NBA

Bilan de la saison 2018-19 : Detroit Pistons

Avec le dernier coach de l’année, une star venue de Los Angeles et le meilleur rebondeur de la ligue, les Pistons semblaient bien partis pour atteindre les Playoffs une deuxième fois en 10 ans. Dwane Casey, Blake Griffin et Andre Drummond terminent cette saison avec un bilan en demie teinte pour finalement se trouver là où on les attendait, à la 8e place de la Conférence Est. Il y a autant de positif que de négatif dans la saison de Detroit, l’équipe devra néanmoins changer en profondeur pour devenir compétitive en Playoffs.

La saison des Pistons

Tom Gores, propriétaire des Pistons, a décidé cet été de mettre fin à l’ère de Stan Van Gundy cet été. Coach marquant de l’histoire du Magic arrivé à Detroit en 2014, il n’avait réussi à envoyer les Pistons en Playoffs qu’une fois en quatre ans. Visiblement incapable d’obtenir des résultats en cumulant les postes de manager et d’entraîneur, le management de la franchise a donc décidé de le limoger au profit de Dwane Casey, coach de la saison 2017-18, lui même mis à la porte par les Raptors après la meilleure saison régulière de l’histoire de Toronto. En été, la franchise ajoute quelques vétérans à l’effectif pour entourer Reggie Jackson, Blake Griffin, transféré à Detroit en 2018, et Andre Drummond. Ainsi, Zaza Pachulia et Jose Calderon arrivent à la free agency tandis que Bruce Brown est sélectionné avec le 42e choix de la Draft, des changements mineurs dans l’effectif. Centré sur ses deux intérieurs, le jeu des Pistons a été tout juste moyen cette année. Malgré des saisons individuelles exceptionnelles, leur bilan de 41 victoires pour autant de défaites leur permet d’atteindre avec peine la 8e place la Conférence Est, également disputée par le Heat et les Hornets. Arrivés en Playoffs, les hommes de Motor City se heurtent aux Bucks de Giannis Antetokounmpo dans une série à sens unique ; 4-0 pour Milwaukee ; qui vient clôturer un exercice 2018-19 mitigé.

Les points positifs de la saison

La saison de Blake Griffin : L’ancienne star de Lob City a répondu à toutes les attentes cette année. Pour sa deuxième saison à Detroit, il s’est imposé comme le meilleur joueur de la franchise, mais également comme son nouveau leader. Ses statistiques impressionnantes, 24,5 points, 7,5 rebonds et 5,4 passes par match à 46,2% au tir, lui valent notamment une sélection au All Star Game et dans la All-NBA Third Team. Dans la meilleure saison de sa carrière au scoring, l’ailier fort a développé une certaine polyvalence à Detroit, notamment en augmentant son nombre de tentatives à trois points par match à 7,0 contre 5,4 la saison dernière et 0,3 à son arrivée dans la ligue. Blake Griffin est désormais considéré comme l’un des meilleurs ailiers de l’Est, voire l’un des meilleurs joueurs. Cette saison, il nous a montré qu’il serait capable de tenir les rênes de l’équipe pour les saisons à venir. Quelques pépins physiques viennent gâcher la fin de la saison, mais le joueur aurait subit une intervention à la fin des Playoffs et ne devrait manquer aucun entrainement cet été. Il reviendra encore plus fort pour la saison 2019-20.

La saison d’Andre Drummond : Lors des premières semaines de la saison, le pivot des Pistons banalisait les performances à 20 points et 20 rebonds. Dans les mois à suivre, Drummond s’est doucement éteint. Entouré de trop peu de créateurs, le numéro 0 a du créer son propre tir en attaque, notamment en jouant au poste bas, une technique offensive qui manque cruellement à la palette offensive du joueur. Après une blessure en mi-janvier, les choses s’arrangent. Reggie Jackson lance alors bien plus de pick and rolls, permettant à son pivot de marquer plus facilement. Dans le même temps, Drummond se transforme sur le plan défensif et devient alors un protecteur d’arceau redouté. Tout au long de la saison, le joueur a persévéré dans ce qu’il fait de mieux, prendre les rebonds. Il termine l’année à la première place du classement des rebondeurs, pour la troisième fois de sa carrière, avec 15,6 unités par match auxquels il ajoute chaque soir 17,3 points à 53,3% au tir.

