NBA

Le temps des Lakers n’est pas encore venu, la surprise laisse place à la déception

Cette année, aucune nouvelle n’a plus secoué la ligue que la signature de LeBron James à Los Angeles. L’arrivée du King promettait les Lakers à un brillant avenir,une réconciliation avec la victoire et de nouveaux jours de gloire. Ce futur, que l’on pensait proche, semble aujourd’hui lointain. Le chemin qui y mène est semé d’embûches. LeBron James pourra-t-il marquer l’histoire Lakers comme il a marqué celle des Cavaliers et du Heat ? Rien n’est moins sûr, mais il reste encore de l’espoir. Le défi est à la hauteur du joueur. Le roi doit relever la tête, faire face à l’avenir et se dépasser pour régner à nouveau sur la ligue, depuis son nouveau trône.

Retour à la réalité

Les 30 victoires des Lakers nous apparaissent aujourd’hui comme une déception, à raison. En effet, l’année dernière, sans LeBron James, les Lakers avaient un bilan de 30 victoires pour 36 défaites après 66 matches, le même que cette année. Une amélioration du bilan cette année était une attente légitime. Toute la ligue fait face à cette désillusion.

Mais peut-être avions-nous des attentes trop relevées pour la première saison de LeBron James à Los Angeles. En effet, si certains imaginaient les Lakers à la 8e place de la Conférence Ouest, d’autres les voyaient déjà en finales de conférence voire en finales dès cette année. Et parmi eux, des journalistes respectés.

Plus qu’une déception, il s’agit ici d’un brutal retour à la réalité. Effectivement, à l’exception de la signature de James, les décisions front office de l’équipe ont été assez étranges. Rajon Rondo, Kentavious Caldwell-Pope, Lance Stephenson, McGee, Michael Beasley… des joueurs bien atypiques pour entourer LeBron. La direction de la franchise a certainement imaginé que la combinaison de créateurs polyvalents saurait faire briller leur leader et impliquer les plus jeunes joueurs. Finalement, est-il si étrange que cette équipe composée de vétérans à la personnalité marquée (pas toujours de manière positive) et de très jeunes joueurs, coachée par Luke Walton, n’arrive pas à atteindre les Playoffs malgré la présence du King dans son effectif ?

Le déclin du roi

LeBron James a aujourd’hui 34 ans. Champion et MVP avec toutes les équipes qu’il a connues jusqu’à présent, il est constamment cité parmi les meilleurs joueurs de l’histoire. Ainsi, dès que LeBron pose ses valises dans une nouvelle équipe, celle-ci doit compter parmi les contenders, immédiatement. Cependant, le LeBron que nous avons tous connu au Heat et aux Cavaliers n’existe plus. Le temps n’épargne personne, encore moins les sportifs de haut niveau.

Alors qu’il n’avait jamais disparu de la All-Defensive First Team de 2009 à 2013, l’implication de LeBron en défense s’est faite de plus en plus rare. Avec les Lakers, cet aspect de son jeu tourne parfois à la catastrophe. En effet, le manque d’envie de LeBron se fait clairement sentir sur le terrain. Il laisse parfois son attaquant seul, ouvert, n’essayant même plus de sauver les apparences. Offensivement parlant, James a su adapter son jeu à la NBA moderne. Malgré son âge avancé pour un joueur de basket, le physique extraordinaire du joueur reste un atout de taille qui lui permet de scorer dans n’importe quelles conditions.

C’est sa blessure au mois de décembre qui reste le meilleur exemple du déclin de LeBron James. À cause d’une douleur à l’aine, le joueur qui ne devait être absent que pour une courte durée a finalement manqué 1 mois complet. Cette blessure, probablement la plus marquante de sa carrière, nous laisse peut-être entrevoir le début de la fin. Elle pourrait également être tout à fait anodine, seul l’avenir saura valider ou infirmer cette thèse. Néanmoins, le retour de James a été un véritable désastre sur le plan mental. Depuis qu’il a retrouvé les parquets, le joueur cumule les actions ridicules, parfois risibles, ce à quoi il ne nous avait jamais habitués. En continuant sur cette voie, LeBron pourrait bien altérer la marque qu’il laissera dans l’histoire de la ligue.

