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Caroline Blanchet (Ptitecao), artiste passionnée et illustratrice persévérante

Etoile montante du graphisme déjà bien connue des fans de basket et de sport en général, Caroline Blanchet est une artiste qui consacre la majorité de son temps à représenter les sportifs et qui, rappelons-le, en vit. Graphic designer est un métier difficile, d’abord du fait de la créativité et l’imagination qu’exigent chaque graphisme mais aussi à cause d’un mouvement général qui tend à discréditer l’illustration en tant qu’activité professionnelle.

Dans ce dossier, nous essaieront de présenter au mieux le travail de Ptitecao, qui a généreusement accepté de répondre à nos questions, mais aussi de parler des problèmes inhérents au milieu du graphisme.

L’artiste

Tout d’abord, laissons l’intéressée se présenter :

“Caroline Blanchet aka Ptitecao, graphiste-illustratrice indépendante basée près de Nantes. Je suis graphic designer depuis plus de 10 ans. J’ai d’abord commencé à bosser en agence de communication pendant plusieurs années. A côté je réalisais beaucoup de créas personnelles sur le thème du sport et du basket notamment. J’ai commencé à recevoir quelques demandes pour des projets pros, la question de se lancer en indépendante s’est naturellement posée. En 2012 j’ai travaillé sur mes premiers projets pro et en septembre 2013, j’ai décidé de me lancer à temps plein dans l’aventure. J’ai toujours souhaité faire un métier créatif, d’abord attirée par le dessin, je me suis ensuite orientée vers le graphisme et l’illustration. Après le Bac, j’ai suivi une formation dans une école de graphisme pendant 3 ans.”

Sa spécialité : le sport, et plus particulièrement le football et le basket. Bien évidemment, c’est sur ce deuxième sport et notamment sur ses travaux relatifs à la NBA que nous nous concentrerons.

Dans ses graphismes, Caroline représente principalement des athlètes dans des portraits, dans le feu de l’action, à partir de photos, dans des créations originales… Son contenu est très varié.

Au-delà de sa variété, le travail de Ptitecao se distingue bien évidemment de par sa qualité et son originalité. Si le milieu du sport laisse peu de place à l’imagination, l’artiste réussit toujours à se démarquer des autres illustrateurs. Son travail est aisément reconnaissable grâce à cette “patte” que l’on retrouve dans chacune de ses créations. La qualité des designs témoignent du professionnalisme et de l’expérience de celle qui les réalise ainsi que du soin qu’elle y apporte et du temps qu’elle y consacre.

Le travail de Ptitecao est largement reconnu en France mais aussi sur la scène internationale. Il est d’ailleurs souvent relayé par les athlètes, les équipes et parfois même par la NBA.

Son rapport au sport et à la NBA

Plus qu’une illustratrice, Caroline est également une passionnée de sport. C’est d’ailleurs ce qu’il l’a poussé à se spécialiser dans ce domaine :

“Avant tout le sport est une passion depuis très longtemps, notamment le basketball. C’est un thème que j’ai toujours aimé représenter visuellement, j’y trouve de nombreuses inspirations que ce soit à travers des athlètes ou des moments historiques. On ne s’ennuie jamais, il y a toujours une actualité à traiter visuellement.”

Nous l’avons également interrogé sur son rapport à la NBA en particulier :

“J’ai découvert le basket très jeune, c’est le seul sport que j’ai pratiqué en club pendant plus de 10 ans. J’ai découvert la NBA dans les années 90, marquées par les titres des Bulls et Jordan. Je ne peux pas dire que je suis fan inconditionnelle d’une équipe ou un joueur en particulier. J’essaie d’avoir une vision globale, assez neutre. Je ne veux pas que cela se ressente dans mon travail. Mais si je dois vraiment choisir une équipe je dirais les Celtics.”

Naturellement, Ptitecao est proche des disciplines sportives, des sportifs eux-mêmes mais également des fans de ces différents sports. Sur Twitter notamment, elle interagit avec de nombreux acteurs de la communauté francophone des fans de NBA.