La saison de Reggie Jackson : Pour la première fois de sa carrière, Reggie Jackson ne manque aucun match de saison régulière. Avec 15,4 points, 4,2 passes et 2,6 rebonds par match à 42,1% au tir, il évolue dans de bons standards, peut-être encore un peu trop faibles pour représenter une réelle menace pour ses adversaires. Son réveil en milieu de saison a été le facteur déclencheur qui a conduit les Pistons à relever la tête.

Photo par Paul Sancya/Associated Press

Les points négatifs de la saison

Trois joueurs trop esseulés : Si certains joueurs ont réalisé une excellente saison sur le plan individuel, d’autres sont restés bien en dessous de leurs standards, réalisant une saison très moyenne, parfois médiocre. Jose Calderon, par exemple, avec avec ses 2,3 points et tout autant de passes par match, a gêné le jeu des Pistons. L’équipe a un net rating de -14,6 sur les 632 minutes lors desquelles il a joué. Glenn Robinson III, Ish Smith, Zaza Pachulia, Langston Galloway, Wayne Ellington, Thon Maker et Jon Leuer parviennent également au terme d’une saison décevante. 10 joueurs, soit les deux tiers de l’effectif, n’ont pas répondu aux attentes cette saison.

La progression de Luke Kennard : Jeune joueur avec un potentiel certain, Luke Kennard n’a pas connu la progression souhaitée par le management de l’équipe cette année. Passant de 7,6 à 9,7 points par match en 2,8 minutes de plus, le sophomore a fait trop peu de progrès pour sa deuxième saison dans la ligue. L’arrière a même régressé sur certains points, affichant notamment une moyenne de 43,8% au tir (-0,5%) et 39,4% à trois points (-2,1%) accompagnant la hausse des responsabilités et du volume de tir : 1,9 tir de plus par rencontre, 1,6 tir à trois points supplémentaire. Certains joueurs ont besoin de plus de temps que d’autres, Kennard aura l’occasion de développer son jeu dans les prochaines années.

Le jeu extérieur : Cette année, les Pistons ont eu le 6e plus gros volume de tirs à trois points par match. Pourtant, ils ont également le 8e pire pourcentage de la NBA derrière l’arc. Concentré sur le jeu intérieur, encore en manque de tireurs et de créateurs, Detroit ne représente pas de réelle menace à l’extérieur. Le jeu trop prévisible des Pistons ne peut que leur faire du tort, c’est un point sur lequel le management de la franchise devra travailler dans les saisons à venir.

Le projet des Pistons : Garder la base, changer le reste

Pour rendre leur équipe compétitive, la direction de Detroit devra faire des choix importants cet été. Ils ont trouvé une star en Blake Griffin et le parfait amiral en Andre Drummond, ils doivent néanmoins changer le reste de leur effectif, à quelques joueurs prêts. Ils devront notamment décider du sort de Reggie Jackson et de Luke Kennard, qui pourraient être des éléments intéressants à développer mais aussi servir de monnaie d’échange dans un potentiel transfert. Les Pistons doivent recruter des joueurs extérieurs capables de contribuer au spacing de l’équipe, idéalement des créateurs qui permettraient au duo d’intérieur de s’exprimer plus facilement. Si possible, le front office doit se débarrasser des contrats de Jon Leuer, qui sera payé $9,508,043 la saison prochaine, et de Langston Galloway, avec un salaire de $7,333,333 en 2019-20. Glen Robinson III et son contrat de 4 millions de dollars pourraient bien quitter l’effectif eux aussi. Les Pistons ont assez peu de marge salariale et ne pourront pas se positionner sur une éventuelle star. Isaiah Thomas, Seth Curry et Derrick Rose pourraient bien être les cibles principales du management de Detroit, qui devra se montrer agressif cet été pour entourer Griffin ou renoncer à ce projet.

41 victoires pour 41 défaites, un bilan moyen pour une équipe moyenne. Cette équipe a beaucoup de potentiel sur le plan individuel, principalement à l’intérieur, et doit faire les bons choix pour entourer les bons joueurs. L’année prochaine, les Pistons pourraient atteindre une place plus élevée dans la Conférence Est et éventuellement passer un tour de Playoffs. Sur le long terme, il semble improbable que Detroit se transforme en prétendant au titre dans les prochaines années.

Commenter

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

En haut