Blessures à répétition

Les Lakers n’ont pas été épargnés par les blessures cette saison. Bien évidemment, celle de LeBron a été la plus importante sur le court terme. En son absence, les Lakers n’ont gagné que 6 matches pour 12 défaites. Néanmoins, il n’est pas le seul à avoir manqué quelques rencontres. Certaines blessures pourraient bien s’avérer plus lourdes de conséquences sur le long terme.

Depuis le 19 janvier, Lonzo Ball souffre d’une entorse à la cheville. Cette blessure a elle aussi beaucoup affecté les résultats des Lakers. Le joueur aurait récemment été déclaré apte à jouer par les médecins, mais la franchise préfèrerait le préserver jusqu’à la fin de la saison afin de lui permettre une guérison complète. Une décision qui ne serait peut-être pas uniquement sportive. Rajon Rondo a également manqué plusieurs semaines à la suite d’une fracture à la main.

Plus récemment, c’est la blessure de Brandon Ingram qui a été au centre de l’attention. Effectivement, le joueur souffrirait d’une thrombose veineuse profonde, il est annoncé out pour la fin de la saison. Ce cas de figure arrive régulièrement aux sportifs américains. Il s’agit d’un caillot de sang qui se forme dans une veine, dans le cas présent dans une veine profonde de l’épaule. Elle peut aboutir à des complications parfois graves, dont l’embolie pulmonaire qui cause entre 100 000 et 200 000 morts par an aux États-Unis.

Dans le meilleur des cas, un traitement anticoagulant d’environ 3 mois attend le joueur. Pendant la prise d’un tel traitement, les risques de blessure (notamment lors d’un contact physique) sont multipliés, le joueur devra donc rester à l’écart des parquets. Dans le pire des cas, il pourrait s’agir d’un problème chronique qui pourrait bien mettre fin prématurément à la carrière d’Ingram, tout comme Chris Bosh. Nous avons interrogé le docteur Marie-José Giraud, médecin au centre hospitalier Guillaume Régnier de Rennes, sur ce cas : « Ce n’est pas spécialement inquiétant, il devrait guérir totalement avec le bon traitement. Néanmoins, il se pourrait que ce problème persiste s’il répète le même geste. Ce qui, pour un joueur de basket, est un vrai problème. » Le problème médical d’Ingram pourrait avoir de graves conséquences pour les Lakers, notamment en ce qui concerne la possibilité d’un transfert d’Anthony Davis cet été.

Un contexte extra-sportif problématique

Avant la trade deadline, la demande de transfert d’Anthony Davis et les offres des Lakers aux Pelicans ont monopolisé l’attention de la ligue. Si la propriétaire des Lakers, Jeanie Buss, a qualifié ces histoires à propos de l’acharnement des Lakers pour récupérer Anthony Davis de « Fake news », l’équipe a véritablement été affectée par ce passage.

En effet, les Lakers auraient mis la quasi-totalité de leur effectif à disposition des Pelicans pour un transfert. Brandon Ingram, Lonzo Ball, Kyle Kuzma et Josh Hart ont notamment été très souvent mentionné dans des rumeurs et propositions de transfert.

« Ces histoires ont fuité, ça a blessé nos jeunes joueurs. C’est injuste. » Jeanie Buss

Ces évènements ont bien évidemment perturbé la cohésion de l’équipe, créant de nombreuses tensions dans le vestiaire. Les jeunes joueurs ne peuvent pas évoluer dans de bonnes conditions tout en sachant que, cet été, les Lakers feront tout pour les échanger contre un autre joueur, plus désirable.

Vers un départ de Luke Walton ?

Au cours des dernières années, le coaching de Luke Walton a souvent été remis en cause. Cette année plus que jamais, un possible changement de coach se fait sentir. En effet, le coach des Lakers a manqué de trouver une certaine stabilité dans les rotations de l’équipe et la gestion de l’effectif. C’est notamment ce qui lui a été reproché le 2 février, après un match à Oakland, lorsque des vétérans ont décidé de contester les choix de Luke Walton menant ainsi à une querelle.

