Analyses

Bilan de la saison 2018-19 : Chicago Bulls

En reconstruction depuis le départ de Jimmy Butler et Dwyane Wade, l’équipe dirigée par Jim Boylen ne cesse de progresser. Souvent gênés par des blessures, le roster ne s’est pas exprimé au maximum de son potentiel cette saison mais semble très prometteur. Avec quelques mouvements réalisés avant la trade deadline et, prochainement, l’arrivée de la Draft et de la free agency, le management de Chicago aura l’occasion de compléter son effectif pour envisager de concourir pour une place en Playoffs.

La saison des Bulls

Chicago a entamé la saison avec de nombreuses blessures et l’a terminé de la même manière. Toute la saison, les Bulls ont été handicapés par des gênes physiques au sein de leur effectif. Pourtant, sur le papier, l’effectif semblait compétitif pour essayer de titiller la 8ème place de l’Est. Avec Zach LaVine, Lauri Markkannen, Jabari Parker, Kris Dunn et Wendell Carter, le cinq de départ avait une belle allure. Mais Markkannen et Dunn se sont blessés avant la reprise de la saison. Le roster a donc été largement diminué pendant leurs absences, assez longues, plus d’une vingtaine de matchs chacun. Malgré ces débuts décourageants, Zach LaVine a fait tout son possible pour garder la tête hors de l’eau. L’ancien Wolf s’est comporté en véritable leader de la franchise tout au long de la saison, avec 11 matchs à plus de 30 points et plusieurs game-winners. Cependant, les résultats n’étaient pas ceux attendus et, au cours de la saison, la direction de Chicago décide de licencier Fred Hoiberg au profit de Jim Boylen, qui n’était pas très convaincant à son arrivée. Après une mutinerie des joueurs déclarant que le coach proposait des entraînements beaucoup trop physiques, principalement après les matchs en back-to-back, les Bulls ont repris une rythme plus tranquille jusqu’à la trade deadline qui a vu partir Jabari Parker. Trop peu productif sur le début de saison, l’ancien Buck a été envoyé à Washington, avec Bobby Portis, pourtant intéressant au poste 4, en échange d’Otto Porter. Son arrivée a équilibré le rotation et permis la création d’un 5 majeur qui pourrait promettre de très bons résultats l’année prochaine : Kris Dunn, Zach LaVine, Otto Porter, Lauri Markkannen et Wendell Carter Jr. Les 5 n’ont pu partager que peu de matchs, à cause des blessures encore une fois, mais la saison prochaine pourrait être synonyme de qualification en Playoffs et, surtout, de progrès.

Les points positifs de la saison

Le licenciement de Fred Hoiberg : Coach des Bulls depuis 2015, Fred Hoiberg a eu bien peu de moments de gloire. Malgré un effectif reposant sur Dwyane Wade et Jimmy Butler à son arrivée, l’ancien coach universitaire n’a emmené les deux stars qu’une seule fois en Playoffs, en terminant 8ème à l’est. Privé par la suite de l’actuel Sixer, échangé contre Zach LaVine et le pick de draft qui permettra aux Bulls de récupérer Lauri Markannen, Hoiberg a montré rapidement ses limites en matière de coaching, incapable d’insuffler un fond de jeu intéressant en attaque, ni de défense sérieuse sur l’ensemble des matchs. Après 19 défaites pour seulement 5 victoires, les Bulls ont choisi de le mettre à la porte et de laisser la place à Jim Boylen, alors assistant coach. Hoiberg était alors dans la 4ème année d’un contrat de 5 ans pour $25.000.000. Controversé dès les premiers instants, Boylen n’a pas montré de grandes choses pour le moment. Il semble néanmoins pouvoir apporter quelques chose de nouveau aux Bulls et pourrait, avec cet effectif jeune et talentueux, convaincre le reste de la ligue.

