Analyses

Bilan de la saison 2018-19 : Brooklyn Nets

Pour la première fois en quatre ans, les Nets ont participé aux Playoffs cette saison. Après un exercice 2017-18 marqué par un bilan de 28 victoires pour 54 défaites, Brooklyn était encore la risée de la NBA. Cette année, les Nets sont devenus une équipe redoutée de toute la ligue, avec un collectif solide et de fortes individualités émergentes. Ils se réconcilient avec la victoire et passent ainsi de la douzième à la sixième place de l’Est, un progrès remarquable.

La saison des Nets

Avec un bilan de 42 victoires pour 40 défaites, les Nets repassent dans le vert. De 2015 à 2018, ils terminent chaque année avec un des pires bilans de la ligue. Cette saison, les fans de Brooklyn peuvent être fiers de l’équipe locale.

L’été avait été très mouvementé. Malgré de nombreux transferts, les opérations des Nets n’ont pas changé leur effectif en profondeur. Les départs de Darrell Arthur, Dante Cunningham, Jeremy Lin, Nik Staukas, Isaiah Whitehead et Dwight Howard ont été suivis par l’arrivée de Ed Davis, Jared Dudley, Kenneth Faried, Shabazz Napier, Dzanan Musa, Rodions Kurucs, Treveon Graham et Dwight Howard, très vite coupé. Aucune arrivée réellement notable et une seule perte importante, celle de Jeremy Lin, sur lequel Kenny Atkinson se reposait beaucoup en tant que créateur.

Les attentes n’étaient pas très élevées pour ces Nets qui ont réussi à nous surprendre par un jeu collectif hors normes et de très bonnes saisons sur le plan individuel, le tout encadré par le coaching adéquat.

Les points positifs de la saison

Un collectif rodé, plus efficace des deux côtés du terrain : Cette année, les Nets sont devenus plus efficaces en attaque, comme en défense. Sur le plan défensif, les Nets, qui avaient le 21e Defensive Rating de la ligue la saison précédente, ont désormais le 15e. Ils encaissent 0,7 points de moins sur 100 possessions dans une ligue de plus en plus rapide et de plus en plus portée sur le jeu offensif. Là où les progrès sont significatifs, c’est en attaque. En effet, Brooklyn marque 108,8 points sur 100 possessions, 2,8 de plus que la saison précédente. Les Nets ont été beaucoup plus réguliers offensivement parlant, notamment grâce aux individualités qui composent leur effectif mais principalement grâce à leur jeu collectif. Cette annnée, 61,9% des paniers de l’équipe suivaient une passe. Cette augmentation de 2,7 sur leur Assist Percentage les propulse de la 18e à la 6e place de la NBA dans ce classement. Brooklyn est également passé de la 23e à la 12e place en Assist Ratio. Le banc des Nets montrait son enthousiasme à chaque panier marqué, témoignant ainsi de l’incroyable cohésion au sein de l’effectif.

La saison de D’Angelo Russell : Nommé All Star après la blessure de Victor Oladipo, l’ancien meneur des Lakers a progressé dans tous les secteurs du jeu cette année. Pour sa troisième saison dans la ligue, il passe de 15,5 à 21,1 points, de 5,2 à 7,0 passes et de 41,4% au tir à 43,4%, en près de 5 minutes de plus que la saison précédente, tout en préservant ses moyennes au rebond et en ballons perdus. Le joueur s’est imposé comme un véritable leader, il est le principal artisan du succès de son équipe. Accompagné d’un second créateur, il rend l’attaque de Brooklyn réellement redoutable. Il est devenu le visage de la franchise, pour le moment du moins.

Le développement des joueurs : Spencer Dinwiddie, Jarett Allen, Joe Harris et, surtout, Caris LeVert ont tous les quatre signé une très bonne saison sur le plan individuel. Ces performances, qui accompagnent l’élévation collective de Brooklyn, ont profité aux Nets sur le court terme mais laissent surtout entrevoir un avenir radieux pour la franchise. Avec autant de jeunes talents, qu’il s’agisse de créateurs, d’un tireur d’élite ou d’un solide intérieur, Brooklyn renforce son attractivité en vue de la free agency. La plupart des jeunes éléments de l’effectif ont encore une grande marge de progression. Cette équipe a encore l’avenir devant elle, les Nets ne peuvent devenir que plus forts.