Ses méthodes de travail

Pour aller un peu plus loin, nous nous sommes intéressés aux méthodes de travail de Caroline, notamment à sa source d’inspiration :

“La première inspiration c’est de me nourrir de l’actualité sportive, au quotidien. J’essaye d’être curieuse et de m’intéresser à ce qui se fait, aux dernières tendances graphiques. Mais j’essaie aussi de m’imprégner d’autres domaines créatifs comme la musique, la photographie, le street art qui peuvent alimenter mon travail.”

Pour les amateurs de graphisme, nous lui avons demandé de parler des outils qu’elle utilise pour son travail :

“Je travaille principalement avec un Mac Pro, une tablette Cintiq 22HD et un écran 27 pouces. J’ai également investi dans une Wacom mobile studio Pro 16 “ pour les projets que je réalise en déplacement ou en espace de coworking. Et je possède un iPad Pro 12“9 / Apple Pencil. En termes de logiciels,  Photoshop, Illustrator sont les principaux outils que j’utilise.”

La jungle du graphisme

Aujourd’hui, exercer dans le domaine de l’illustration est extrêmement difficile. C’est d’autant plus vrai pour les artistes freelances qui doivent trouver leurs propres clients.

D’après une étude menée par le site Creads, 69% des créateurs freelances admettent qu’il est difficile de trouver des clients. Ce serait d’ailleurs le principal frein de ceux qui n’osent pas se lancer. 49% disent manquer d’un réseau professionnel solide pour pérenniser leur activité. Pour Caroline, travailler dans ce milieu est un vrai challenge :

“J’ai la chance aujourd’hui de pouvoir vivre de mon métier à temps plein. Je n’ai pas d’autres boulot à côté. Mais cela reste un équilibre fragile, avec peu de visibilité sur le long terme, c’est un peu au jour le jour. Il est difficile de dire si dans 5 ans je ferais toujours ce métier. La concurrence est très présente car c’est un métier “à la mode“ qui ne demande pas beaucoup d’investissement financier (possibilité de travailler chez soi, avec un ordinateur et une connexion internet…)”

Un problème majeur pour les créateurs en freelances réside dans la considération qu’ont certain clients pour cette activité. De trop nombreuses personnes pensent pouvoir rémunérer un graphiste à la “visibilité” ou en faisant sa “promotion”. Pour un créateur professionnel qui cherche à vivre de ce travail, de telles demandes deviennent vite exaspérantes.

Bien évidemment, Caroline n’échappe pas à ce genre de requêtes :

“Au début c’est tentant d’accepter de bosser gratuitement pour espérer gagner de la visibilité… Mais avec l’expérience, je me suis rendu compte que la fameuse “visibilité“ n’était pas synonyme de succès, au contraire. Il vaut mieux prendre du temps pour des projets personnels, que tu peux mettre en avant selon ton envie et sans contrainte, en clair te faire ta pub toi-même. D’ailleurs j’ai constaté que de nombreux projets personnels m’ont permis de décrocher un projet pro. C’est pour ça que je me “bats“ contre “cette fameuse rémunération en visibilité“, ce n’est pas viable sur le long terme (surtout quand on souhaite développer son activité et la pérenniser). C’est toujours frustrant et énervant de recevoir ce genre de demandes, mais à force de répéter que non je ne peux pas me permettre de réaliser tel ou tel projet gratuitement, j’avoue en recevoir un peu moins ces derniers temps.”

Même les entreprises essaient parfois de profiter des graphic designer, en organisant des concours de graphisme par exemple. Rappelons-le une bonne fois pour toute : illustrateur, graphiste ou graphic designer, peu importe le nom que l’on peut donner à cette activité, est un véritable métier. Il ne s’agit pas seulement d’une passion ou d’un loisir mais bien d’une activité professionnelle pour laquelle le travail doit être rémunéré. C’est d’ailleurs un combat de tous les jours pour Ptitecao :

Caroline est une artiste extrêmement talentueuse, nous ne pouvons que vous encourager à suivre son travail sur les réseaux sociaux et sur son site web. Bien sûr, le design est pour elle une passion. Mais il s’agit également de sa profession. Les créateurs méritent plus de considération et plus de respect, tout travail mérite salaire. Montrez aux illustrateurs votre soutien et combattez vous aussi les demandes excentriques de certains “clients” ! Vous trouverez ci-dessous les liens qui vous permettrons de jeter un œil au travail de Ptitecao.

Twitter (@ptitecao), Instagram (@ptitecao), Facebook, Behance

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