L’arrivée d’Otto Porter : Lors de son transfert à Washington, avec Bobby Portis, Jabari Parker a cédé sa place à Otto Porter. Un transfert qui aura su compenser une erreur commise à l’intersaison : la signature de Parker. Ailier polyvalent, capable d’attaquer et de scorer, comme le montrent ses 14 points de moyenne, mais aussi de défendre convenablement, l’ancien Wizard comble parfaitement le manque qui accablait Chicago depuis le début de la saison. Sous contrat pour encore deux saisons, il pourrait apporter énormément à sa nouvelle équipe et ne devrait pas sortir du 5 majeur.

La saison de Zach LaVine et Lauri Markkannen : Le premier est arrivé il y a deux saisons, en échange de Jimmy Butler, le second est arrivé via la Draft, le même été. A eux deux, ils forment un duo censé porter la franchise le plus haut possible. Après la longue blessure du vainqueur des Slam Dunk Contest 2015 et 2016, le duo a pu s’exprimer avec autorité sur les parquets. Lors de ces rencontres, les deux joueurs ont montré de bonnes choses ensemble, notamment en attaque. Souvent gênés par les blessures donc, il n’était pas rare de voir l’un des deux joueurs seul sur le terrain. Nous connaissions déjà le potentiel du Finlandais, qui a confirmé cette saison les attentes placées en lui en augmentant toutes ses moyennes statistiques malgré ses nombreuses absences : 18,7 points et 9 rebonds par match à 43% au tir. Nous pouvons encore espérer des progrès de sa part pour la saison prochaine, en espérant le voir jouer un plus grand nombre de matchs. C’est la saison de Zach LaVine qui a été la plus surprenante. Personne ne pensait à son arrivée qu’il aurait pu être capable de mener d’une telle manière cette franchise de Chicago. Pourtant, c’est ce qu’a montré l’arrière tout au long de la saison, en augmentant tout d’abord sa moyenne de points, passant de 18,9 points par match lors de sa dernière saison complète à Minnesota, à 23,7 unités cette saison. En plus de cette moyenne, c’est un véritable leader qui nous est apparu. Capable de tuer des matchs grâce à des actions très clutchs, pleines de sang-froid, mais aussi avec 45 matchs à plus de 20 points, dont 11 à plus de 30. LaVine est la première option unanime de l’équipe de Chicago. Il au su faire taire la plupart de ses détracteurs, en attaque du moins, et crédibiliser un peu plus le projet des Bulls. Avec ce duo Markkannen-LaVine, les fans des taureaux peuvent espérer revoir rapidement les Playoffs.

Photo par Nam Y. Huh/Associated Press

Les points négatifs de la saison

Les blessures et le repos des joueurs : Avec Fred Hoiberg, nous pouvons dire que le rythme d’entraînement a été intensif, vraiment plus poussé par rapport à d’autres franchises d’après les propos rapportés par certains joueurs. Mais avec Jim Boylen, les entraînements se sont drastiquement corsés. Pas de repos après les matchs en back-to-back mais plutôt des exercices difficiles, comme du cardio, que le coach imposait à ses joueurs. En plus de ne pas avoir de style de jeu vraiment défini, si les joueurs ne sont pas dans des conditions physiques optimales, il est beaucoup plus dur d’obtenir de bons résultats. Ces entraînements ont tout d’abord provoqué une mutinerie parmi les joueurs, refusant de s’entraîner, avant que le coach ne se décide à diminuer la cadence. Mais, par la suite, cela a également conduit à des blessures à répétition. Certes, celles de Markkannen et Dunn en début de saison ne sont pas dues à cela, mais Zach LaVine et Lauri Markkannen ont été contraints à terminer leur saison plus tôt que prévu à cause d’une blessure au genou pour le premier et d’un coup de fatigue trop fort pour le second. Rien ne prouve que LaVine ait subi les conséquences des entraînements intenses de son coach, mais cela a évidemment augmenté le risque de blessures. Il n’y avait pas beaucoup de jours de repos accordés à ceux qui ont le plus de temps de jeu sur le terrain, ce qui s’est fait sentir lors des dernières rencontres. Pour tenir le rythme d’une saison NBA, il faudrait que le coaching staff se limite et se contrôle dans la gestion de ses entraînements, surtout si les objectifs sont de jouer en post-season. Il faudra mieux gérer les temps de repos pour tenter de limiter les risques de blessures et garder des joueurs le plus en forme possible.

