise, ce qui est bien normal à la vue de sa dernière saison. Les dirigeants n’y verraient pas d’inconvénients, mais cela passe presque inévitablement par un trade de John Wall. En effet, le salaire actuel de Wall représente 30% du cap-space, et aucune marge de manœuvre n’est possible pour renforcer l’équipe. En échangeant Wall contre des contrats expirants, par exemple, cela permettrait à la franchise d’être agressive lors des prochaines free agency. Avec la fin de contrat de Mahinmi pour 2020 et ses 15 millions, Washington pourrait disposer d’une enveloppe d’environ 55 millions de dollars. Mais le principal souci, c’est qu’aucune franchise ne fera d’offre intéressante tant elles ne seront pas certaines de l’état physique et global du joueur. Le temps presse à Washington, Beal a des envies de titre et le fait savoir de plus en plus. Il souhaiterait que son équipe soit compétitive, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, d’où son refus de prolonger maintenant. Les cas Beal/Wall vont devenir un point urgent à régler pour le Front Office cette saison. Si aucune situation n’est trouvée assez rapidement, les Wizards prennent le risque de voir leur arrière-superstar claquer la porte à l’été 2021 sans la moindre contrepartie, ce qui pourrait obscurcir un peu plus l’avenir sportif de la franchise.

5 matchs clés :

14 novembre : Boston – Washington. Retour d’Isaiah Thomas au TD Garden, toujours un moment particulier à regarder.
7 décembre : Miami – Washington. Pourquoi Miami ? Parce que peut-être là où Beal finira cette saison, ça pourrait être son premier affrontement contre son ancienne équipe ou tout simplement un duel entre deux équipes prêtes à se déchirer pour un joueur.
11 janvier : Washington – Atlanta. Un duel de division et d’équipe de niveaux équivalents, mais dont les projets sont aux antipodes.
29 mars : Washington – LA Lakers. LeBron et AD seront en ville, c’est un rendez-vous immanquable en antenne nationale, ce sera également le retour de Dwight Howard à Washington.
12 avril : Charlotte – Washington. Le dernier duel de division de la saison, une bataille pour le titre de la plus mauvaise équipe de la division ?

Même si Bradley Beal est toujours un membre de la franchise, l’effectif parait trop faible pour viser une éventuelle place en Playoffs, même à l’Est. Les bookmakers projettent une trentaine de victoire pour la saison à venir, mais tout va dépendre de l’avenir de Beal, si il joue toute la saison au Wizards.

Bilan : 29-53. Onzième ou douzième place de la conférence Est.

C’était la preview des Washington Wizards. On espère qu’elle vous a apporté un maximum d’informations concernant l’équipe de la capitale. Fans des Wizards, n’hésitez pas à nous donner votre avis et à confronter vos idées aux notres. Quant à nous, on se retrouve demain sur L’Analyste pour une nouvelle preview d’une franchise NBA.

Commenter

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

En haut