Analyses

Bilan de la saison 2018-19 : Sacramento Kings

Perdants de longue date, les Kings n’ont pas goûté aux Playoffs depuis la saison 2005-2006, plus longue absence en postseason de la ligue. Encore indisciplinés, ces jeunes joueurs semblent très prometteurs et pourraient, dans quelques saisons, apporter la victoire à la franchise californienne. Cet effectif a montré de très bonnes choses cette saison, laissant entrevoir un avenir radieux pour les Kings.

La saison des Kings

Personne n’aurait parié que Sacramento coucourerait pour l’une des huit premières places de l’Ouest. Et pourtant, les jeunes lions se sont battus jusqu’au bout pour permettre à leur équipe de retrouver les Playoffs. Proposant un jeu extrêmement rapide, le troisième plus intense de la ligue avec 103,91 possessions en 48 minutes de jeu, les Kings n’ont cessé de nous épater. Pour la première fois depuis 2005, ils dépassent les 30 victoires au All-Star Break. Ils terminent la saison avec un bilan de 39 victoires pour 43 défaites, soit 12 victoires de plus que l’année dernière, une progression significative.

Les points positifs de la saison

La saison de De’Aaron Fox : Le sophomore des Kings a fait de nets progrès depuis sa première saison dans la ligue. Fox a profité de cette seconde année à Sacramento pour améliorer sa production dans toutes les catégories statistiques. Il marque désormais 17,3 points par rencontre, soit 5,7 de plus que la saison dernière, auxquelles il ajoute 7,3 passes (+2,9), 3,8 rebonds (+1,0) et 1,6 interceptions (+0,6) à 45,8% au tir (+4,6%) dont 37,1% à trois points (+ 6,4%). Seul bémol, il perd 0,4 ballons de plus par match, une conséquence logique de son augmentation de temps de jeu. Au-delà de son apport en tant que joueur, le meneur s’est positionné en tant que véritable leader de cette jeune équipe des Kings, ce dont cette équipe a réellement besoin pour rester sur la bonne voie.

La saison de Buddy Hield : Arrivé au cours de l’exercice 2016-17 en échange de Demarcus Cousins, Hield s’est considérablement amélioré pour sa troisième saison au sein de la grande ligne. Meilleur marqueur de l’équipe, l’arrière dépasse 7,2 points de plus que la saison précédente, atteignant ainsi les 20,7 points à 45,8% au tir dont 42,7% à trois points, auxquels il ajoute 5 rebonds par match. Celui qui semblait être une compensation bien faible pour l’ancien Franchise Player de Sacramento nous apparaît aujourd’hui comme une des pièces centrales du projet sportif des Kings.

Le développement global des jeunes : L’effectif de cette équipe est encore très jeune et immature. Les joueurs qui la compose ont encore beaucoup de chemin à faire avant de réaliser pleinement leur potentiel, et pour cette saison, les Kings réalisent déjà un premier pas en avant. Parmi les joueurs les plus utilisés et responsabilisés cette saison figurent Buddy Hield (26 ans), De’Aaron Fox (21 ans), Bogdan Bogdanovic (26 ans), Willie Cauley-Stein (25 ans) et Marvin Bagley III (19 ans), sélectionné avec le deuxième choix de la Draft de 2018. Avec 14,9 points et 7,6 rebonds à 50,4% au tir en 25,3 minutes de jeu, le rookie a réalisé une excellente première saison qui lui vaut une sélection dans la All-Rookie First Team. Le projet du management des Kings est translucide : miser sur les jeunes joueurs pour gagner sur le long terme. Ce fil rouge a été suivi avec brio tout au long de la saison.

Les points négatifs de la saison

Le licenciement de Dave Joerger : Malgré une saison bien au-delà des attentes, les Kings ont décidé de se séparer de leur coach, David Joerger, afin de le remplacer par Luke Walton, lui-même mis à la porte par les Lakers. Après trois saisons en tant qu’entraîneur des Kings, Vlade Divac décide mettre un terme à leur relation à la fin de la saison régulière. Un départ expliqué par des tensions au sein du vestiaire et quelques choix regrettables de la part de Joerger, qui avait notamment décidé de limiter le temps de jeu de Marvin Bagley malgré son apport sur le terrain. Espérons que Walton saura être à la hauteur de la tâche confiée par le management des Kings, sinon, la direction de la franchise pourrait bien regretter ce choix.

L’irrégularité des Kings : Avec un jeu si rapide, le jeu de Sacramento est moins précis. Tout d’abord en attaque, les Kings ont le 17e meilleur Offensive Rating et le 6e Effective Field Goal Percentage de la ligue, un score honorable mais encore insuffisant pour combler les lacunes défensives d’une équipe autant portée sur le jeu offensif. Les Kings ont la 21e défense de la ligue avec 110,8 points encaissés sur 100 possessions pour un total de 115,3 par match et ne récupèrent que 71,3% des rebonds défensifs, le 26e pire pourcentage de la NBA. Ce relâchement de leur propre côté du terrain résulte de leur jeu rapide mais également du manque d’implication évident de certains joueurs, notamment Willie Cauley-Stein.

Le projet des Kings : Sacramento a toutes les cartes en main, patience

Avec un effectif si jeune et si prometteur, la direction de la franchise doit prendre son temps et faire les bons choix. Tout d’abord, tous les joueurs ne sont peut-être pas à garder. Les Kings devront notamment prendre une décision pour Willy Cayley-Stein et Alec Burks, tous deux agents libres cet été. Avec le contrat de Harrisson Barnes qui devrait lever sa Player Option à $25,102,512, la marge de manoeuvre des Kings est limitée. Sacramento devra se montrer agressif lors de la Free Agency, sans pouvoir se positionner sur les plus gros agents libres de l’été. Ils cibleront de jeunes joueurs en fin de contrat, parfois agents libres restreints, pour assurer la continuité de leur projet, notamment Justise Winslow, Stanley Johnson et Kelly Oubre Jr. Ils devront également chercher quelques vétérans pour accompagner la progression des plus jeunes.

Les Kings ont un diamant brut en leur possession. Ce sera au front office et au coaching staff de le travailler sans risquer de l’abîmer pour assurer la viabilité de ce projet sur le long terme. Sacramento doit laisser le temps agir et encadrer au mieux De’Aaron Fox, Buddy Hield et Marvin Bagley III. Dès la saison prochaine, ils pourraient bien briser la malédiction et accrocher la 8ème place de l’Ouest, mais les lionceaux ont encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir élever leurs prétentions.

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