NBA

Bilan de la saison 2018-19 : Boston Celtics

Le départ du King sur la côte ouest semblait ouvrir une voie royale aux Celtics. Après tout, aucun obstacle n’était trop grand pour les hommes de Brad Stevens qui, pourtant privés de leurs deux nouvelles stars, avaient réussi à atteindre les finales de Conférence. Les fans de Boston tombent de haut. De grands favoris, ils sont passés à simples figurants. Et si la saison des Celtics a été décevante, leur été s’annonce dramatique.

La saison des Celtics

Oscillant entre surprises et déceptions cette année, parfois excellents et parfois médiocres, les Celtics ont clairement manqué de régularité. Alors que l’on s’attendait à ce que Jayson Tatum progresse comme l’année dernière, à ce que Gordon Hayward revienne rapidement de sa blessure et à ce que Boston reste la même équipe ; celle qui avait fait trembler LeBron James et ses Cavaliers, mais à laquelle on aurait ajouté deux All Stars, les Celtics n’ont pas répondu aux attentes.

Boston termine la saison avec un bilan de 49 victoires pour 33 défaites, soit 6 succès de moins que l’année dernière, et se contente ainsi d’une quatrième place à l’Est. Ce sont les Bucks qui viennent mettre un point final à cet exercice 2018-19, en demi-finales de conférence, en triomphant des Celtics en cinq matchs. Boston était pourtant attendu sur le toit de l’Est, autour des 60 victoires, triomphant de tous ses adversaires en Playoffs.

Les points positifs de la saison

Une progression offensive : Cette année, les Celtics ont parfois été terrifiants en attaque. Ils infligent notamment une défaite de 56 points aux Chicago Bulls (133 à 77) avec un cinglant 40-17 dans le quatrième quart-temps. Boston a globalement progressé sur le plan offensif. L’équipe du Massachusetts marque 4,5 points de plus pour 100 possessions par rapport à la saison précédente, prenant ainsi huit places dans le classement de l’Offensive Rating. Cette amélioration s’explique notamment le changement du rythme de jeu de Boston, beaucoup plus rapide que la saison précédente, jouant près de quatre possessions de plus par match. Cette intensification résulte de l’approfondissement de l’effectif, avec le retour de Gordon Hayward, mais aussi du style de Kyrie Irving, meneur rapide qui organise le jeu de l’équipe. Les Celtics sont légèrement plus efficaces au tir que l’année dernière, ce qui se traduit par une hausse de 1,6% de leur Effective Field Goal Percentage. Une progression qui semblait inévitable avec le retour de Kyrie Irving et Gordon Hayward, qui apportent plus de spacing et d’adresse dans l’effectif. Le jeu proposé par Brad Stevens dépend d’ailleurs moins des individualités. Les joueurs lâchent plus souvent le ballon et, ainsi, l’Assist Ratio des Celtics passe de 17,0 (21e de la ligue) en 2017-18 à 18,8 (4e de la ligue) en 2018-19, le nombre de passes avant un panier marqué augmente de 5,8%. Kyrie Irving, bien meilleur à la passe cette année, est partiellement responsable de cette hausse.

Un potentiel évident : L’effectif complet et fourni de jeune talent de Boston est encore loin de son maximum. Jayson Tatum et Jaylen Brown, principaux espoirs de la franchise, sont voués à progresser dans les saisons à venir. Cinq joueurs de Boston ont encore moins de 25 ans qui, dans le bon cadre, pourraient nettement s’améliorer. Le coaching staff pourra, en se concentrant sur le développement des jeunes, assurer une certaine stabilité et une certaine continuité dans le projet des Celtics.

Photo par Morry Gash, Associated Press

Les points négatifs de la saison

Une déception collective : L’année dernière, quand de très jeunes talents et des joueurs de banc avaient réussi à atteindre les finales de Conférence, c’est le collectif des Celtics qui était mis à l’honneur. Cette saison, ils ne semblent plus réellement jouer ensemble. Des mésententes qui mènent à des ballons perdus, des problèmes de vestiaire évidents, des systèmes de jeu qui ne semblent pas être appliqués par l’ensemble de l’équipe… Le jeu collectif de Boston est à l’origine de leur échec. De trop nombreux joueurs ont cherché à briller sur le plan individuel, sans se focaliser sur la victoire. Kyrie Irving a d’ailleurs lui-même souligné le problème : « On a une super équipe, des gros noms, mais sans plaisir ni cohésion, on ne peut pas gagner ».

