NBA

Bilan de la saison 2018-19 : Los Angeles Clippers

Encore en deuil de Chris Paul, Blake Griffin et DeAndre Jordan, les Clippers étaient projetés dans les dernières places de la Conférence Ouest. La mort de Lob City avec le transfert de Griffin et le départ de Jordan marquait la fin d’une ère et, par conséquent, le début d’une nouvelle. Mais cette saison, la deuxième franchise de Los Angeles a décidé de mettre le chantier, qui était supposé l’attendre, de côté. Doc Rivers et ses hommes étaient là où on ne les attendait pas et un avenir radieux se profile pour les Clippers.

La saison des Clippers

Après le transfert de Blake Griffin en janvier 2018 en échange d’Avery Bradley, Tobias Harris, Boban Marjanovic et quelques picks de Draft, le départ du troisième membre du Big Three des Clippers semblait inévitable. Ainsi, l’été a été assez mouvementé pour la franchise. Austin Rivers, DeAndre Jordan, Sam Dekker et C.J. Williams ont quitté le navire pendant que Marcin Gortat, Mike Scott, Luc Mbah a Moute, Shai Gilgeous-Alexander, Jerome Robinson, Johnathan Motley et Angel Delgado rejoignaient l’équipage.

Beaucoup estimaient le nombre de victoires des Clippers autour des 35. Ils ont largement dépassé les attentes avec un bilan de 48 victoires pour 34 défaites, à un match du Thunder et deux du Jazz dans le classement, leur permettant de se qualifier pour les Playoffs, ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire l’année dernière.

En cours de saison, le front office décide de se débarrasser de son leader, Tobias Harris, pour faire un peu plus de place dans l’équipe d’un point de vue financier. Harris, Boban Marjanovic et Mike Scott prennent donc la direction de Philadelphie, Landry Shamet, Mike Muscala, Wilson Chandler et quatre choix de draft font le chemin inverse.

Après une très bonne saison régulière qui leur permet de décrocher la 8e place à l’Ouest, les Clippers font face aux Warriors en Playoffs. Éjectés dès le premier tour, en six matchs, par les futurs finalistes malgré un combat acharné, leur défaite ponctue un exercice 2018-19 très rassurant.

Les points positifs de la saison

Une force collective : Cette année, 18 joueurs (joueurs transférés compris) ont joué plus de 10 minutes par match aux Clippers. Dans la quasi-totalité des rencontres, Doc Rivers implique l’ensemble de l’effectif. C’est cette profondeur de cette équipe et la variété des profils qui la compose qui fait sa véritable force. Les joueurs semblent prendre du plaisir en jouant et montrent chaque soir une cohésion exceptionnelle.

De nombreux talents : Danilo Gallinari, à près de 20 points et 6 rebonds par match, a fait preuve d’une régularité offensive impressionnante cette saison. Alors qu’il n’avait joué que 21 matchs en 2017-18, l’Italien a justifié son contrat et sa place dans le cinq majeur de l’équipe. Patrick Beverley et Shai Gilgeous-Alexander, eux, se sont chargés de mettre les adversaires en déroute, redoublant d’efforts de leur propre côté du terrain. Gilgeous-Alexander et Landry Shamet se sont d’ailleurs vite imposé parmi les titulaires, un fait d’arme considérable pour les deux rookies. Lou Williams et Montrezl Harrell, tous deux en sortie de banc, sont devenus le pire cauchemar de nombreux remplaçants adverses. Les Clippers ont un effectif talentueux, jeune et déjà très profond.

La saison de Lou Williams : Déjà nommé à deux reprises Sixième homme de l’année, Lou Will semble bien parti pour ajouter un troisième trophée à sa collection. Ses statistiques (20 points, 5,4 passes et 3 rebonds par match à 42,5% au tir) sont, en effet difficilement égalable pour un joueur de banc. Intense à chaque match, brûlant en Playoffs et décisif dans les moments importants, le joueur est devenu, après le transfert de Tobias Harris, la première option offensive de l’équipe mais aussi son visage.

La saison de Montrezl Harell : Alors qu’il n’avait été envoyé aux Clippers que pour compléter le transfert de Chris Paul, s’est vite imposé comme un élément essentiel de la rotation de Doc Rivers. Ses statistiques : 16,6 points, 2,0 passes, 6,5 rebonds, 1,3 contres, 0,9 interceptions à 64,3% au tir, ces moyennes sont les meilleures de sa carrière dans toutes les catégories. À seulement 25 ans, la marge de progression de l’intérieur est encore grande alors qu’il aurait pu, dès cette année, figurer parmi les finalistes pour le trophée de Most Improved Player.