La signature de Jabari Parker : Ancien de Milwaukee perturbé deux fois par des blessures aux ligaments croisés, Jabari Parker espérait recevoir un gros contrat de la part des Bucks, ce qui n’a pas été le cas. Ce sont donc les Bulls qui ont sauté sur l’occasion, en tentant de lui offrir le contrat dont il rêvait, 20 millions de dollars pour deux saisons. Chicago prenait un risque pour son salary cap, même si, dans leur situation, en cas d’échec, les conséquences ne se seraient pas révélées être bien graves, le joueur ne serait resté que deux saisons tout au plus. Trop gourmand pour partager le ballon et le temps de jeu alors qu’il ne convenait pas au style de jeu de son coach, malgré de bonnes statistiques, Parker s’est vite retrouvé considéré comme indésirable au sein de la franchise. Aujourd’hui transféré, il n’a laissé aucune marque à Chicago, surtout pour un aussi gros contrat. Sa signature a été un véritable échec pour le groupe. Ces derniers auraient pu bénéficier d’un ou d’autres coéquipiers, potentiellement plus intéressant pour un projet de reconstruction comme celui des Bulls et plus intéressant pour la vie sur le terrain. Même si la franchise a réussi à se séparer du contrat volumineux du joueur, obtenant une bonne contrepartie en retour, son arrivée cet été n’a pas été très enrichissante et a peut-être influé sur les résultats de l’équipe, qui auraient pu être meilleurs avec un autre joueur.

Le projet des Bulls : l’effectif est prêt, à eux de jouer

En récupérant la totalité de leur cinq majeur par la Draft ou par des transferts, les Bulls se sont assurés les services de jeunes joueurs très prometteurs. Sur les quelques matchs que ces derniers ont pu jouer ensemble, nous avons pu percevoir un potentiel intéressant pour cette équipe. Avec des remplaçants convenables pour le moment, l’équipe de Jim Boylen pourrait espérer prétendre une place dans le top 8 dès la saison prochaine. En plus de cela, Chicago possède d’autres atouts majeurs pour se renforcer durant l’intersaison. Tout d’abord, Zach LaVine et les siens pourront profiter de l’arrivée d’un rookie, qui sera sélectionné en 7ème position. Cela pourrait leur permettre de renforcer le poste 1 ou bien d’assurer un remplaçant intéressant derrière l’un des cinq joueurs majeurs cités plus haut. En plus de ce choix de Draft, les Bulls possèdent une grosse marge salariale, qu’ils pourront utiliser pour approcher de bons agents libres cet été. Plus de 20 millions de dollars pourront être proposés à un ou plusieurs joueurs libres de tout contrat. L’été promet donc d’être agité à Chicago. Il leur faudra pour cela travailler très dur cet été pour arriver affûté dès le premier jour de la saison régulière. C’est désormais à Jim Boylen de mettre en place le meilleur jeu possible pour son équipe. De mauvais résultats pourraient lui coûter sa place dès le début de la saison.

Les attentes :

La bonne gestion de la marge salariale pour renforcer du mieux possible le roster, notamment au poste de meneur et sur le banc.

Un choix intelligent à la Draft ou une bonne utilisation de ce dernier lors d’un éventuel transfert.

Un travail collectif productif pour montrer des progrès et une meilleure synergie sur le terrain dès les premiers matchs.

Chicago est l’une des franchises qui a le plus de moyens pour s’ajuster au sein de la ligue cet été. Après des saisons très intéressantes sur le plan individuel, il faudra que le coaching staff s’adapte parfaitement afin de créer la meilleure alchimie possible dans le groupe. Les bonnes décisions devront également être prises autour de Kris Dunn, entre autres, et du poste de meneur. Le cinq majeur est susceptible de subir quelques changements, et cela pourrait arriver très rapidement.

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