Analyses

Bilan de la saison 2018-19 : Cleveland Cavaliers

Après le départ de LeBron James cet été, les Cavs s’attendaient à une saison 2018-19 compliquée, mais peut-être pas à ce point. Annoncé autour de la 10ème par certains, voire en finale de conférence par Tristan Thompson, Cleveland s’est heurté à la dure réalité : cette saison est la première d’une transition post LeBron. Avec quelques boulets à traîner pour encore quelques saisons sur le plan salarial et trop peu de jeunes à développer, la franchise de l’Ohio s’est vite retrouvée dans les bas fonds de la ligue pour espérer récupérer le meilleur choix possible à la Draft. Mais les Cavaliers ont des raisons de croire en leur projet. Il y a, bien évidemment, eu des choses plus positives au sein de l’organisation.

La saison de Cleveland

Rares sont les équipes de bas de tableau qui n’avaient pas prévu de tanker, à un moment ou un autre de la saison. Pour les Cavs, l’espoir de se relever rapidement du départ de LeBron James s’est vite évanoui après les premiers matchs de la saison, malgré les propos controversés de Tristan Thompson : « Nous sommes encore l’équipe qui a remporté la conférence Est les quatre dernière fois. Tant qu’on ne nous a pas détrôné, personne, à Boston ou à Philly, ne peut rien dire d’autre ». Kevin Love, prolongé durant l’été, s’est rapidement blessé au pieds et a manqué près de 4 mois de compétition, avant de revenir sur un rythme plus que tranquille. Avec un coaching assez peu convainquant, Tyronn Lue a été très rapidement licencié au profit de Larry Drew, son assistant, qui a donné beaucoup de responsabilités à Colin Sexton, son rookie. Malgré quelques mouvements discrets en cours de saison, avec l’arrivée de Nik Stauskas, Marquese Chris ou encore Brandon Knight et, surtout, de quelques picks de Draft, les Cavs n’ont rien su proposer cette saison. Sans réel fond de jeu, mauvais des deux côtés du terrain, Cleveland s’est écroulé après le départ de son roi. Avec beaucoup de contrats lourds, Cleveland semble donc se lancer dans un long processus de reconstruction.

Les points positifs de la saison

Les jeunes sur le devant de la scène : Pour le moment, Cleveland repart de zéro. Après le départ du King à la Free Agency, les Cavs n’ont fait venir aucun agent libre, se retrouvant ainsi fortement diminués. C’est donc avec un groupe composé de joueurs en fin de carrière et de jeunes talentueux, pour entourer Kevin Love, que les Cavs se sont sont présentés en début de saison. L’unique solution pour être productifs durant cette année de transition, après la blessure de Love et la confirmation des mauvais résultats, a été de donner les clefs à Cedi Osman, Colin Sexton et Jordan Clarkson. Les jeunes ont eu énormément de temps de jeu et nous avons donc pu nous rendre compte que Clarkson et Osman pouvaient, sur le long terme, constituer un bon entourage pour une potentielle star. Larry Drew s’est tenu à ce projet tout au long de la saison, montrant de la cohérence dans les envies de repartir de 0 de la franchise. C’est sûrement l’une des franchises du bas de tableau qui a été la plus logique dans sa manière d’utiliser ses joueurs. Le projet part de bien bas mais pourrait porter ses fruits dans quelques années.

La stratégie pour récupérer des tours de Draft : Handicapés par de nombreux contrats, pour des joueurs qui ne les valent pas forcément, la direction a essayé de faire un peu de ménage. Le but : récupérer un maximum de tours de Draft. Cela a fonctionné, notamment avec le transfert de Kyle Korver dans lequel Cleveland a pu récupérer deux second tours de Draft. En laissant partir Alec Burks, les Cavs ont récupéré un premier tour de Draft pour cette année, même si pour cela ils vont devoir absorber le contrat de Brandon Knight (15 millions de dollars). Une chose est sûre : l’objectif est de reconstruire une équipe autour de jeunes joueurs, même s’il faut sacrifier le marché des agents libres de 2019.

Des vétérans prêts à aider la jeunesse : Avec une rotation composée principalement de jeunes joueurs, les dirigeants de Cleveland ont décidé de conserver un noyau dur de joueurs expérimentés, afin de guider les plus jeunes sur le terrain. Channing Frye, Matthew Dellavedova ou encore Tristan Thompson sont restés, lorsqu’ils n’étaient pas blessés, sur le terrain, en tant que guide et soutien mental, mais parfois technique également sur de rares fin de matchs où Cleveland pouvait espérer s’imposer. Tout a été mis en place pour que les jeunes ne se perdent pas, et nous ne pouvons que féliciter les Cavaliers pour cela car le projet semble cohérent pour le moment.

Photo par Tony Dejak/AP

Les points négatifs de la saison

Une faible production des deux côtés du terrain : Lorsqu’une équipe montre d’aussi mauvais résultats sur une saison, elle propose généralement un jeu médiocre. Certes, l’effectif n’est pas encore réellement construit et Larry Drew s’est débrouillé avec les moyens mis à sa disposition. L’effectif étant trop limité, notamment à l’intérieur, les Cavaliers ont été privés de nombreuses possibilités. Le facteur Pace (nombre de possessions par match) de l’équipe a été très faible. En effet, Cleveland est 29ème de la ligue dans ce classement, avec 97 possessions par rencontre. Avec un rythme de jeu si lent, les systèmes sont censés être parfaitement exécutés, l’équipe se doit d’être très efficace à chaque possession. Or, ce n’est pas l’impression que nous ont donné ces Cavaliers cette année. En défense, l’organisation n’était pas optimale non plus. Déjà peu efficace dans ce secteur lorsque LeBron était présent, Cleveland a été la pire défense de la ligue cette saison, avec le plus de points encaissés par rencontre. Sans spécialiste dans ce domaine, il n’a pas été compliqué pour leurs adversaires d’inscrire un maximum de panier. Dans le même registre, les Cavaliers ont la pire moyenne de contres par match cette saison, avec seulement 2.4 unités (moins que Myles Turner à lui seul) par rencontre, mais aussi le 28ème total d’interceptions de la ligue avec 6.5 par match en moyenne. Il y aura donc beaucoup de travail cet été afin que la franchise puisse espérer montrer un niveau vraiment supérieur à celui de cette saison sur les parquets.

