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Les Raptors sont champions : l’ascension fulgurante de Toronto

We The North. Cette nuit, Kawhi Leonard et ses coéquipiers ont jeté un froid sur L’Oracle Arena. Les Raptors se sont imposés 114 à 110 à Golden State, terminant ainsi la série avec 4 victoires pour 2 défaites. Le premier titre de champions de l’histoire de Toronto. Cette victoire vient ponctuer un formidable exercice 2018-19, fruit du labeur de tous les joueurs de l’équipe et de son architecte, Masai Ujiri. Triomphant ainsi des premières finales de l’histoire de la franchise, Toronto a bien plus à rapporter au Canada que son premier trophée.

Un Game 6 palpitant

Maladroits derrière la ligne lors du Game 5, les Raptors entament la rencontre avec un excellent 5-6 à trois points. Kyle Lowry, profitant de sa vitesse, marque les 11 premiers points de son équipe en deux minutes de jeu. Les Warriors, eux, commencent par la raquette. Ils marquent leurs 5 premiers paniers à l’intérieur, suivi d’un tir à distance de Klay Thompson. Golden State mène par la suite un run de 8-0 contre Toronto, qui répond très vite. Les Canadiens terminent la mi-temps en tête, 60 à 57.

En deuxième mi-temps, les Warriors semblent bien plus adroits à trois points tandis que, de leur côté, les Raptors percent à l’intérieur. Un événement tragique vient alors marquer le troisième quart-temps. Défendu par Danny Green, Klay Thompson, joueur clé du match, se réceptionne mal après une tentative de dunk. Il reste au sol pendant un long moment en se tenant le genou. La frustration des Warriors est palpable. Il prend alors la direction du vestiaire, fait demi-tour pour marquer deux lancers francs puis sort définitivement du match. Quelques heures plus tard, nous apprenons que Thompson souffre d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche, une terrible blessure qui pourrait le tenir éloigné des parques pendant une bonne partie de la saison.

Dans le dernier quart, le score est très serré. C’est Fred VanVleet qui, à coups de trois points contestés, amorce le début de la fin. Aucune équipe ne se relâche, les champions se battent jusqu’au bout pour forcer un game 7 à Toronto, en vain. Steve Kerr met en place un système pour Stephen Curry, supposé tirer à trois points, un échec. Par la suite, Draymond Green demande un temps mort alors qu’il n’en reste plus aux Warriors, offrant ainsi deux lancers francs à aux Canadiens. Kawhi Leonard, qui sera nommé MVP des finales, vient clôturer le match avec deux lancers supplémentaires. Le buzzer retentit : 114 à 110. Pour la première fois de leur histoire, les Raptors sont champions NBA.

Toronto Raptors

Kyle Lowry : 26 points à 9-16 au tir, 7 rebonds et 10 passes
Pascal Siakam : 22 points à 7-16 au tir, 6 rebonds et 3 passes
Kawhi Leonard : 22 points à 7-16 au tir, 6 rebonds et 3 passes
Fred VanVleet : 22 points à 6-14 au tir

Golden State Warriors

Klay Thompson : 30 points à 8-12 au tir et 5 rebonds
Andre Iguodala : 22 points à 9-15 au tir
Stephen Curry : 21 points à 6-16 au tir et 7 passes
Draymond Green : 11 points à 5-10 au tir, 19 rebonds et 13 passes

Les autres prétendants au titre auraient aimé affronter les Warriors contre lesquels ces Raptors ont joué. Fortement diminués par la blessure de Kevin Durant, qui l’a tenu éloigné des finales, et celles de Klay Thompson, le privant de Game 3 et et de près de la moitié de ce match, les hommes de la Baie partaient avec un sérieux désavantage. Mais tout est une question de timing. Les Raptors, après un combat acharné à l’Est, méritent leur trophée. Ils peuvent rentrer au Canada la tête haute.

L’aboutissement d’un projet audacieux

Ce titre est l’aboutissement du travail du Front Office des Raptors, qui a entièrement façonné cette équipe. L’été dernier, Masai Ujiri a décidé de commettre l’impardonnable. En transférant le visage de la franchise, DeMar DeRozan, à San Antonio en échange de Kawhi Leonard, qui sortait alors d’une saison blanche et qui n’avait plus qu’une année garantie par son contrat ; le General Manager des Raptors a fait un pari très risqué. Avant de prendre une décision, le front office pèse toujours le pour et le contre. Un transfert apparaît alors comme un acte antipathique, froid, rationnel, détaché de tout sentiment. Mais Masai Ujiri a vu en Kawhi l’opportunité de passer un cap. Il a vu en lui une chance de rejoindre la compétition, une chance de transformer Toronto en un candidat sérieux au titre.

