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Interview : Guillaume Graciano, le 6e homme

Guillaume Graciano, plus connu sous le nom du 6e homme, s’est lancé sur YouTube il y a près de 10 mois. Aujourd’hui, sa chaîne compte plus de 850 000 vues pour 16 000 abonnés, un tour de force inattendu pour ce vidéaste et, avant tout, passionné de basket. De la Dream Team de 1992 au succès détonant de son projet, apprenez à connaître le 6e homme avec L’Analyste.

Benjamin : Peux-tu te présenter et présenter brièvement ta chaîne YouTube pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Guillaume : Ma chaîne parle de basket, essentiellement de NBA. Elle peut aussi évoquer le basket du monde entier puisque j’adore parler des prospects qui arriveront potentiellement dans la ligue, ce qui m’amène à parler de basket universitaire ou européen. Je suis également passionné par le passé de la NBA, je me fais souvent plaisir en abordant des thèmes historiques dans mes vidéos. Sur ma chaîne, il y a de réels échanges de fans à fans à partir des sujets que j’aborde, j’essaie de pousser l’analyse jusqu’au bout pour initier les meilleures discussions possibles. 

B  : Quels sont tes équipes et tes joueurs préférés ?

G : Si je ne devais choisir qu’une seule équipe, ce serait celle que je soutiens depuis que je suis tout gamin, les 76ers. Bien sûr, il y a eu des phases où j’ai apprécié d’autres équipes, mais toujours sur la côte Est. C’est marrant, dans le basket comme dans le hip-hop j’ai toujours préféré la dureté de l’Est. Donc s’il fallait citer d’autres équipes que Philly, je donnerais les noms des Bulls, des Pacers et des Knicks des années 90. Quant aux joueurs, il y en a tellement… Je peux essayer de te faire une liste : Wilt Chamberlain, Hal Greer, Julius Erving, Andrew Toney, Moses Malone, Charles Barkley, Allen Iverson, Andre Iguodala, Kyle Korver, Joel Embiid… Tu remarqueras qu’ils ont tous porté le même maillot !

B : Te souviens-tu de ton premier contact avec la NBA ?

G : J’ai de très brefs souvenirs de la Dream Team de 1992 pendant les Jeux Olympiques de Barcelone. J’avais 7 ans et je m’étais dit que Charles Barkley serait mon joueur préféré parce que mon père l’aimait bien aussi. Du coup j’ai décidé de supporter son équipe : les Sixers. Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’il venait d’être transféré à Phoenix. Tant pis, Philadelphie c’était la ville de Rocky ! La saison qui a suivi, mes parents m’ont acheté tous les magazines possibles et une tonne de cartes NBA. Je passais mon temps à étudier les stats et la taille de chaque joueur en composant mes équipes types. J’étais déjà un fin connaisseur lorsque je regardais les rediffs de la finale Suns-Bulls sur Canal + en juin 1993 avec mon père. Eh oui, j’avais 8 ans et je ne me réveillais pas encore la nuit !

B : Qu’est-ce qui te fait aimer le basket ? La NBA ?

G : Impossible à dire. Je vais sortir une phrase un peu cliché : je n’ai pas choisi le basket, c’est le basket qui m’a choisi. J’ai toujours trouvé ce sport spectaculaire et quand tu commences avec la Dream Team, tu comprends pourquoi. Aussi, j’ai grandi à Limoges. Et l’année de la finale Suns-Bulls dont je parlais plus tôt, en 93, le CSP gagnait l’équivalent de l’Euroligue. Mes parents m’emmenaient aux matchs et je les harcelais de questions, je devais être insupportable. Comme tous les Limougeauds à cette époque, on était à fond ! Tout ce contexte et cet engouement m’a vraiment poussé à me passionner pour le basket. Mais bon… Tous ceux qui me faisaient rêver avec la Dream Team ne jouaient pas à Limoges, ni en France. Voilà pourquoi j’ai toujours préféré la NBA.

B  : Qu’est-ce qui t’a amené à créer une chaîne YouTube ? Tes vidéos diffèrent largement de celles des projets comparables. En effet, tu t’illustres seul, dans ce qui semble être ta chambre ou ton salon pour discuter de l’actualité et analyser l’activité de la ligue. Pourquoi ce format ? Penses-tu un jour en changer ?