Un contexte extrasportif tumultueux : En début d’année, Kyrie Irving annonçait publiquement qu’il resterait à Boston la saison prochaine pour, finalement, revenir sur ses mots. Plus le temps passe, et plus le départ du meneur semble probable. Tout au long de la saison, ses déclarations maladroites dans les médias ont causé un souci de cohésion au sein de l’effectif. Ensuite, la demande de transfert d’Anthony Davis au milieu de la saison a fortement troublé les joueurs. Et pour cause, Danny Ainge s’est clairement montré intéressé par un potentiel transfert qui aurait impliqué Jayson Tatum, Jaylen Brown et Marcus Smart. D’après les dernières rumeurs, le front office des Celtics auraient refusé de mettre Jayson Tatum sur la table, une nouvelle rassurante pour le sophomore.

Un management catastrophique : Danny Ainge est, malheureusement resté muet à la Trade Deadline. Désormais, la direction de la franchise fait face à une situation bien délicate puisque Terry Rozier et Kyrie Irving semblent se diriger vers la sortie. Le premier aurait pu faire ses bagages avant le All Star Break, ce qui aurait permis à Boston d’obtenir une légère compensation plutôt que de le laisser partir sans la moindre contrepartie. Les Celtics sont également passés à côté d’Anthony Davis, qui sera prochainement transféré aux Lakers, alors que les rumeurs de transferts avaient fortement affecté les joueurs concernés. Finalement, les décisions du front office auront créé une situation de malaise au sein de l’équipe sans raison.

Un coaching décourageant : Reconnu comme un potentiel Coach of the year depuis déjà longtemps, Brad Stevens n’a pas été à la hauteur cette saison. Le coach des Celtics semble finalement meilleur avec de jeunes joueurs en plein développement qu’avec de véritables stars, à l’image de Doc Rivers avec les Clippers. Stevens n’aura pas su résoudre les problématiques posées cette saison et créer une réelle alchimie entre ses joueurs.

Des performances individuelles frustrantes : La plupart des joueurs des Celtics ont été bien en dessous de leurs standards habituels cette saison. Terry Rozier, qui avait brillé en Playoffs, a drastiquement régressé dans toutes les catégories. La production de Guerschon Yabusele, sélectionné avec le 16e choix de la Draft en 2016, a été très discrète cette saison. Le joueur ne connait pas le développement que l’on imaginait pour lui. Daniel Theis n’a pas réellement progressé lui non plus. Jaylen Brown, qui avait commencé la saison dans le cinq majeur, a très vite rejoint le banc et vient au terme d’une saison en demie teinte. La plupart des joueurs des Celtics n’ont pas répondu aux attentes cette année.

Une régression défensive : Si les Celtics se sont améliorés en attaque, ils n’ont pas connu la même progression sur le plan défensif. Passant du deuxième au sixième meilleur Defensive Rating de la ligue, les 4,1 points encaissés en plus par les Celtics viennent contrebalancer l’ajout de 4,5 points marqués sur 100 possessions. Les spécialistes de la défense, Marcus Smart et Jaylen Brown notamment, auront tout fait pour maintenir l’intensité défensive de l’équipe au même niveau. Mais le retour de Gordon Hayward a, sur ce point, porté préjudice aux Celtics. Plus lent et moins puissant, l’ailier n’est plus capable de faire les efforts qui avaient forgé sa réputation de bon défenseur. Aussi, l’augmentation générale du rythme de jeu et du scoring n’a pas aidé Boston à contenir les joueurs adverses.

La saison de Kyrie Irving : Cette saison, Kyrie Irving a voulu s’imposer en tant que leader de Boston, sans grand succès. Kyrie ne s’est réellement amélioré que dans une seule catégorie statistique : en moyenne, il fait 1,8 passe décisive de plus que la saison dernière. Dans une équipe aussi complète que celle des Celtics, il est extrêmement difficile de prendre le leadership. Le meneur ne l’a compris que bien trop tard, persévérant en vain ce qui eu pour conséquences de créer de nouveaux problèmes de cohésion dans l’effectif. Irving n’est pas à la hauteur des attentes en Playoffs avec 21,3 points à 38,5% au tir sur cette postseason, des statistiques bien en dessous de ses standards. Dans le dernier match contre les Bucks, il réalise une performance exécrable, 15 points à 6/21 au tir, qui vient achever une saison bien décevante.