La gestion de la masse salariale : Auparavant polluée par de trop nombreux contrats toxiques, la franchise a fait peau neuve cette saison en se séparant des bons joueurs. En coupant Dwight Howard et Kenneth Faried dès leur arrivée, le front office des Nets a su prendre les bonnes décisions. La direction de l’équipe a également réussi à se débarrasser des contrats de Timofey Mozgov et Allen Crabbe par des transferts, libérant ainsi plus de 35 millions de dollars pour la saison 2019-20. Brooklyn aborde cette offseason avec un cap space de 46.7 millions de dollars, dans le cas où ils réussiraient à prolonger D’Angelo Russell, et de 66.8 millions si le meneur venait à quitter New York. Cela laisse assez de place au management des Nets pour proposer un, voire deux, contrats maximum. La franchise sera donc très agressive lors de cette free agency et de gros coups sont à prévoir.

Photo par Adam Hunger/Associated Press

Les points négatifs de la saison

Un équipe encore trop immature : Arrivés en Playoffs, les Nets affrontent les Sixers de Philadelphie, une équipe bien plus complète que beaucoup annoncent gagnante en quatre matchs seulement. Plus déterminé que son adversaire, le collectif de Brooklyn s’impose à Philadelphie lors de la première rencontre. Piqué dans son orgueil, l’équipe de Pennsylvanie inflige quatre défaites de rang à D’Angelo Russell et ses coéquipiers. Cette campagne de Playoffs a su révéler les limites des Nets, ces jeunes joueurs ne pas encore prêts pour l’intensité de la postseason.

Cette année, Brooklyn a largement dépassé toutes les attentes. Très peu de points négatifs ressortent donc de leur saison. Le bilan des Nets, compte-tenu de leur effectif et du statut de leur franchise, est en tout point positif.

Le projet des Nets : Une étoile de plus dans le ciel de Brooklyn

Les Nets comptent déjà beaucoup de joueurs talentueux dans leur rang. Avec 66,8 millions de dollars disponibles à la Free Agency, ils seront extrêmement agressifs cet été et viseront les plus grandes stars de la NBA. Le Front Office pourrait chercher à conserver D’Angelo Russell, il lui resterait alors 46.7 millions de dollars à distribuer, de quoi signer un joueur au maximum et quelques joueurs de rotation. La cible principale de Brooklyn ne serait autre que Kyrie Irving, avec qui l’intérêt serait mutuel, que de plus en plus de rumeurs envoient aux Nets. Potentiellement incompatible avec Russell, la direction de la franchise pourrait décider de sacrifier son meneur actuel pour récupérer l’ancien lieutenant de LeBron. Pour l’entourer, les Nets pourraient bien se tourner vers Tobias Harris, qui demandera un contrat proche du maximum cet été. Brooklyn fera une offre à tous les joueurs capables de faire passer un cap à la franchise, notamment Jimmy Butler et Kawhi Leonard.

Bien évidemment, le management des Nets se positionnera sur le dossier d’Anthony Davis, proposant aux Pelicans un package autour de Caris LeVert, Jarrett Allen, Joe Harris et quelques tours de draft. S’ils venaient à récupérer l’intérieur dans un transfert avant le début de la free agency, Brooklyn serait une destination beaucoup plus attrayante pour les stars qui cherchent à constituer un projet sur le court à moyen terme.

La direction de la franchise essayera sans doute de conserver un maximum de joueurs cet été. Ed Davis, Rondae Hollis-Jefferson et DeMarre Carroll, s’ils sont prêts à accepter de petits contrats, pourraient être de formidables atouts pour les Nets.

Cette saison, les Nets ont largement dépassé toutes les attentes, créant ainsi la surprise. Après un exercice 2018-19 très positif, le front office de la franchise doit prendre le relais pour transformer cette équipe en prétendant au titre. Au moins un grand nom de la free agency devrait arriver à Brooklyn cet été, le reste sera à déterminer dans les semaines et les mois à venir.

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