G : Je suis rédacteur sur Basket Infos depuis près de 6 ans maintenant. Ça faisait longtemps que nous discutions d’un support YouTube à associer au site. J’ai donc eu l’idée du 6e homme, en face cam, un format qui me semblait assez différent de ce qu’il y avait déjà sur YouTube en termes de NBAFR et très complémentaire avec ce qu’on propose sur Basket Infos entre les articles du site et le podcast, « l’Echo des Parquets ». C’était aussi un format qui ne me semblait pas trop compliqué à mettre en place. Je savais que j’avais la passion, en revanche, j’avais un micro-budget et des connaissances encore plus micro et terme de vidéo. J’ai donc regardé beaucoup de tutoriels de montage, mais aussi d’animation, pour produire des vidéos un minimum digestes et acceptables. Je me suis peu à peu familiarisé avec ce format et je prends juste mes marques. Je crois que c’est quelque chose qui me convient et que je commence à avoir ma patte. Alors pourquoi en changer maintenant ? Par ailleurs, beaucoup pensent que je bosse seul, mais ce n’est pas vraiment le cas. Je tiens donc à remercier Christophe de Basket Infos qui m’aide sur les choix de sujets et jette toujours un à œil à mes textes avant que je ne tourne mes vidéos.

B  : La première vidéo du 6e homme a été publiée en Octobre 2018. Aujourd’hui, la chaîne YouTube comptabilise plus de 16 000 abonnés et 850 000 vues. Comment expliques-tu ce succès ? Est-ce que tu t’attendais à un tel engouement ?

G : Le lancement est venu de Basket Infos. Nous avons un certain nombre de lecteurs fidèles depuis des années et, forcément, quand on a parlé de la chaine sur le site, ça lui a tout de suite donné de la visibilité. Ensuite, ma vidéo sur les 6 futures stars françaises en NBA, qui remonte à décembre, a fait le buzz. Ça a plu à l’algorithme YouTube qui l’a mise en avant et, petit à petit, ça a attiré de nouveaux abonnés. Depuis, le nombre ne cesse d’augmenter. Honnêtement, je me disais qu’au bout d’un an, si je pouvais réaliser une vidéo à 20 000 vues, ce serait vraiment cool. Aujourd’hui, j’ai deux vidéos à plus de 75 000 vues, et c’est assez énorme et plutôt inattendu.

B : Que prévois-tu pour l’avenir de ta chaîne YouTube ?

G : YouTube c’est compliqué. Ça demande du temps, du travail et surtout beaucoup de régularité. Quand je suis parti en Californie à Noël, j’ai fait une pause de trois semaines sans vidéo. Pourtant je n’ai pas chômé : j’ai ramené des interviews de Clint Capela et Timothé Luwawu-Cabarrot, j’ai aussi pris des images pour mes vidéos VLOG. Mais pendant ce temps, j’ai reçu un mail de YouTube qui m’annonçait que j’avais été élu créateur de la semaine et que j’étais dans les tendances pendant 24 heures. Malheureusement, je n’ai pas pu en profiter pour surfer sur la vague. En rentrant en France, l’algorithme de YouTube m’a puni. Le nombre de vues de mes vidéos était divisé par 3 ou 4 je n’apparaissais plus dans les suggestions. C’est très dur de prévoir la suite, avec YouTube tu peux monter très vite en haut et redescendre aussi vite. Si je pouvais m’installer durablement dans le paysage de la NBAFR, ce serait déjà une belle chose.

B : Aujourd’hui, le sport (et notamment le basketball américain) prend de plus en plus de place sur YouTube. Le format vidéo est en perpétuel développement. Ce format est-il voué, sur le long terme, à remplacer les articles traditionnels et les podcasts ?

G : Les articles traditionnels et les podcasts existeront toujours. J’apprécie vraiment cette variété des supports où chacun peut y trouver son compte. Je pense que c’est la base pour un bon média d’être polyvalent afin de pouvoir s’adapter aux attentes d’un maximum de publics. Je trouve que tout ça est très complémentaire et donne un joli visage au paysage de la NBAFR dont je parlais précédemment.

B : Qu’as-tu à dire par rapport au développement du Basket et la popularisation de la NBA en France ?

G : Je pourrais faire une longue dissertation là-dessus, c’est un sujet qui m’intéresse vraiment. Mais je ferai jamais mieux que Basket le Mag qui a réalisé un excellent dossier dans le dernier numéro à ce propos. En gros, je pense que cet essor du basket est à observer d’un regard plus distancé. Et si on s’écarte un peu de la balle orange, on voit que le boom de la NBA en France correspond à une réelle américanisation da la société qui a pris une toute autre dimension dans les années 90. Que ce soit au niveau des médias, de la mode, de la musique, de la nourriture, du sport et même parfois de la politique, l’influence est de plus en plus flagrante. L’idée c’est d’arriver à ne garder seulement que les meilleurs côtés, et pour moi la NBA en fait partie.

Retrouvez les vidéos du 6e homme sur sa chaîne YouTube.
Twitter : @le_6e_homme

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