Le coaching de Doc Rivers : Depuis son arrivée à Los Angeles, Doc Rivers n’est pas très apprécié par les fans qui ont pris l’habitude de demander régulièrement son licenciement. Cette année, l’ancien coach des Celtics s’est voulu rassurant et a montré qu’il était encore capable de diriger intelligemment une équipe. Rivers n’est pas un tacticien, il ne dessine que peu de systèmes pour ces joueurs, ce qui lui a souvent été reproché. Cependant, Rivers maîtrise avec merveille ses rotations ce qui, avec un effectif aussi profond, lui a valu sa sélection parmi les finalistes du titre de Coach de l’année et une prolongation à Los Angeles.

La gestion de la masse salariale : Les Clippers n’ont pas eu à sacrifier leur saison régulière pour préparer l’intersaison. Avec moins de 50 millions de dollars de contrats garantis la saison prochaine, le front office des Clippers s’est assuré d’avoir la marge nécessaire pour signer les plus gros agents libres disponibles à la free agency. Avec plus de 50 millions à distribuer pendant l’été, les Clippers auront au moins de quoi proposer un contrat maximum aux stars intéressés par leur projet. En se séparant de Gallinari, sortant d’une très bonne saison 2018-19, ils pourraient même en proposer un second. Sans aucun salaire toxique à assumer la saison prochaine, les Clippers pourront compter sur Lou Williams, Montrezl Harrell, Shai Gilgeous-Alexander, Landry Shamet, Sindarius Thornwell, Tyrone Wallace et, bien évidemment, Danilo Gallinari pour assurer la continuité du projet. Patrick Beverley, qui tient une place importante au sein de l’équipe, aurait l’intention de prolonger à Los Angeles. Une bonne base avec laquelle débuter une nouvelle saison.

Mention honorable à Tobias Harris qui, même s’il n’est plus dans l’effectif, a passé un cap cette année. L’ailier fort a joué dans 5 franchises différentes, un véritable journeyman. Désormais, Harris est presque considéré comme un All Star et pourra prétendre à un contrat s’approchant du maximum cet été. C’est aux Clippers qu’il a réellement pu prendre son envol, montrant l’étendue de son talent et sa capacité à s’imposer en tant que leader d’ une équipe.

Photo par Gary A. Vasquez, USA TODAY Sports

Les points négatifs de la saison

Bien au-delà de toute attente, il n’y aucun véritable point négatif à la saison des Clippers. Le staff comme les joueurs ont rempli leur rôle à la perfection.

Le projet des Clippers : City of Stars

Los Angeles et New York sont les deux destinations les plus convoitées pour cet été 2019. Sur deux gros marchés, les Knicks, les Nets, les Lakers et les Clippers se disputeront les plus grandes stars de la NBA. Parmi ces quatre franchises, les Clippers ont peut-être la situation la plus avantageuse à proposer aux agents libres.

Idéalement située dans la citée des anges, l’une des plus grosses villes des États-Unis, la franchise des Clippers est encore vierge de tout titre de champion. Son histoire reste donc à écrire. Le cadre semble parfait : un effectif profond, mené par un coach réputé, entraîneur de l’année en 2000 et champion 2008, une légende du basket au sein du front office, suffisamment de marge salariale pour accueillir une, voire deux stars, au centre de l’attention médiatique. La cible principale des Clippers devrait être Kawhi Leonard, mais ils s’intéresseront également à Jimmy Butler, Kyrie Irving et tous les joueurs de ce calibre libérés de leur contrat cet été.

Bien sûr, les Clippers ne manqueront pas de faire une offre aux Pelicans pour tenter de récupérer Anthony Davis. Ils pourront leur proposer Shai Gilgeous-Alexander, Danilo Gallinari et un premier tour de draft en 2021, un package cependant moins intéressant que ceux que seront en mesure de proposer les Lakers et les Celtics. Ils tenteront également de prolonger Patrick Beverley, plutôt enclin à accepter l’offre qui lui sera proposée.

Les Clippers viennent au terme d’une superbe saison 2018-19. Pourtant, les projets de la franchise semblent se détacher du présent pour se concentrer sur l’avenir avec un projet sportif qui, sur le papier, semble prometteur. Ce sera à la direction de l’équipe de prendre les bonnes décisions pour recruter une star, compléter l’effectif et avancer vers les finales NBA.

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