Analyses

Bilan de la saison 2018-19 : Washington Wizards

Washington était annoncé dans le haut du tableau avant le début de la saison 2018-2019. Les arrivées de Dwight Howard et Jeff Green venaient renforcer un vestiaire déjà bourré de talent, mais connu pour être un des moins sains de la ligue. La plupart des analystes envisageaient deux hypothèses quand à la saison des sorciers : une saison réussie grâce aux nombreuses individualités de l’effectif, ou bien une implosion de ce dernier à cause des trop nombreux égos présents à Washington. Finalement, ce fut la deuxième projection qui se réalisa.

La saison des Wizards

Réalisant son problème au cours de la saison (mieux vaut tard que jamais), le Front Office de la franchise a tout fait pour arranger l’ambiance du groupe via des trades : un envoyant Austin Rivers et Kelly Oubre aux Suns en échange de Trevor Ariza, un autre faisant venir Jabari Parker et Bobby Portis en échange d’Otto Porter et son énorme contrat. Markieff Morris a lui aussi fait ses bagages, envoyé en Louisiane contre Wesley Johnson.

Malgré ces changements, la situation des wizards ne change pas et la franchise se retrouve à l’aube de la saison avec un triste bilan de 32 victoires pour 50 défaites, un fond de jeu au mieux moyen, et une 25ème place au classement. Suite à ces résultats décevants et à la gestion médiocre de la franchise, le propriétaire Ted Leonsis a décidé de remercier le General Manager, Ernie Grunfeld, après seize années passées au sein de la franchise.

Les points positifs de la saison

La saison de Bradley Beal : Difficile de parler des Wizards sans parler de la saison exceptionnelle de son arrière. 25 points, 5 passes et 5 rebonds par matchs à 47% au tir dont 35% derrière l’arc, des stats de All-Star incontestable malgré un pourcentage de loin en dessous de sa production habituelle. Propulsé au statut de Franchise Player après la blessure au tendon d’achille de John Wall, Big Panda a assumé ce statut sans trop de difficulté et a démontré qu’il était potentiellement, comme il le dit lui même, le deuxième meilleur arrière de la NBA derrière James Harden, fortement concurrencé par Klay Thompson.

L’éclosion de Thomas Bryant au poste de pivot : Propulsé titulaire suite à la blessure de Dwight Howard, le jeune pivot a su profiter de cette opportunité pour se faire une place durable dans l’effectif. Ses statistiques sont bonnes sans être extraordinaires : 10 points, 6 rebonds et une passe décisive par match, le tout à 60% au tir. De plus, Bryant apporte un bon volume de jeu dans la raquette et est un vrai soldat sur le terrain. Un joueur à conserver durant l’intersaison.

Les points négatifs de la saison

La saison de John Wall : A l’inverse de son coéquipier de backcourt, Wall a été particulièrement décevant cette saison. Attendu au tournant après une saison 2017-2018 gangrenée par les blessures, le meneur de la capitale a certes produit des statistiques correctes, environ 20 points, 9 passes et 3,5 rebonds. Le réel problème du meneur étant la difficulté qu’il a eu à apporter la victoire à son équipe, un Franchise Player digne de ce nom, payé 40 millions la saison, se doit de faire gagner son équipe, ce qui n’a généralement pas été le cas pour les 32 matchs joués par le numéro 2.  John Wall s’étant blessé au tendon d’achille après ces 32 matchs, il fut indisponible pour le reste de la saison. De plus, la majorité des joueurs blessés au tendon d’achille ne reviennent pas aussi bons qu’ils ne l’étaient, encore plus quand leur jeu est basé sur leurs qualités athlétiques comme c’est la cas pour l’ancien All-Star. Les difficultés du meneur, ajoutées à sa blessure, remettent en question son statut, et il se retrouve désormais sur la liste des transférables. Néanmoins, le contrat de Wall est très difficile à transférer, surtout au vu du niveau de jeu et de la condition physique du natif de Caroline du Nord. Il y a donc de grandes incertitudes pour le cas Wall et le front office aura des choix décisifs à faire cet été.

Le fond de jeu de l’équipe : En effet, après la blessure de Wall, l’effectif faisait face à un vrai problème à la mène, la création reposant désormais quasiment exclusivement sur Bradley Beal, dont le profil n’a jamais été celui d’arrière créateur . On pouvait aussi constater du déchet et un problème d’organisation général dans le jeu de Washington. Il est également bon de re-mentionner le problème de vestiaire persistant au sein de la franchise.

Photo par Stephen Gosling/NBAE via Getty Images

Le projet des Wizards : repartir sur des bases saines

Le Front Office des Wizards a du travail. Beaucoup de travail. Pour bien faire les choses, il est tout d’abord nécessaire de recruter un General Manager afin de mener la franchise à bon port. Les noms de Masai Ujiri et Tim Connelly ont circulé dans la presse ces dernières semaines, mais il est difficile d’imaginer le premier quitter son poste aux Raptors à l’aube de cette intersaison cruciale pour le franchise de Toronto, et le deuxième a déjà refusé une proposition de la franchise de la capitale.

Vient ensuite la question de Bradley Beal. Auteur d’une excellente saison, l’arrière All-Star jouit d’une cote plutôt élevée sur le marché et pourrait servir de monnaie d’échange dans un trade apportant des tours de draft et de bons jeunes à Washington. John Wall souffrant d’une blessure au tendon d’Achille risque de rester éloigné des parquets encore longtemps et il n’est pas sur qu’il revienne au niveau All-Star qui était le sien. Il serait pertinent pour D.C. d’entamer un processus de reconstruction complète dès cette année afin de faire table rase du passé et de repartir sur des bases saines, en transférant Beal et Wall, ce qui semble plus compromis pour le meneur. Une autre solution serait de miser sur le numéro 3 pour l’avenir de la franchise et de construire un effectif compétitif autour.

Cela dit, ce choix pourrait très bien ne pas s’avérer payant. En effet l’arrière est auteur d’une saison régulière plus que bonne mais la question se pose quand à sa capacité à assumer le rôle de Franchise Player durablement. De plus, la marge de manœuvre s’avère être très restreinte financièrement parlant notamment à cause du contrat de John Wall, qui a signé une prolongation de 142 millions sur 4 ans, avec une première année à 38 millions prenant effet dès la saison prochaine. La bonne solution du côté de la capitale semble être de prendre un nouveau départ en transférant les joueurs star de l’équipe, notamment Bradley Beal. Comme énoncé plus haut, son transfert pourrait rapporter gros aux Wizards, afin d’amener du potentiel pour aider Thomas Bryant.

Le chantier s’avère être imposant pour les Wizards, étant donné qu’un General Manager n’a toujours pas été trouvé pour diriger les actions de la franchise cet été. L’avenir n’est pas des plus radieux à Washington, et le futur Front Office va devoir prendre beaucoup de décisions, et il va devoir prendre les bonnes.

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