L’absorption de marge salariale avant la free agency : Le marché des agents libres 2019 promet d’être animé à cause du nombre de stars, libérées de leurs contrats, qui seront à la recherche d’une nouvelle équipe cet été. Pour préparer cela, de nombreuses équipes ont dégagé un maximum de masse salariale pour espérer pouvoir accueillir l’une d’elles. Un grand nombre de franchise en reconstruction ont suivi cette logique, mais pas Cleveland. Avec 7 contrats (trop) volumineux, Cleveland n’a pas la possibilité de négocier avec tout le monde cet été, sauf si certains acceptent de signer pour la mid level exception (comme DeMarcus Cousins avec les Warriors cette saison). Bien sûr, tous n’était pas présents au début de la saison et sont arrivés par des trades. John Henson, Matthew Dellavedova et Brandon Knight ont été récupérés dans des transferts, afin que la franchise puisse obtenir un maximum de tour de Draft pour les prochaines années. C’est donc un mal pour un possible bien dans le futur. Cleveland étant un petit marché, la franchise n’aurait probablement pas été en mesure d’attirer une superstar si elle en avait eu les moyens de toute manière.

J.R. Smith : Personnalité marquante de l’équipe championne en 2016, J.R. Smith était, avec Kevin Love, le dernier joueur majeur de cette période mythique. Avec le départ de LeBron James et de Kyrie Irving en deux saisons, le joueur savait bien que Cleveland n’allait pas continuer à jouer au sommet de la conférence Est. C’est pourquoi il a demandé publiquement, en début de saison, à être transféré. Pourtant adoré du public, le joueur a terni son image avec cette demande, qui a fini par le faire sortir du groupe. Nous aurions pu espérer une plus belle rupture entre Smith et les Cavaliers, même si cela n’a pas eu de grandes conséquences sur le terrain, de véritables adieux, mémorables. Cette déception ne doit pas être attribuée à la gestion de la franchise, mais bien à l’attitude du joueur.

Le projet des Cavs : construire ou détruire autour de Kevin Love ?

Au cours la dernière intersaison, le doute subsistait autour de Kevin Love et son contrat. Au final, l’ailier fort a été prolongé pour une durée de 4 ans et 120 millions de dollars, ce qui représente une grosse partie de la marge salariale de la franchise. Peu après cette signature, les rumeurs faisaient écho d’un éventuel transfert du joueur, afin de pouvoir l’inclure dans un package contre un potentiel franchise player ou un tour de Draft élevé. Pour le moment, rien ne s’est passé mais, malgré sa longue blessure, Love a montré qu’il pouvait avait encore beaucoup à apporter à une équipe avec 17 points et 10,9 rebonds de moyenne en seulement 27,2 minutes de jeu. Avec son nouveau projet sportif, centré sur de jeunes joueurs, Cleveland devra prendre une décision pour son joueur. L’utiliser comme franchise player pourrait être osé. Aux Cavaliers, il a toujours été le lieutenant de LeBron et ne semble pas capable de faire la différence seul sur un match. Un transfert semble être la meilleure solution. Les Cavaliers pourraient récupérer un bon package et de nouveaux joueurs à développer, mais les franchises susceptibles de l’accueillir pourraient être effrayées par son salaire plutôt imposant. Il faudra donc trouver une franchise capable d’envoyer de bons joueurs à Cleveland, jeunes si possible, avec suffisamment de marge salariale pour absorber son contrat et un projet sportif stable puisqu’il semble peu probable qu’une équipe fasse de Love son joueur majeur. Ce choix revient naturellement au management des Cavaliers, le cas de Love sera certainement au centre des activités de la franchise.

Les attentes :

Un bon choix à la Draft pour consolider le noyau jeune de l’équipe, éventuellement des transferts lors de cette soirée.

Des mouvements intelligents, notamment dans la gestion du dossier de Kevin Love, pour récupérer des choix de Draft et se débarrasser de gros contrats.

Une cohérence au sein de l’effectif, en conservant des vétérans pour entourer les plus jeunes tout en multipliant le nombre de prospects prometteurs.

Pour les fans des Cavs, la saison a été bien longue, même si Colin Sexton semble être porteur d’espoir pour les prochaines saisons. Autour de lui, d’autres jeunes sont capables de progresser rapidement comme Jordan Clarkson ou Ante Zizic par exemple. Cette année était sûrement la première d’un long processus qui verra arriver de nombreux jeunes joueurs et partir les plus gros poids financiers, comme Tristan Thompson et J.R. Smith. La franchise sera assez peu active lors de l’intersaison. L’arrivée de John Beilein, nouveau coach en chef de la franchise et technicien réputé en NCAA, pourrait changer beaucoup de choses la saison prochaine. Espérons que les Cleveland se remettra de la perte de son roi.

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