Remplacer le coach de l’année, Dwane Casey, par son assistant, qui n’a connu aucune expérience en tant que coach en chef, voilà un autre pari risqué du GM des Raptors. Ce choix, qui paraissait incompréhensible au premier abord, se révèle finalement être un coup de maître. Aujourd’hui, Nick Nurse est considéré comme l’un des meilleurs coachs de la ligue et est d’ailleurs beaucoup plus estimé que son prédécesseur cette saison. Ujiri a tout misé sur un coup de poker pour finalement remporter le gros lot.

Masai Ujiri n’est pas le seul à avoir pris des risques et à avoir fait des sacrifices. Loin de là.

C’est pour cette victoire que Kawhi Leonard a pris une année entière pour sa rééducation et a également, tout au long de la saison, appliqué un load management. C’est pour cette victoire que Marc Gasol a choisi de renoncer à son trade kicker plutôt que de rester dans la seule franchise qu’il ait connue. C’est pour cette victoire que Serge Ibaka a accepté de mettre son égo de côté pour rejoindre le banc malgré un talent indéniable. C’est pour cette victoire que Jeremy Lin a décidé concéder un sacrifice financier dans un buyout, pour être là, pour faire partie de tout ça.

Certains sacrifices, peut-être trop lointains, ont d’ailleurs été oubliés. Celui de Pascal Siakam, qui a quitté son continent pour mettre son énergie au service de Toronto. Celui de Kyle Lowry, qui a entamé ce processus il y a sept ans déjà. Ceux de Norman Powell, Fred VanVleet et Danny Green, qui n’ont jamais cessé de se battre face à l’adversité. Ceux des coachs, des scouts et des analystes, qui travaillent sans relâche pour faire progresser cette équipe. Ceux de tous les employés des Raptors, pour tous leurs efforts, tout leur travail.

Ce titre est l’aboutissement de 24 saisons en NBA. C’est pour cette victoire que les Raptors de Toronto ont été créés.

Photo par Sergio Estrada / USA TODAY Sports

Au-delà du titre

Cette victoire n’est pas seulement synonyme de gloire. Elle est aussi synonyme de continuité.

Cet été, Kawhi Leonard sera agent libre. Les Raptors seront en mesure de lui offrir un contrat de 190 millions de dollars sur cinq ans tandis que les autres franchises ne pourront lui proposer que 175 millions sur quatre ans. Kawhi pourrait aussi décider de signer un contrat de deux ans puisque, à partir de l’été 2021, il sera éligible à un contrat de 240 millions de dollars sur cinq ans à Toronto. Le front office de la franchise savait qu’il aurait un avantage financier sur ses concurrents. Désormais, en tant que champions NBA, les Raptors ont aussi un avantage sur le plan sportif, ils peuvent proposer un projet concret à Kawhi Leonard, intéressant sur le court comme sur le long terme.

Cette victoire pourrait également jouer dans la prolongation de Danny Green, lui aussi agent libre cet été, qui permettrait aux Raptors de conserver un solide joueur de rotation sans diminuer sa marge salariale. Marc Gasol, qui devrait lever sa Player Option à 25 millions de dollars pour la saison 2019-20, pourrait rester au sein de l’effectif de Toronto ou partir dans un transfert au profit de l’équipe canadienne. Désormais, l’Ontario est une destination de choix pour les agents libres qui voudront rejoindre un effectif complet qui a déjà fait ses preuves.

Lorsque le buzzer retentit à l’Oracle Arena, tout devint évident. Tout ce travail, toutes ces décisions, toutes ces heures d’entraînements. Toutes ces épreuves, toutes ces années de reconstruction, toutes ces déceptions. Pour l’équipe, pour l’organisation, pour les fans… c’était ce pourquoi la franchise se battait depuis 24 ans. Les Raptors sont champions NBA.

(Photo : Kelvin Kuo / USA TODAY Sports)

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