NBA

PJ Tucker réclame une extension à Daryl Morey

Joueur très discret dont on oublie souvent la présence sur le terrain, surtout en attaque, PJ Tucker n’est pas pour autant un joueur inutile pour les Rockets, bien au contraire. Ses atouts défensifs et sa qualité de shoot font de lui un joueur précieux qui s’intègre, qui plus est, parfaitement aux côtés de James Harden et son jeu en isolation. Avec une année 2019-20 garantie à 8,3 millions de dollars, puis une autre à “seulement” 2,6 millions de garantis, l’ailier espère recevoir une offre de prolongation de la part de sa direction, au plus vite.

Pour certains, la demande faite par PJ Tucker aurait pu paraître comme un caprice fait par un joueur qui n’est que la 4 voire 5ème option offensive d’une franchise. Cependant, depuis plusieurs saisons, l’ailier joue un rôle qui convient parfaitement à ce que Houston recherche.

En attaque, le joueur passe la majorité de son temps dans les corners, à attendre une éventuelle passe de James Harden ou d’un autre coéquipier, pour ensuite prendre un shoot à 0 degrés qu’il connaît parfaitement. 70% de shoot à trois points en carrière ont été tiré des corners, avec une réussite moyenne de 38,2%. Ces moyennes font de lui le joueur qui shoot le plus depuis les coins du terrain dans la NBA actuelle. Cette capacité permet aux Rockets d’écarter le jeu le plus possible, afin de créer de l’espace à James Harden lors de ses isolations, notamment.

L’ailier a développé ce style de jeu chez les Suns, lorsque son coach de l’époque cherchait désespérément un moyen de créer des espaces pour ses meneurs de l’époque, Eric Bledsoe et Goran Dragic. Au fur et à mesure du temps, ce rôle lui a collé à la peau et tous les coachs par lesquels il a été dirigé ont profité de ses facultés à écarter le jeu pour poser de plus gros problèmes aux défenses adverses.

Son profil de joueur est encore rare dans la ligue mais il pourrait très vite se démocratiser au fil des années, avec la volonté de shooter toujours mais aussi de créer des espaces.
Source : The Athletic

Bien évidemment, Tucker sait également tirer depuis d’autres endroits que les corners, avec une réussite tout aussi bonne, de 37.7%. Le plus impressionnant est que le joueur prend presque les 2/3 de ses tirs derrière l’arc, ce qui représente, par ailleurs, le mieux du monde la physionomie de jeu des Rockets sur ces deux dernières années. Avec une efficacité et une régularité offensive pareil, qui lui permettent d’inscrire 7.3 points par match, Houston ne possède aucun intérêt à laisser partir un joueur aussi utile à La Barbe. D’autant plus qu’avec un jeu offensif si peu physique, l’ailier pourrait, même à 34 ans, continuer à remplir sa mission pour encore quelques saisons.

Mais son rôle sur le terrain ne se limite pas qu’à rester planter dans un coin, en ayant presque le même rôle qu’un spectateur au plus près du terrain. C’est en défense que l’ancien Raptors devient beaucoup plus actif. Tout d’abord, le numéro 4 des Rockets est excellent rebondeur, malgré sa “petite” taille pour un poste 4, même si le jeu tend désormais vers le small ball. En effet, il récupère 5.8 rebonds par match, derrière la dizaine de Capela et les grosses unités de James Harden.

Sa taille lui permet également d’avoir une mobilité plus élevée que beaucoup d’ailiers forts de la ligue, qui posent beaucoup de soucis à beaucoup de match-up, d’autant plus qu’avec ses 101 kilos, ses capacités physiques ne sont pas déplorables, au contraire. Ses capacités lui permettent également de se voir attribuer les plus grosses tâches défensives, face aux ailiers notamment. Il n’est pas rare de voir Tucker défendre sur Kevin Durant ou LeBron James par exemple, secteur où il se débrouille à merveille. Sa capacité à “switcher” derrière les écrans permet également de cacher les énormes lacunes défensives de James Harden par exemple, mais aussi d’éviter un maximum les pick and roll adverses. Son excellente vision de jeu lui a également permis de récupérer 1.6 ballons par match la saison dernière.

Il est désormais temps de parler de mon extension. Nous verrons ce qui se passera, mais je suis optimiste.

PJ Tucker à propos de sa future extension.

Son rôle n’est bien évidemment pas le plus palpitant et le plus voyant sur un parquet, mais il est nécessaire au bon déroulement du jeu des Rockets à l’heure actuelle. Le joueur comme la direction le savent très bien, les deux parties ont besoin l’une de l’autre, même si Tucker pourrait aisément trouver une autre chose tandis que Houston ne risque pas trouver un autre joueur avec le même profil, exactement, que Tucker. Aux vues de son entente avec James Harden en dehors du terrain, mais aussi le fait que son rôle lui convienne, il est compréhensible de le voir demander une prolongation à sa direction.

Le fait de le voir presser sa direction n’est également pas une véritable surprise. En effet, le joueur semble donc bien se sentir au sein de son équipe mais il y aura un problème majeur qui se posera pendant les négociations entre les deux parties : combien Houston pourra payer Tucker afin qu’il décide de prolonger. En effet, si l’on regarde les salaires que les Rockets auront à payer durant les prochaines années, ils sont certes sous le cap space, mais avec seulement 3 joueurs au sein de l’effectif : Russell Westbrook, James Harden et Clint Capela. Avec une marge si faible pour construire un effectif, les Rockets n’auront pas la place pour surpayer un joueur qui s’approche petit à petit de la fin de sa carrière. Les négociations risquent d’être compliquées entre les deux parties, même si Tucker pourrait bien évidemment faire un effort pour sa franchise.

Les deux joueurs sont de grands amis, passionnés de mode et de basket. Même si les deux sont plutôt discrets, ils n’apprécieraient que très peu d’être séparés pour des raisons financières…
Source : Houston Chronicle

Bien que discret sur le terrain, Tucker est donc un joueur qui est très important pour les Rockets. Sa requête est tout à fait normale aux vues de son intégration au sein l’effectif et de son envie de gagner un titre avec cette équipe, suite aux deux derniers échecs. Le fait de mettre la pression sur sa franchise lui permet également de s’assurer de rapides négociations avec ses dirigeants afin de ne pas se retrouver sacrifié comme l’avaient été Trevor Ariza et Luc Mbah A Moute la saison dernière afin de permettre à Chris Paul d’obtenir son énorme contrat.

Photo : Wilfredo Lee/Associated Press

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