La stagnation de Jayson Tatum : Pour sa première saison dans la ligue, Tatum avait beaucoup fait parler de lui, montrant une précocité indéniable. En augmentant que très légèrement sa production statistique (1,8 point, 0,5 passe et 1 rebond de plus par match), sa progression n’a pas été celle que nous attendions de lui cette année. L’ailier est devenu moins efficace au tir, notamment à trois points (-6,1%), une régression bien surprenante pour un jeune talent au potentiel de star. Une baisse qui résulte de la dégradation de sa sélection de tir puisque Tatum a, cette saison, trop souvent essayé de briller de par ses exploits individuels. En essayant de forcer les choses, le joueur ne pouvait qu’empirer la situation.

Le problème Gordon Hayward : Après une année complète de convalescence, nous espérions pouvoir retrouver un Gordon Hayward en forme cette saison. Le joueur, blessé à la jambe lors du premier match de la saison 2017-18 qui opposait les Celtics aux Cavaliers, était très attendu sur les parquets. En 25,9 minutes par rencontre, le joueur n’a marqué que 11,5 points de moyenne auxquels il ajoutait 4,5 rebonds et 3,4 passes par match. Hayward n’est plus le joueur que nous avons connu à Utah et sa faible production statistique ne saurait justifier son salaire de 31 millions de dollars cette saison. En défense, le joueur est grandement affecté par sa perte de mobilité et de puissance. Certains l’ont décrit comme un poids pour les Celtics cette année. Sur la fin de la saison, Hayward a su élever son niveau de jeu, laissant un peu d’espoir aux fans de Boston.

Le projet des Celtics : mettre fin aux incertitudes

Cet été, Boston pourrait connaître une intersaison très mouvementée. Le but des Celtics sera de développer ses jeunes talents, créer une réelle alchimie entre les joueurs tout en restant compétitifs. Ils tenteront de préserver l’effectif actuel autant que possible.

Leur priorité sera de gérer le dossier de Kyrie Irving. Le meneur semble avoir des envies d’ailleurs, et Brooklyn serait sa destination favorite. Mais les Celtics doivent essayer de le conserver à tout prix, ils ne pourront plus signer un joueur de ce calibre avant quelques années. S’il venait à accepter une offre des Nets ou d’une tout autre franchise, le front office devrait alors se mettre en quête d’un nouveau meneur. Deux candidats seraient dans le viseur de Danny Ainge : D’Angelo Russell, qui serait considéré comme indésirable à Brooklyn s’ils venaient à récupérer Kyrie, et Mike Conley, qui devrait être transféré par les Grizzlies cet été.

La direction de la franchise devra également assurer la resignature de Al Horford s’il venait à décliner sa Player Option. Horford envisagerait de refuser son option à 30 millions de dollars pour signer un plus petit contrat, ce qui ouvrirait de nouvelles possibilités aux Celtics. La prolongation de Marcus Morris sera également sur la To Do List de Boston, qui laissera certainement Terry Rozier partir puisqu’il demandera un salaire trop important pour que Danny Ainge décide de le conserver. Avec le 14e choix de la Draft à venir, le management pourra sélectionner un prospect prometteur, éventuellement Sekou Doumbouya, qui viendra renforcer l’effectif de la franchise.

La saison de Boston est globalement très décevante, mais rien n’est perdu. Avec de nombreux choix de Draft dans les années à venir et de jeunes joueurs très prometteurs, les Celtics n’ont rien à craindre pour l’avenir. Ils ont toujours une chance de conserver Kyrie Irving. Si celui-ci décide de revenir sur la parole qu’il a donnée au TD Garden au début de la saison, Danny Ainge pourrait se tourner vers un nouveau meneur pour la saison prochaine, afin de rester une menace pour les équipes de l’Est et peut-être même pour les futurs finalistes. Comme dit le proverbe : « une de perdue, dix de retrouvées», tout va bien à Boston. Les Celtics doivent oublier cette saison et avancer avec sérénité vers les suivantes.

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