Au-delà des rotations et de l’aspect purement technique du coaching de Walton, il n’a pas réussi à trouver une identité à ces Lakers lorsqu’ils en avaient besoin. Les Lakers manquent visiblement de leadership derrière LeBron James. Seul Rajon Rondo a su se démarquer sur ce plan. Ces quelques reproches mêlés aux bilans décevants des Lakers lors des dernières années pourraient bien valoir son poste à l’ancien joueur de la franchise.

Un problème de front office

Dès l’intersaison et tout au long de l’année, les décisions et le comportement du front office des Lakers leur a causé du tort. En effet, on pourrait d’abord leur reprocher les étranges décisions qui ont mené à la composition de cet effectif atypique. Mais ce n’est pas tout.

On reproche régulièrement à Magic Johnson le transfert de D’Angelo Russell, All-Star de la Conférence Est et leader des Nets, un premier mauvais point pour le General Manager de la franchise. On peut également remettre en cause ses décisions quant aux départs de Brook Lopez, Julius Randle et Thomas Bryant, tous trois partis lors de la Free Agency 2018. Bien évidemment, les problèmes résultant des négociations de transfert pour Anthony Davis peuvent être partiellement imputées au front office.

Le front office de la franchise sera soumis à une rude épreuve cet été. Il faudra assurer la gestion de la Free Agency, riche en agents libres, et du transfert d’Anthony Davis.

Quel avenir pour les Lakers ?

Pour la cité des anges, tout se jouera cet été. Dans un premier temps, les Lakers doivent continuer de poursuivre Anthony Davis avant que les Celtics ne mettent la main dessus. Dans un deuxième temps, il s’agira de gérer au mieux la Draft. Les Lakers ont toujours réussi à convertir leurs seconds tours en d’excellents prospects (Kyle Kuzma, Josh Hart, Larry Nance Jr, Jordan Clarkson…). Enfin, ils devront bien évidemment essayer de se positionner sur les meilleurs agents libres de l’intersaison.

Puisqu’ils ne participeront pas aux Playoffs, les Lakers pourront espérer récupérer un bon choix de Draft à la loterie. Par ailleurs, il se pourrait que les Lakers, après avoir compris qu’ils participeraient difficilement aux Playoffs, aient volontairement choisi de descendre dans le classement. En effet, un Lottery Pick est une monnaie d’échange conséquente pour récupérer Anthony Davis.

Le plus gros avantage des Lakers pour cette intersaison sera leur salary cap. En effet, la majorité des contrats de l’équipe ne seront plus garantis l’année prochaine. Cela devrait laisser suffisamment de cap pour approcher des stars telles que Kawhi Leonard, Kyrie Irving ou encore Jimmy Butler. Historiquement, LeBron James a toujours mieux réussi lorsqu’il était entouré de tireurs. Le front office ne devra pas omettre les préférences du King lors de la construction d’un nouvel effectif.

Si certains, notamment l’analyste Jeff Van Gundy, conseillent aux Lakers d’envisager un transfert de LeBron James, cette option reste peu probable. En effet, LeBron dispose d’un trade kicker qui lui permettra d’augmenter son salaire en cas de transfert. Très peu d’équipes auront suffisamment de place pour l’accueillir et rester compétitives. De plus, quelle équipe accepterait de se débarrasser d’un joueur suffisamment bon pour satisfaire les Lakers dans ce transfert pour accueillir la superstar vieillissante et son énorme contrat ?

La saison 2018-19 des Los Angeles Lakers est un échec. Les fans, ainsi que l’ensemble de la ligue, font face à une déception finalement assez logique. Bien sûr, il n’en va pas seulement de la responsabilité de LeBron James, ni même de l’ensemble des joueurs. L’entièreté de la faute ne revient pas qu’à Luke Walton ou Magic Johnson. L’erreur est collective et chacun doit assumer sa part de responsabilité. Les Lakers auront une chance de se rattraper cet été, ils doivent à tout prix la saisir.

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